Election à la chambre des métiers :

Qui veut faire taire Giraud Payet ?


Publié / Actualisé
Giraud Payet, gérant d'une société de nettoyage industriel et ancien président à la chambre de métiers et de l'artisanat de 2005 à 2008 est la cible d'une "campagne d'acharnement". Selon lui, plusieurs milliers de lettres sont actuellement adressées aux artisans de l'île. Elles contiennent chacune deux coupures de presse rappelant sa condamnation par la Cour d'appel en novembre 2008 pour "corruption passive et favoritisme" dans une affaire de marché public remontant à fin 2005 et début 2006. L'intéressé qui soutient la liste de Jocelyn de Lavergne, candidat de l'UTI (Union des travailleurs indépendants) aux élections à la chambre de métiers et de l'artisanat du 13 octobre prochain, estime qu'on veut le "salir". Même s'il dit "avoir une petite idée" sur l'identité des personnes qui l'attaquent, il "refuse de donner des noms". Il portera plainte ce lundi 11 octobre pour que "cette affaire soit tirée au clair et que cesse cet acharnement".
Giraud Payet, gérant d'une société de nettoyage industriel et ancien président à la chambre de métiers et de l'artisanat de 2005 à 2008 est la cible d'une "campagne d'acharnement". Selon lui, plusieurs milliers de lettres sont actuellement adressées aux artisans de l'île. Elles contiennent chacune deux coupures de presse rappelant sa condamnation par la Cour d'appel en novembre 2008 pour "corruption passive et favoritisme" dans une affaire de marché public remontant à fin 2005 et début 2006. L'intéressé qui soutient la liste de Jocelyn de Lavergne, candidat de l'UTI (Union des travailleurs indépendants) aux élections à la chambre de métiers et de l'artisanat du 13 octobre prochain, estime qu'on veut le "salir". Même s'il dit "avoir une petite idée" sur l'identité des personnes qui l'attaquent, il "refuse de donner des noms". Il portera plainte ce lundi 11 octobre pour que "cette affaire soit tirée au clair et que cesse cet acharnement".
Aujourd'hui, Giraud Payet a "définitivement tourné la page". "J'ai suffisamment payé ma dette à la société", affirme t-il. Il avoue néanmoins avoir été "très touché" par sa condamnation. Les faits remontent à fin 2005 et début 2006. Giraud Payet, alors président de la chambre de métiers, est accusé de corruption dans une affaire de marché public. Il lui est reproché d'avoir reçu près de 6 000 euros de pots de vin versés par Jean-Pierre Pajani, dirigeant de la société d'informatique ARM. "Ma position est claire. C'était une erreur de ma part. Il n'y a pas eu d'enrichissement personnel. J'ai vu cela comme un coup de main dans une campagne électorale. Il n'y a pas de réglementation particulière pour le financement d'une campagne lors d'élections dans une chambre consulaire", argue Giraud Payet.

En juin 2008, le tribunal correctionnel le condamne à 24 mois de prison dont 4 mois ferme et à 5 ans de privation des droits civiques, civils et familiaux pour "corruption passive et favoritisme". L'ancien président de la chambre consulaire décide d'interjeter appel. "La peine était trop lourde pour une affaire de 6 000 euros", justifie-t-il. Un appel qui lui coûte cher. Sa peine de prison ferme passe de 4 à 8 mois. Les juges confirment la perte de ses droits civiques, civils et familiaux pour 5 ans et le condamnent également à 30 000 euros d'amende. "C'est une peine lourde comparée à d'autres condamnations pour des affaires similaires à La Réunion ou en métropole", s'insurge le chef d'entreprise. "Je ne comprends pas cette acharnement. Je n'étais que le président d'une chambre de métiers. Ce n'est pas avec ce genre de fonction que j'allais changer la face du monde", poursuit-il.

