Réforme de la Justice :

Les robes noires voient rouge


Publié / Actualisé
À l'appel de 17 organisations syndicales nationales, une cinquantaine de magistrats et des personnels de justice de La Réunion se sont mobilisés au tribunal de Saint-Denis ce mardi après-midi 9 mars 2010. Ils protestent contre " la casse du service public de Justice". Ils refusent notamment, la suppression annoncée de la fonction de juge d'instruction et le transfert au Parquet des pouvoirs d'enquête. "C'est la démocratie même qui est en danger" a estimé Jean-Michel Bouchon, vice-président du tribunal de grande instance de Saint-Denis. Certains avocats se sont associés au mouvement "uniquement à titre personnel ou syndical" a souligné le bâtonnier Fernande Anilha en précisant qu'au niveau nationale la conférence des Bâtonniers n'a pas appelé à la mobilisation.
À l'appel de 17 organisations syndicales nationales, une cinquantaine de magistrats et des personnels de justice de La Réunion se sont mobilisés au tribunal de Saint-Denis ce mardi après-midi 9 mars 2010. Ils protestent contre " la casse du service public de Justice". Ils refusent notamment, la suppression annoncée de la fonction de juge d'instruction et le transfert au Parquet des pouvoirs d'enquête. "C'est la démocratie même qui est en danger" a estimé Jean-Michel Bouchon, vice-président du tribunal de grande instance de Saint-Denis. Certains avocats se sont associés au mouvement "uniquement à titre personnel ou syndical" a souligné le bâtonnier Fernande Anilha en précisant qu'au niveau nationale la conférence des Bâtonniers n'a pas appelé à la mobilisation.
L'ambiance était donc à la grogne ce mardi après-midi dans la salle des pas perdus du tribunal de grande instance de Saint-Denis. Côte à côte dans leurs robes rouges ou noires, les magistrats ont énuméré les raisons de leur mécontentement. " Le pouvoir fait preuve de mépris envers la profession et le justiciable en essayant de faire adopter à la hussarde la réforme de la justice " s'insurge Jean-Pierre Niel, juge d'instruction et représentant de FO. " Il n'y a pas de discussion possible puisque le pouvoir a bien dit que la suppression de la fonction de juge d'instruction et le transfert des pouvoirs d'enquête au Parquet n'étaient pas négociables " proteste-t-il encore. Applaudissements dans la salle des pas perdus.

" Pour faire croire au justiciable que l'on s'occupe de lui, le pouvoir multiplie les lois de circonstances qui sont le plus souvent inapplicables car sans budget d'accompagnement " lance ensuite François Crezé, président de la chambre sociale à la cour d'Appel et délégué régional adjoint de l'USM (union des syndicats de la magistrature). " À côté de cela, en catimini, on démantèle le service public que justice notamment par la réduction des budgets et par la diminution des effectifs de magistrats et de greffiers " déplore le président de chambre.

" Une justice sans moyen est une justice qui perd de sa crédibilité et de sa liberté " renchérit Jean-Michel Bouchon. " Tout cela s'accompagne d'une mise au pas de la justice au mépris de la séparation des pouvoirs exécutifs, législatifs et judiciaires " estime François Crezé. Nouvelle salve d'applaudissements.

En lieu et place de cette réforme, Jean-Pierre Niel plaide en faveur de " plus de pouvoir pour les avocats ". La déclaration satisfaisait visiblement le vice-bâtonnier Robert " Effectivement, il faudrait plus de pouvoir pour les avocats puisque c'est quand même l'avocat qui est au centre des dossiers " disait-il. Sans doute sans avoir prévu la réaction du bâtonnier Fernande Anilha. " Je tiens absolument à dire que les avocats présents aujourd'hui le sont à titre personnel ou syndical. Au niveau national la conférence des bâtonniers ne s'associe pas au mouvement " remarquait-elle sèchement. Elle produisait dans la foulée un courrier de la conférence des bâtonniers disant ne pas être à l'initiative de la journée mais soutenir " les barreaux qui y participeront ". Car dit le courrier si la profession d'avocat " ne doit pas laisser croire qu'elle est opposée à toute réforme, celles annoncées, particulièrement lourdes nécessitent une concertation loyale et transparente ".


   

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