Deuxième tour des régionales (actualisé à 8 heures) :

Les grandes man?uvres


Publié / Actualisé
Ouvertes dès dimanche soir 14 mars 2010, les négociations entre les différentes listes en mesure de se maintenir ou de fusionner pour le second tour des régionales se sont poursuivies jusque tard dans la nuit de lundi à mardi. Elles reprennent dès ce matin. À gauche comme à droite, rien n'avait encore été signé tôt ce mardi matin, même si les grandes lignes commencent à se dessiner (RFO Radio a annoncé dans son journal de 8 heures qu'un accord pour une liste commune est en cours de conclusion entre Didier Robert et Jean-Paul Virapoullé). Seule certitude, Paul Vergès (Alliance), en tête l'issue du premier tour, comme Didier Robert (UMP), deuxième dimanche soir, ont besoin d'obtenir le soutien de leurs proches politiques, réels ou supposés, pour renforcer leurs chances de remporter le second tour ce dimanche 21 mars.
Ouvertes dès dimanche soir 14 mars 2010, les négociations entre les différentes listes en mesure de se maintenir ou de fusionner pour le second tour des régionales se sont poursuivies jusque tard dans la nuit de lundi à mardi. Elles reprennent dès ce matin. À gauche comme à droite, rien n'avait encore été signé tôt ce mardi matin, même si les grandes lignes commencent à se dessiner (RFO Radio a annoncé dans son journal de 8 heures qu'un accord pour une liste commune est en cours de conclusion entre Didier Robert et Jean-Paul Virapoullé). Seule certitude, Paul Vergès (Alliance), en tête l'issue du premier tour, comme Didier Robert (UMP), deuxième dimanche soir, ont besoin d'obtenir le soutien de leurs proches politiques, réels ou supposés, pour renforcer leurs chances de remporter le second tour ce dimanche 21 mars.
Les autres listes le savent. Du coup, c'est pied à pied qu'elles négocient leur ralliement ou leur soutien. Cela qu'elles soient encore qualifiées pour le second tour, comme le PS, en position de fusionner, c'est le cas de Jean-Paul Virapoullé, Nadia Ramassamy et André Thien Ah Koon, et tout simplement en mesure d'appeler à voter pour un candidat.

Le PS, qui grâce aux 13,6 % des voix obtenues dimanche soir, peut se maintenir au second tour, s'est réuni une bonne partie de la nuit dans un hôtel de la côte ouest. Il s'agissait de déterminer si Michel Vergoz et ses colistiers repartaient seuls à la "bataille" ou s'ils fusionnaient avec la liste de l'Alliance. Les socialistes se sont séparés vers minuit sans être parvenus à prendre une décision. Vieille de plusieurs années la lutte entre le PCR et le PS pour obtenir le leadership à gauche a évidemment laissé des traces. " Cette nuit, il y avait vraiment deux grandes tendances " explique l'un des participants à la réunion. " Gilbert Annette (maire de Saint-Denis - ndlr) était plutôt favorable à un rassemblement avec la liste de Paul Vergès. Michel Vergoz voulait pour sa part repartir seul au combat " ajoute-t-il. Finalement la seule décision qui a été prise a été d'envoyer une délégation rencontrer une nouvelle fois l'Alliance dès ce mardi matin.

" Le PS va poser ses conditions pour le ralliement. Cela va se discuter en termes de programme, mais aussi en termes de places sur une éventuelle liste d'union " dit encore le militant socialiste. Ce sont justement ces conditions qui risquent de poser problèmes. La partie de bras de fer qui va se poursuivre ce mardi entre l'Alliance et le PS aura notamment pour enjeu de ne pas porter la responsabilité d'un échec éventuel d'un rassemblement - fortement souhaité par la direction nationale du parti socialiste. Dès lors la stratégie pourrait être aussi d'avoir des exigences de fait inacceptables pour l'allié potentiel. Histoire de pouvoir l'accuser ensuite d'avoir fait "capoter" l'union.

