Suite aux annonces de Nicolas Sarkozy :

Syndicats et politiques réagissent


Publié / Actualisé
Les mesures annoncées par le président de la République Nicolas Sarkozy jeudi 19 février 2009 ont suscité la réaction de syndicats et des politiques ce vendredi 20 février. Même si des avancées sont notées, le scepticisme reste prédominant. La mobilisation du 5 mars reste à l'ordre du jour.
Les mesures annoncées par le président de la République Nicolas Sarkozy jeudi 19 février 2009 ont suscité la réaction de syndicats et des politiques ce vendredi 20 février. Même si des avancées sont notées, le scepticisme reste prédominant. La mobilisation du 5 mars reste à l'ordre du jour.
Jean-Hugues Ratenon, collectif Agir pou nout tout : "Il y a eu des avancées de la part du Président, mais on ne peut pas dire que ces avancées correspondent à la demande de la population d'Outre-mer. Il n'y a pas eu de mesures pour les minima sociaux et celles annoncées ne vont pas permettre aux 52% de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté d'en sortir. Le point positif est la tenue d'états généraux de l'Outre-mer. C'est l'occasion de faire un état des lieux de la société réunionnaise et d'obtenir des avancées significatives. Mais pour réussir à se faire entendre, il faut une entente de tous les Réunionnais et les Réunionnaises, quel que soit leur bord politique".

Eric Soret, Fédération syndicale unitaire: "Je reste sceptique sur les propositions du Président. Quand je regarde ces propositions avec du recul, elles ne répondent pas aux revendications immédiates que le collectif contre la vie chère pose. L'État est prêt à exonérer les entreprises de charges patronales et salariales pour permettre d'augmenter les salaires sous forme de prime. On demande une vraie augmentation des salaires, pas des primes qui peuvent disparaître à tout moment. Puis le gouvernement doit être plus clair dans ses propositions. Qu'est ce que ça veut dire l'exonération de charges salariales et patronales? Les réponses du président Sarkozy ne remettent pas en cause la mobilisation du 5 mars prochain. Nous n'avons aucune confiance en ces déclarations, il faut rester vigilant".

Jean-Jacques Morel, UMP : "C'est une réunion marquée par une grande écoute du Président de la République. Toute crise a du bon. Elle a permis de prendre conscience des difficultés de l'Outre-mer. Concernant les mesures annoncées, je pense qu'il y a des actions en direction des consommateurs, des personnes les plus fragiles et des entreprises. La démarche en direction des consommateurs est novatrice. On s'attaque enfin aux prix prohibitifs appliqués dans l'Outre-mer. On verra dans la pratique les répercussions de ces annonces, mais il reste des batailles à mener. Je n'ai pas arrêté ma décision concernant ma participation aux manifestations du 5 mars."

Elie Hoarau, PCR : "Il y a prise de conscience de la gravité de la situation dans les départements d'Outre-mer. Nicolas Sarkozy s'est rendu compte que les mesures prises jusqu'à présent ne sont plus à la hauteur de la situation. Concernant les mesures immédiates, la crise exige qu'on aide les plus défavorisés. Il a énuméré un certain nombre de décisions qu'il a chiffrées et étendues à l'ensemble des départements d'Outre-mer. Nous allons étudier concrètement si ces mesures vont profiter aux plus nécessiteux. Concernant la consultation de la population par des états généraux, il ne devra pas y avoir de sujets tabous. Les Réunionnais ont l'occasion de dire ce qu'ils pensent et ce qu'ils veulent pour l'avenir. J'appelle aussi toutes les forces vives de La Réunion à se réunir pour dégager des projets communs. Reste à savoir si on sera entendu. Mais plus que jamais, on doit être mobilisé pour le 5 mars".
   

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