CGSS - professionnels de santé :

Certains patients paieront, d'autres pas


Publié / Actualisé
Hormis les pharmaciens, certains professionnels de santé demandent désormais aux patients couverts par une mutuelle de leur régler directement les prestations. Et pour cause, médecins, pharmaciens, infirmiers et même kinésithérapeutes se disent "inquiets" par la grève qui perdure à la CGSS. En effet, la majorité d'entre eux enregistre de nombreux retards dans le remboursement de leurs "mémoires". La plupart des syndicats des professionnels de santé appellent malgré tout à ne pas faire payer les malades. Mais ils reconnaissent que "chacun fait comme bon lui semble". L'intersyndicale va se réunir ce mercredi 6 mai 2009 au sein du Conseil départemental des professionnels de santé pour tenter d'arrêter une position commune.
Hormis les pharmaciens, certains professionnels de santé demandent désormais aux patients couverts par une mutuelle de leur régler directement les prestations. Et pour cause, médecins, pharmaciens, infirmiers et même kinésithérapeutes se disent "inquiets" par la grève qui perdure à la CGSS. En effet, la majorité d'entre eux enregistre de nombreux retards dans le remboursement de leurs "mémoires". La plupart des syndicats des professionnels de santé appellent malgré tout à ne pas faire payer les malades. Mais ils reconnaissent que "chacun fait comme bon lui semble". L'intersyndicale va se réunir ce mercredi 6 mai 2009 au sein du Conseil départemental des professionnels de santé pour tenter d'arrêter une position commune.
Chez les médecins, les avis divergent. Certains estiment que les patients doivent payer les consultations en attendant un retour à la normale. D'autres refusent d'adopter cette logique même si le fait de ne pas être payé leur est "préjudiciable". C'est le cas au sein de la Confédération syndicale de médecins Français présidé par le docteur Shashy Bachun. "Il n'est pas question de faire payer les patients couverts par une mutuelle", lance t-il. "Pourquoi les bénéficiaires de la CMU auraient plus de droit que les autres ?", s'interroge t-il.

Il affirme que les consultations sont réglées "au compte-goutte" par la Sécu et que le directeur de la caisse a assuré que "les paiements se feront", parfois avec du retard. À défaut de paiement, "nous n'allons pas nous retourner vers les patients mais vers la CGSS qui doit respecter la convention qui nous lie. Nous sommes prêts à prendre un avocat s'il le faut", prévient le docteur Shashy Bachun.

Du côté des pharmaciens, on enregistre également "beaucoup de retard" même si les dossiers passent désormais par la métropole. "La Caisse nationale d'assurance maladie a délégué à une caisse métropolitaine le règlement de nos mémoires", a déclaré Claude Marodon, porte-parole du Syndicat des pharmaciens. Pour Patrick Gaubert, président de l'Union syndicale des pharmaciens d'officine de La Réunion, certains pharmaciens connaissent des problèmes de trésorerie. "Si le conflit perdure, il pourrait y avoir des problèmes d'approvisionnement", souligne t-il. "Nous sommes soumis à la Loi Châtel qui nous oblige à régler directement les médicaments commandés", complète Claude Marodon

Pour l'instant, ces professionnels de santé ne prévoient pas de faire payer les patients. "Nous pratiquons le tiers-payant à La Réunion depuis 15 ans. Ce n'est pas dans les m?urs de faire payer", affirme Patrick Gaubert. Le seul risque est actuellement pour les personnes dont la CMU n'est plus en règle. Les demandes ne pourront pas être traitées. Le représentant syndical n'espère qu'une chose, "que tout le monde se remette au travail".

Emmanuel Adain, président de l'Organisation nationale des syndicats d'infirmiers libéraux (ONSIL), se dit quant à lui "soucieux et inquiet" des conséquences de cette grève. Selon lui, "certains infirmiers n'ont reçu aucun paiement depuis le 10 avril". Mais pas question de faire payer les assurés. "Nous pensons que les patients sont des gens en difficulté", affirme Emmanuel Adain. Il se dit néanmoins "choqué" par le fait que la caisse nationale n'ait pris le relais de la caisse régionale que pour le remboursement des médecins et des pharmaciens.

Enfin, certains kinésithérapeutes n'ont pas reçu de versement depuis près d'un mois. Conséquence, "la tendance est plutôt vers l'arrêt du tiers-payant pour la population couverte par une mutuelle", constate Eric Wagner, président de l'OMK Run. Mais il reconnaît qu'il est difficile pour un kinésithérapeute de demander aux patients de payer. "Nous ne faisons pas des consultations ponctuelles mais des séances en série. Lorsque les patients doivent nous régler, ce n'est pas seulement 30 euros mais plus de 100 euros, ce qu'ils ne peuvent pas forcément faire", note le responsable syndical.

Face à ces avis divergents, le Conseil départemental des professionnels de santé (CDSP) souhaite arrêter une position commune. Pour ce faire, les syndicats membres du CDSP se réuniront se mercredi 6 mai à 20 heures. Il sera question du problème des remboursements ainsi que des actions à venir. "S'il le faut, nous manifesterons devant la CGSS", prévient Emmanuel Adain pour les infirmiers. Quelle que soit la décision prise à l'issue de cette réunion, "chacun agira en son âme et conscience", conclut Eric Wagner, président du CDSP.
   

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