Ainsi du côté de l'Alliance on notait lundi soir : " il est évident qu'en cas de rassemblement le PS sera représenté dans la nouvelle liste en prorata du résultat qu'il a obtenu dimanche dernier ". Avec 13 % des voix, " les socialistes peuvent prétendre à 3 ou 4 places en position éligible, pas plus, sur la nouvelle liste et à une vice-présidence, pas plus non plus, en cas de victoire " disait-on encore à l'Alliance. Cette nuit, la tendance au parti socialiste était à réclamer au moins 8 places en position éligible, deux vice-présidences et à poser un refus non négociable à la présence sur la nouvelle liste d'André Thien Ah Koon, l'ancien maire du Tampon qui n'a cessé de faire les yeux doux à Paul Vergès...

" De toute façon même si on fait une liste d'union, beaucoup de militants ne voudront pas voter pour Paul Vergès. Ils jugent qu'il a été trop arrogant avant le premier tour. Alors autant réclamer le maximum de postes, et laisser à l'Alliance la responsabilité de dire "non" à l'union " analyse un militant socialiste plutôt favorable au maintien de la liste socialiste au second tour.

Ce qui est aussi la position d'un certain nombre de colistiers de l'Alliance. Peut-être parce qu'ils sont peu enclins à céder leur place sur la liste... Paul Vergès pour sa part n'exclut rien. Dans la réunion qu'il a eu mardi matin avec ses colistiers, " ll a souligné que le choix est de faire l'union avec les socialistes ou de repartir seul à à la bataille en prenant le pari de puiser dans le gros réservoir de voix dont dispose encore l'Alliance notamment à Saint-Paul, Sainte-Suzanne et même au Port et à la Possession " relate l'un des participants à la réunion. " Il semblait être plus favorable à un rassemblement avec le PS, même s'il a précisé qu'il ne se fera pas coûte que coûte, qu'à une prise de pari risqué " ajoute le colistier de l'Alliance.

À droite, les négociations sont tout aussi serrées. Didier Robert et ses 26 % des voix a besoin des presque 7 % réalisés dimanche soir par Jean-Paul Virapoullé. Mais pas à n'importe quel prix. Les deux hommes ont échangé trop de mots durs, voire d'insultes, avant le premier tour pour se réconcilier d'un coup de baguette magique. Alors lundi soir, la tendance dans le camp de Didier Robert était plus à "accepter" le soutien de Jean-Paul Virapoullé... Sans aucune contrepartie.

Un proche du député-maire du Tampon estime que " Didier Robert aura de toute façon le soutien de Nadia Ramassamy et d'Éric Magamootoo. Il est donc largement en mesure de refuser et de renvoyer Jean-Paul Virapoullé à ses chères études ". Ce qui aurait aussi l'avantage d'éviter un cruel dilemme à Didier Robert. En cas de défaite dimanche soir, en tant que tête de liste, il sera quand même élu conseiller régional d'opposition. Il sera alors frappé par le cumul des mandats. Il devra alors obligatoirement démissionner de l'une de ses fonctions. Il serait étonnant qu'il choisisse de se défaire de son mandat de maire ou de député. C'est donc de la Région qu'il quitterait. Il laisserait donc à Jean-Paul Virapoullé le rôle de leader de l'opposition régionale le remettant ainsi, de fait, en selle pour s'imposer comme dirigeant de la droite locale... Ce qui paraît tout simplement impensable tant Didier Robert convoite la fonction...

Mais tout cela c'était dans la nuit de lundi à mardi... Dans son journal de 8 heures ce mardi matin, Radio Réunion annonçait qu'un accord pour une liste commune est en cours de conclusion entre Didier Robert et Jean-Paul Virapoullé...

Les candidats ont jusqu'à ce mardi soir 18 heures pour déposer leur liste en préfecture.

   

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