Le fils de N. Dindar au tribunal correctionnel :

Abdul Hack Juan comparaît pour "outrage et rébellion"


Publié / Actualisé
C'est ce mardi 30 novembre 2010 qu'Abdul Hack Juan, le fils de Nassimah Dindar, a été présenté devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis. Le jeune homme comparaissait pour "outrage et rébellion". Suite à une altercation avec des policiers, il avait été interpelé le 13 août dernier à la sortie de la mosquée de la rue Maréchal Leclerc (Saint-Denis). Du gaz lacrymogène avait alors été tiré dans la rue piétonne. Une affaire "banale", selon les termes utilisés par le procureur de la République, mais "qui a pris des proportions énormes". Pour preuve, les débats ont duré près de 4 heures, ce qui n'est pas courant pour ce genre de dossier. La partie civile a demandé la condamnation au paiement de 800 euros de dommages-intérêts pour "outrage et rébellion", le procureur a requis 1 mois de prison avec sursis et l'obligation de suivre un stage de citoyenneté, et la défense a demandé la relaxe d'Abdul Hack Juan. L'affaire a été mise en délibéré jusqu'au 25 janvier 2011.
C'est ce mardi 30 novembre 2010 qu'Abdul Hack Juan, le fils de Nassimah Dindar, a été présenté devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis. Le jeune homme comparaissait pour "outrage et rébellion". Suite à une altercation avec des policiers, il avait été interpelé le 13 août dernier à la sortie de la mosquée de la rue Maréchal Leclerc (Saint-Denis). Du gaz lacrymogène avait alors été tiré dans la rue piétonne. Une affaire "banale", selon les termes utilisés par le procureur de la République, mais "qui a pris des proportions énormes". Pour preuve, les débats ont duré près de 4 heures, ce qui n'est pas courant pour ce genre de dossier. La partie civile a demandé la condamnation au paiement de 800 euros de dommages-intérêts pour "outrage et rébellion", le procureur a requis 1 mois de prison avec sursis et l'obligation de suivre un stage de citoyenneté, et la défense a demandé la relaxe d'Abdul Hack Juan. L'affaire a été mise en délibéré jusqu'au 25 janvier 2011.
Avocats de la partie civile, avocat de la défense ou encore procureur de la République, tous étaient d'accords sur un point: "c'est une affaire banale qui a pris des proportions énormes". Banale, parce qu'en 2009, 110 affaires d'"outrage et rébellion" ont été jugées au tribunal correctionnel. Mais celle présentée ce mardi 30 novembre a "pris des proportions énormes". "Je n'ai jamais vu autant de journalistes pour une affaire d'outrage et rébellion", notait le procureur de la République. "Cette affaire est médiatisée car c'est le fils de... mais il mérite le même traitement que n'importe qui", souligne maître Rémy Boniface, avocat de la défense.

Et pour cause, celle-ci concernait Abdul Hack Juan, le fils de Nassimah Dindar. Le jeune homme avait été interpelé devant la mosquée de Saint-Denis, rue Maréchal Leclerc, le 13 août dernier vers 13 heures à la sortie de la prière du vendredi. Lors du passage d'un fourgon de police dans la rue piétonne, Abdul Hack Juan aurait insulté le policier qui conduisait le fourgon. S'en est suivie une altercation entre le jeune homme et les 5 policiers en patrouille. Du gaz lacrymogène avait alors été tiré dans la rue piétonne. Cette interpellation avait provoqué un vif débat dans la société réunionnaise. Des raisons religieuse ou politique avaient même été évoquées pour expliquer cette arrestation. À noter que les faits s'étaient produits pendant le ramadan

Selon le procès-verbal de la police, Abdul Hack Juan a été arrêté pour "outrage et rébellion" après avoir refusé de se soumettre à un contrôle d'identité. Lors de l'audience de ce mardi, les débats se sont cristallisés sur une question. Abdul Hack Juan a t-il insulté ces policiers lors de son passage à côté du fourgon? "Même si l'outrage et la rébellion sont caractérisés, le jeune homme refuse de se soumettre à l'interpellation et dans une vidéo diffusée sur youtube, il traite un policier de "gros fêlé"" souligne le procureur qui estime que le mis en cause est à l'origine de l'altercation. Même avis du côté de maître Marionneau, avocat de la partie civile, qui s'interroge: "quel aurait été l'intérêt pour ces policiers d'aller embêter une personne qui n'aurait rien fait à 30 minutes de la fin de leur service ?".

Lors de l'audience, le prévenu a nié les premières insultes. "Je suis passé à côté du fourgon. J'ai regardé à l'intérieur et j'ai poursuivi ma route", a-t-il expliqué au juge. "Ensuite le policier m'a appelé et je suis revenu", ajoute-t-il. Les policiers ont quant à eux maintenu leur version. Selon eux, Abdul Hack Juan aurait déclaré "aou la merde, sa in lèr pou pas terla !", lors de son passage a proximité du fourgon de police. "J'ai été surpris par de tels propos et j'ai donc rappelé M. Juan. Il est revenu sur ses pas et je lui ai demandé son identité", raconte l'agent de police. Le jeune homme aurait alors refusé et aurait dit "desann nou va règ sa". "Nous avons donc décidé de l'interpeler", poursuit le policier.

Toute la scène a été filmée par une caméra de surveillance de la Ville de Saint-Denis, située à l'angle des rues Jules Auber et Maréchal Leclerc. Sur ces images, on peut voir Abdul Hack Juan passer à proximité du fourgon de police et tourner la tête vers le conducteur. "Il marche a allure constante et tourne la tête vers l'intérieur du véhicule comme toute personne le ferait naturellement", affirme Rémi Boniface.

Pendant plusieurs dizaines de minutes, les avocats et le procureur ont donc débattu sur cette question, demandant à plusieurs reprises des arrêts sur images. Mais en l'absence de son, impossible de savoir si le jeune homme a proféré des insultes ou non. "Il y a un menteur dans cette salle. Et ce ne sont pas les policiers", a lancé maître Marionneau, avocat de la partie civile, lors de sa plaidoirie. Le juge du tribunal correctionnel devra se baser sur les vidéos et les documents qui lui ont été présentés pour prendre sa décision. L'affaire a été mise en délibéré jusqu'au 25 janvier 2011.

Mounice Najafaly pour
   

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