"On dit que faute avouée est à moitié pardonnée. Ce ne fut pas le cas pour moi. Pourquoi cet acharnement contre moi ?", s'interroge t-il. Il se lance dans une analyse des "différentes pistes" susceptibles d'expliquer cette "hostilité". Il énumère ensuite : "peut-être que je gêne. Je ne fais pas partie d'un certain nombre d'organisations. Je n'avais pas que des amis dans la chambre de métiers. J'ai remis en cause certaines habitudes. J'ai changé les méthodes de travail et j'ai imposé une politique de restrictions budgétaires sur les frais de voyages et d'hôtels". Il continue : "on m'a bien fait savoir que je gênais, y compris en utilisant des pratiques de sorcellerie auxquelles je ne crois pas. Ainsi, des citrons coupés ont même été jetés dans mon bureau", constate t-il.

"Certains n'ont pas aimé que j'essaye de bannir ces dérives budgétaires" dit-il encore. "Le président actuel, Bernard Picardo, affirme avoir ramené la sérénité au sein de l'instance consulaire. Mais à quel prix a-t-il obtenu cette sérénité?" se demande Giraud Payet. "En ce qui me concerne on attendait juste que je fasse une erreur. Et dès que j'ai glissé sur une petite peau de banane, ce fut l'occasion rêvée de mettre fin au travail de mon équipe, de se débarrasser de moi", ajoute t-il.

Giraud Payet se souvient également que "les relations n'étaient pas au beau fixe avec l'autorité préfectorale" de l'époque. En 2007 La Réunion sortait de la crise du chikungunya. Pour soutenir l'économie locale, l'Etat avait débloqué des aides de 2 000 à 3 000 euros pour les entreprises. "C'était une aide à peine suffisante pour les petites entreprises avec un ou deux salariés. C'était largement insuffisant pour les entreprises ayant plus de salariés. Nous avons plaidé en faveur d'un report du paiement des cotisations et des charges sociales et fiscales. J'étais donc en opposition avec le préfet sur un certain nombre de dossiers", raconte t-il.

L'ancien président de chambre ne cache pas non plus qu'il n'était pas particulièrement apprécié dans certains cercles ministériels. "Je suis une "grande gueule", je défends mes convictions. Je ne soutenais pas forcément tout ce que décidait l'État. Du coup, je n'avais pas que des amis dans les ministères. Beaucoup ont été contents lorsque j'ai été condamné" se remémore-t-il. "Et puis je n'ai jamais fait mystère de mon appartenance politique à gauche. J'ai fait campagne pour l'Alliance et pour Paul Vergès" remarque-t-il.

Autant de raisons susceptibles, selon l'ancien président de la chambre de métiers, de justifier sa "lourde condamnation". Et alors qu'aujourd'hui il affirme avoir "tourné la page" et être "entièrement dévoué" à sa société de nettoyage industriel, l'affaire dite des "marchés informatiques" refait surface. Selon Giraud Payet, des milliers de lettres sont adressées depuis ces dernières semaines aux artisans de l'île. Elles contiennent chacune deux coupures de presse rappelant sa condamnation par la Cour d'appel en novembre 2008 pour "corruption passive et favoritisme". Pas de hasard dans cet envoi massif de courrier pense Giraud Payet. Il soutient la liste de Jocelyn de Lavergne pour les élections à la chambre de métiers et de l'artisanat du 13 octobre prochain. "C'est un homme d'expérience qui connaît les rouages de la chambre consulaire. C'est le plus apte à aider les artisans en cette période de crise économique. On veut porter préjudice à sa candidature en me salissant", juge t-il.

Là encore, Giraud Payet affirme avoir "une petite idée" sur l'identité des auteurs de ces tracts. Mais il "refuse d'accuser quiconque". Il se contente de souligner : "les courriers ont été envoyées à des personnes et des adresses précises. Il faut forcément avoir accès au listing de la chambre de métiers pour obtenir ce type d'informations". Il a donc décidé de porter plainte le lundi 11 octobre. "Il faut que cette affaire soit tirée au clair et que cette opération de dénigrement cesse", martèle t-il.

Interrogé sur une éventuelle candidature à la chambre de métiers lors des élections de 2015, Giraud Payet répond: "Si c'est pour travailler dans un environnement complètement vérolé comme c'est le cas actuellement, je préfère me consacrer à mon entreprise. Mais 2015 c'est encore loin. De l'eau va couler sous les ponts. Je prendrai ma décision le moment voulu".

Mounice Najafaly pour
   

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