Le taux de dépôt à La Réunion reste très inférieur à la métropole :

Surendettement : 25 % de dossiers supplémentaires en 2013


Publié / Actualisé
L'Iedom (Institut d'émission des départements d'Outre-mer) a dévoilé ce lundi 28 octobre 2013 sa dernière publication consacrée à la "typologie du surendettement à La Réunion". Il en ressort que les ménages de l'île sont assez jeunes, souvent en couple et au chômage. Surtout, l'Iedom note depuis 2013 une augmentation de 25 % du nombre de dossiers déposés, signe d'une fragilisation des ménages réunionnais, même si le taux de dépôt est encore très inférieur à celui observé en métropole.
L'Iedom (Institut d'émission des départements d'Outre-mer) a dévoilé ce lundi 28 octobre 2013 sa dernière publication consacrée à la "typologie du surendettement à La Réunion". Il en ressort que les ménages de l'île sont assez jeunes, souvent en couple et au chômage. Surtout, l'Iedom note depuis 2013 une augmentation de 25 % du nombre de dossiers déposés, signe d'une fragilisation des ménages réunionnais, même si le taux de dépôt est encore très inférieur à celui observé en métropole.

L’objectif de cette étude de l’Iedom était de "dresser le portrait-robot du ménage surendetté à La Réunion", explique Matthieu Morando, chef de service des études et du suivi des établissements de crédit, interrogé par Radio Festival. "On a beaucoup de familles monoparentales, mais moins qu’aux Antilles ou en Guyane où elles constituent la majorité", souligne-t-il. A La Réunion, les ménages surendettés sont ainsi souvent en couple, assez jeunes et au chômage. "C’est d’ailleurs souvent cette situation de chômage qui l’a mis en situation difficile par rapport à ses créditeurs", précise le responsable de l’Iedom.

Ces résultats permettent également de lutter contre "l’image d’Epinal" du surendettement, selon les mots de Matthieu Morando. "Seuls 20 % des cas relèvent du surendettement dit actif", souligne-t-il. "Ça peut être une mauvaise gestion ou un excès de crédits à la consommation, mais il faut comprendre que c’est relativement anecdotique. En tout cas l’excès de crédit n’est pas la cause du surendettement, même si évidemment ça met le ménage dans une situation plus compliquée pour respecter ses engagements."

Pour les 80 % restants, il s’agit donc de surendettement dit "passif", causé par un accident de la vie qui a mis le débiteur en situation difficile : perte d’emploi, maladie, décès du conjoint...

Le surendettement peut ainsi recouvrir des situations très diverses. "On se surendette quand on a des crédits bancaires, des crédits immobiliers ou des crédits à la consommation, mais ça dépend des dossiers. Pour les dossiers avec le moins de revenus, c’est souvent le crédit à la consommation, mais ça peut être aussi des dettes de charges courantes. On peut être endetté vis-à-vis des impôts, d’un opérateur téléphonique..." détaille Matthieu Morando.

Mais surtout "on constate depuis 2013 une augmentation conséquente du nombre de dossiers déposés", relève-t-il. "On a une hausse 25 % sur un an, ce qui est considérable. C’est le signe d’une fragilisation avec des ménages qui sont dans une situation complexe car la crise s’est installée dans la durée", poursuit-il, soulignant que "malgré tout, on reste à La Réunion sur des taux de dépôt qui sont très inférieurs à ceux de la métropole : on est à 1,4 dossier pour 1000 habitants contre 3,4 pour la métropole".

Pour expliquer ce phénomène, le spécialiste de l’Iedom avance plusieurs explications : "Le premier élément, c’est qu’on a une moindre banquiérisation et un moindre endettement des ménages réunionnais. L’autre aspect, c’est que nous sommes sur des petits territoires, donc il y a l’inquiétude d’avoir quelqu’un qu’on connaît sur le traitement du dossier, ou une timidité pour avouer une situation compliquée", argue-t-il.

L’institut a par ailleurs pointé d’autres différences entre le surendettement dans les Dom et en métropole, notamment concernant le logement. "Dans les ménages surendettés, on a beaucoup plus de propriétaires dans les Dom qu’en métropole et notamment à La Réunion", note Matthieu Morando. "Deux facteurs l’expliquent. Le premier, c’est qu’un ménage modeste peut être propriétaire car il a construit une case de fortune sur un bout de terrain familial. Le deuxième, c’est que dans les Dom nous avons des conditions d’accession sociale à la propriété, donc des ménages qui sont accédants sur des logements sociaux, situation qu’on ne retrouve pas en métropole", affirme-t-il.

Enfin, on trouve à La Réunion davantage de ménages surendettés ayant des capacités de remboursement négatives, leur ressource principale étant souvent une allocation chômage ou des minimas sociaux.

www.ipreunion.com

   

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