Conseil général :

Pas de quorum, pas d'élection


Publié / Actualisé
Pour protester contre "la politique du bloc contre blco", les élus socialistes, communistes et divers gauche n'ont pas assisté à la séance plénière du conseil général ce jeudi 20 mars 2008. Le quorum n'étant pas été atteint, le doyen du conseil André-Maurice Pihouée (élu de Saint-Pierre) a reporté l'élection du président du Département à dimanche 23 à 9 heures.
Pour protester contre "la politique du bloc contre blco", les élus socialistes, communistes et divers gauche n'ont pas assisté à la séance plénière du conseil général ce jeudi 20 mars 2008. Le quorum n'étant pas été atteint, le doyen du conseil André-Maurice Pihouée (élu de Saint-Pierre) a reporté l'élection du président du Département à dimanche 23 à 9 heures.
Ce n'est pas 33, soit le nombre requis pour que le quorum des deux tiers soit atteint, mais 29 conseillers qui étaient présents dans l'hémicycle ce jeudi 20 mars 2008 à 9h pour procéder à l'élection du président du conseil général. Les élus de gauche (DVG, PS et PCR) ont boudé la séance et tenu, un peu plus tard dans la matinée des conférences de presse pour justifier leur absence au palais de la Source.
Les socialistes ont dénoncé un " hold up " en évoquant la façon dont la majorité se comportait, tandis que les communistes ont préféré le terme " mascarade ". Pour Jean-Jacques Vlody, porte-parole du PS, en constituant une " majorité fermée ", la droite fait preuve de " mépris envers le suffrage universel qui s'est exprimé dimanche et qui a rejeté le gouvernement Sarkozy et l'UMP ".
L'Alliance a expliqué de son côté que son absence était une leçon à l'égard de ceux qui ne prenaient pas en compte la voix des urnes. " Il faut tout faire pour se rassembler et s'unir afin de mettre en place une véritable plateforme de développement pour la Réunion, déclarait Eric Fruteau, à l'issue de la conférence de presse donnée par le PCR " . De son côté, Maurice Gironcel disait refuser une politique " bloc contre bloc ". En tout état de cause, les élus socialistes se sont dits prêts à tous les scenarii, et donc à tous les rapprochements d'ici dimanche. Quant aux élus de l'Alliance, ils appellent " tous ceux qui le veulent " à les rejoindre afin de définir une " politique de développement.

Un protocole perturbé

En l'absence de la plus jeune conseillère, Monica Govindin (PCR), c'est Thierry Robert (MoDem) qui a tenu le rôle de secrétaire et procédé à l'appel des différents membres. Tous les élus de droite et du centre étaient là, même les électrons libres Gino Ponin-Ballom et Ibrahim Dindar (DVD), arrivés pourtant à la dernière minute. " J'étais dans mon bureau depuis 8h du matin avec Gino, mais personne n'est venu nous chercher ", alléguait, pour sa défense, l'élu du cinquième canton de Saint-Denis. Davantage déçu par l'attitude de la droite à son égard que par la situation en elle-même, il poursuivait, légèrement amer : " Bien qu'appartenant aujourd'hui, avec Gino Ponin-Ballom, à un groupe à part, celui de la " droite sociale ", la droite est et reste mon camp depuis 25 ans. Apparemment le message n'est pas passé clairement auprès de mes collègues. Je prends acte ce matin que le groupe dit " de droite majoritaire " semble vouloir nous pousser ailleurs ".

Des réactions nuancées

Celui qui était fortement pressenti pour devenir président, Jean-Louis Lagourgue, apparaissait tendu à l'issue de cette cérémonie avortée : " Je suis un peu déçu, mais je m'y attendais, a-t-il déclaré. Je souhaiterais diriger le conseil dans un esprit d'ouverture en travaillant avec tout le monde, tous les partis. Nous avons un groupe solide et je ne pense pas qu'il puisse s'éclater ".
Est-ce à dire que les jours qui viennent vont donner lieu à de nouvelles négociations, avec la gauche cette fois ? Certains conseillers ne rejettent pas l'idée d'une discussion et n'hésitent pas à prôner l'ouverture. C'est le cas de Michel Dennemont, élu centriste des Avirons et pressenti pour être le premier vice-président de Jean-Louis Lagourgue si celui-ci est élu : " C'est normal que les groupes de gauche fassent durer le plaisir. Je souhaite d'ailleurs que les négociations continuent. Nous ne devons pas nous enfermer dans un groupe de 25 mais au contraire prôner l'ouverture. Le nom de Lagourgue représente pour moi l'ouverture depuis de nombreuses générations. Il reste à mon avis l'homme du consensus dans un groupe de 25 ou dans un groupe élargi. Il faut faire un conseil de centre, aussi bien ouvert à la gauche qu'à la droite. ". D'autres élus, comme André-Maurice Pihouée, ne cachaient pas leur amertume : " Je regrette l'attitude des élus de gauche. C'est simplement une question de démocratie. Il faut s'organiser au plus vite par respect pour la population réunionnaise. La gauche n'a pas tenu son engagement ".
Par ailleurs, un peu amère, Nassimah Dindar a souligné "je ne souhaite plus être candidate à la présidence puisque l'ensembles de mes collègues (de droite - ndlr) se sont mis d'accord sur un autre nom, parfois un peu lâchement"
   

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