Pêche - Rivière Saint-Denis :

Bichiques : la petite montée


Publié / Actualisé
Un temps maussade, une lune favorable... les ingrédients pour une montée de bichiques sont réunis. Les pêcheurs en tout cas le croient fermement. Depuis le milieu de la semaine dernière, ils s'affairent dans les embouchures de rivière. Celle de Saint-Denis notamment. Ce mardi 1er février 2011, ils étaient nombreux à creuser des canaux et à installer les vouves, véritables pièges pour les petits alevins. Dans le courant de la journée il y a eu une petite montée des précieux alevins. Ce n'était pas pas la pêche "miraculeuse" mais les pêcheurs ne désespèrent pas. Ils sont persuadés que les bichiques monteront en masse d'ici la fin de la semaine.
Un temps maussade, une lune favorable... les ingrédients pour une montée de bichiques sont réunis. Les pêcheurs en tout cas le croient fermement. Depuis le milieu de la semaine dernière, ils s'affairent dans les embouchures de rivière. Celle de Saint-Denis notamment. Ce mardi 1er février 2011, ils étaient nombreux à creuser des canaux et à installer les vouves, véritables pièges pour les petits alevins. Dans le courant de la journée il y a eu une petite montée des précieux alevins. Ce n'était pas pas la pêche "miraculeuse" mais les pêcheurs ne désespèrent pas. Ils sont persuadés que les bichiques monteront en masse d'ici la fin de la semaine.
Véritable caviar créole, les alevins sont pêchés aux embouchures des rivières et se négociant entre 30 et 45 euros le kilo. 
En dépit de leur coût particulièrement élevé, les bichiques ne restent pas longtemps sur les étals. Il faut dire qu'ils sont assez rares et ne "montent" que trois à quatre fois par an.

Ils se mijotent en cari avec une bonne dose d'ail, de tomates, de safran, de thym, de piment, le tout accompagné du traditionnel riz blanc et de l'incontournable rougail mangues (accompagnement pimenté à base de mangue verte).
Mais avant d'arriver sur les tables, les bichiques font l'objet de bien des convoitises.

Traditionnellement, ils sont pêchés aux embouchures des rivières dans des canaux aménagés et soigneusement entretenus par leurs propriétaires, comme c'est le cas depuis quelques jours à l'embouchure de la rivière Saint-Denis.

En effet, les "parents" des bichiques vivent et se reproduisent en rivière. Au moment de la ponte, ils gagnent la mer où les ?ufs éclosent. Les alevins se mettent alors à remonter l'embouchure pour essayer d'arriver dans les rivières. La plupart n'y arriveront pas et finiront leur route dans les "vouves" (du malgache "vovo", signifiant piège. Il s'agit de nasses de cocotier ou de raphia tressées artistiquement). 


Cette méthode de pêche est aujourd'hui concurrencée par des pratiques plus radicales, l'utilisation de moustiquaires par exemple. Évidemment, cela n'est pas sans conséquence. Au fil des années, les bichiques se font de plus en plus rares. Pour enrayer cet inquiétant phénomène, les autorités tentent de mettre un peu d'ordre dans cette activité. Une Fédération des pêcheurs de bichiques s'est créée. Avec les autorités, elle travaille à l'élaboration qui permettra de réglementer cette pêche traditionnelle. Ou comment allier protection de la faune et plaisir des gourmets.

   

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