Éducation nationale :

Colère lycéenne


Publié / Actualisé
Trois manifestations lycéennes ont eu lieu ce mardi 29 avril 2008 dans les villes de Saint-Pierre, Saint-André et Saint-Paul, pour protester contre les suppressions de postes annoncées à la rentrée.
Trois manifestations lycéennes ont eu lieu ce mardi 29 avril 2008 dans les villes de Saint-Pierre, Saint-André et Saint-Paul, pour protester contre les suppressions de postes annoncées à la rentrée.
Après leurs homologues métropolitains, après leurs enseignants mardi 22, c'est au tour des lycéens réunionnais de manifester contre le projet de suppression de postes dans l'Education nationale. 11 200 emplois (dans le premier et le second degré) devraient en effet disparaître à la rentrée prochaine sur le plan national dont 73 localement (dans le second degré uniquement). De quoi inquiéter les lycéens sur l'encadrement et la qualité de l'enseignement qui leur sera dispensé à l'avenir. Le ministère de l'Education nationale justifie cette mesure par la diminution des effectifs d'élèves. La baisse du nombre d'enseignants sera compensée par une augmentation des heures supplémentaires.

Forte mobilisation à Saint-Pierre

C'est à Saint-Pierre que la mobilisation s'est avérée la plus importante. Plus de 700 lycéens, issus d'une dizaine d'établissements sudistes (Saint-Joseph, Bois d'Olives, Roland Garros, Les Avirons etc.) ont manifesté leur mécontentement devant la mairie puis devant la sous-préfecture. Pour Robin Naucelle, représentant local de l'UNL (Union nationale lycéenne ), la situation est grave et le nombre de manifestants encore insuffisants. " On attend plus de monde pour le 15 mai, notre prochaine journée d'action. Les lycéens doivent prendre conscience que ce ne sont pas que de simples suppressions de poste. Le gouvernement entend changer l'éducation dans son ensemble, or changer l'éducation, c'est changer la société de demain, déclare le jeune militant. A l'heure actuelle, nous avons des problèmes d'effectifs au CDI, à l'infirmerie, des difficultés au niveau de l'orientation, il y a vraiment des raisons de bouger ". Si les lycéens réagissent aussi tardivement (près d'un mois après la métropole) c'est selon certains à cause d'un manque d'information. " Les lycéens s'imaginent que, parce que nous sommes à 10 000 km de Paris, nous ne serons pas touchés par les suppressions de postes. D'autre part, nous avons pris le temps de la réflexion et avons rencontré le recteur ; celui-ci a cherché à nous rassurer, dans un premier temps, ce qui a ralenti le démarrage de notre mouvement, poursuit Robin Naucelle ". Les jeunes grévistes entendent profiter des vacances pour affiner leur plan d'actions et informer le maximum de leurs condisciples en distribuant des tracts et en organisant des réunions. Le but est de mobiliser plsu d'établissements et plus d'élèves dans ces établissements.

Une grève par semaine

Pour le moment, loin d'appeler à la grève illimitée, les jeunes comptent se mobiliser au moins une journée par semaine afin de ne pas mettre en péril leur scolarité ni les révisions du baccalauréat. La période est pour eux d'autant plus propice que leurs homologues métropolitains, notamment parisiens, sont actuellement en vacances et que le mouvement national est donc momentanément suspendu. " Nous avons reçu des mots d'ordre des fédérations nationales lycéennes demandant à la province, et surtout aux DOM, de prendre le relais. Nous faisons donc une grève tournante, explique Robin Naucelle ". Côté personnels de l'Aducation national (enseignants du 1er et second degré, TOS, contrats aidées etc.), ils étaiient ce mardi 5, 48 % à faire grève aux côtés des jeunes.
   

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