Après le passage d'Ivan sur Madagascar :

Bilan meurtrier


Publié / Actualisé
Le passage d'Ivan sur Madagascar a été meurtrier. Mardi 19 février 2008, le rapport officiel faisait état de deux morts à Fénérive-Est (au Nord de Tamatave). D'autres sources évoquaient le décès des neuf personnes prisonnières des décombres d'un hôtel à Sainte-Marie (photo archives lors du passage du cyclone Indlala en 2007 dans le Nord de Madagascar)
Le passage d'Ivan sur Madagascar a été meurtrier. Mardi 19 février 2008, le rapport officiel faisait état de deux morts à Fénérive-Est (au Nord de Tamatave). D'autres sources évoquaient le décès des neuf personnes prisonnières des décombres d'un hôtel à Sainte-Marie (photo archives lors du passage du cyclone Indlala en 2007 dans le Nord de Madagascar)
Aucun rapport officiel n'a encore été reçu sur Sainte-Marie, que l'on sait sévèrement touchée par le cyclone. Mais, d'après l'Express de Madagascar, malgré l'absence quasi totale de communication avec la partie Nord de l'île, des sources officieuses ont confirmé mardi 19 février que les neuf personnes se trouvant sous les décombres de l'hôtel Antsara étaient mortes. Sur la petite île, la situation semble catastrophique : routes coupées, digues rompues, arbres et poteaux jonchant les rues, inondations, hôtels détruits à 50 ou 80 %... La population serait à court de vivres, sans eau ni électricité depuis 48 heures. Près de 80 % des habitants du sud de l'île manqueraient de toit. Quant au port, il aurait disparu emportant avec lui tous les bateaux qui y mouillaient. Mardi, le BNGRC (bureau national de gestion des risques et des catastrophes) dépêchait une équipe sur place pour une évaluation plus précise des dégâts par hélicoptère. Il était également question de vérifier si la piste d'atterrissage de l'aéroport pouvait encore être utilisée afin de relancer un éventuel trafic aérien.

Des secours difficiles à mettre en oeuvre

Sur la Grande ïle, le premier bilan provisoire du BNGRC recense deux morts dans la région de Fénérive et environ 1 500 sinistrés. Les coupures d'eau et d'électricité, y compris dans la capitale, sont légion. Le réseau routier, à l'image de la RN2 qui relie Antananarivo au port de Tamatave, est sévèrement endommagé : éboulements, zones submergées, ponts fragilisés. Il en va de même pour les télécommunications (lignes fixes et portables). L'ampleur géographique des dégâts est considérable et il faudra plusieurs semaines avant d'établir un bilan définitif. De ce fait, l'organisation des secours s'avère difficile, notamment dans les nombreuses zones restant injoignables. Une réunion de crise, dirigée par le premier ministre Charles Rabemananjara, s'est tenue avec les membres du gouvernement au ministère de l'Intérieur à Anosy. " Tout le monde dans chaque district doit se donner la main, pour accélérer les secours ", a indiqué le Premier ministre. Le ministre de la santé devait quant à lui se rendre sur l'île de Sainte-Marie afin de constater l'ampleur des dommages et tenter de rassurer la population.

Ivan prépare sa sortie

D'après les prévisions météo, la forte tempête tropicale Ivan est aujourd'hui un tourbillon résiduel. Son passage entraîne des pluies intermittentes sur la majeure partie de l'île. On évoque des dizaines de milliers de surfaces agricoles submergées. A Tananarive, les rivières Ikopa, Imamba et Sisaony menacaient sérieusement de sortir de leur lit après les averses de ces derniers jours. L'Apipa (Autorité pour la Protection contre les Inondations de la Plaine d'Antananarivo) a d'ailleurs invité les habitants des alentours à évacuer les lieux. Les premiers travaux consistent donc à renforcer les digues. Mais la pluie, qui avait cessé mardi matin, reprenait à la mi-journée, rendant vains les efforts des entreprises de travaux publics. Mardi 18 février, Ivan se déplaçait vers la partie sud-sud-ouest de l'île avec des vents allant jusqu'à 65 km à l'heure. Sa sortie en mer devait s'effectuer dans la soirée ou, au plus tard, à l'aube de ce mercredi 20, entre les villes de Morombe et Betioky Atsimo. Dans ces régions, le niveau d'alerte restait au maximum et les habitants étaient appelés à stocker des vivres et de l'eau potable.
À noter que le conseil régional de La Réunion a débloqué ce mardi 19 février une aide d'urgence de 80 000 euros. "Cette somme sera orientée en fonction des dégâts humains et matériels, vers les zones les plus sinistrés, en lien avec les autorités malgaches" indique le communiqué rendu public mardi après-midi par la Région.
   

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