Mayotte - Après la mort d'un manifestant :

Nouveaux affrontements à Mamoudzou


Publié / Actualisé
Après la mort d'un homme de 39 ans, Ali El Anziz, ce mercredi 19 octobre 2011 à Mamoudzou au cours d'affrontements entre la police et des manifestants contre la vie chère, la situation reste très tendue à Mayotte ce jeudi. Le quartier dont était originaire la victime s'est embrasé dans la nuit de mercredi à jeudi. Des jeunes ont mis le feu à des poubelles et les forces de l'ordre ont tiré des grenades de gaz lacrymogène. Selon des témoins des faits qui ont couté la vie à Ali El Anziz, ce dernier a reçu un balle de flash ball en pleine poitrine et des jets de lacrymogène tirés par la police "à bout portant" selon l'expression d'Élie Hoarau. En compagnie de Jean-Hugues Ratenon, président de l'Alliance des Réunionnais contre la pauvreté, et Gilles Leperlier, président de l'AJFER (Alliance des jeunes pour la formation et l'emploi à La Réunion), le député européen et dirigeant du PCR tenait une conférence de presse à quelques mètres de la scène de la scène du drame et a donc assisté aux faits.
Après la mort d'un homme de 39 ans, Ali El Anziz, ce mercredi 19 octobre 2011 à Mamoudzou au cours d'affrontements entre la police et des manifestants contre la vie chère, la situation reste très tendue à Mayotte ce jeudi. Le quartier dont était originaire la victime s'est embrasé dans la nuit de mercredi à jeudi. Des jeunes ont mis le feu à des poubelles et les forces de l'ordre ont tiré des grenades de gaz lacrymogène. Selon des témoins des faits qui ont couté la vie à Ali El Anziz, ce dernier a reçu un balle de flash ball en pleine poitrine et des jets de lacrymogène tirés par la police "à bout portant" selon l'expression d'Élie Hoarau. En compagnie de Jean-Hugues Ratenon, président de l'Alliance des Réunionnais contre la pauvreté, et Gilles Leperlier, président de l'AJFER (Alliance des jeunes pour la formation et l'emploi à La Réunion), le député européen et dirigeant du PCR tenait une conférence de presse à quelques mètres de la scène de la scène du drame et a donc assisté aux faits.
Dans un premier temps la préfecture a annoncé que la victime était morte d'un arrêt cardiaque. Le préfet Thomas Degos s'est finalement ravisé. Dans une intervention sur les ondes de Mayotte Première Télé mercredi soir il a reconnu que "les causes de ce décès restent à déterminer". Une autopsie aura lieu ce jeudi.

Dès les minutes qui ont suivi le drame, les témoignages mettant en cause les policiers ont commencé à affluer. Les faits se sont produits dans le centre-ville de Mamoudzou, près de la place du Marché où des milliers de manifestants contre la vie chère se réunissent quotidiennement depuis trois semaines. Des barricades sont régulièrement dressées dans le secteur par les manifestants.

L'homme qui pilotait un scooter a voulu traverser une voie protégée par la police, "c'est à ce moment qu'une grenade lacrymogène lui est tombé dessus", affirmait Gilles Leperlier. "Le jeune est tombé sur le sol, il semblait ne plus respirer", dit encore le responsable de l'AJFER. D'autres témoignages affirment que la victime a reçu une balle de flash ball en pleine poitrine.

Selon les témoins en voyant le jeune homme sans connaissance, des manifestants indignés se sont retournés contre les forces de l'ordre. "Les policiers n'étaient pas en danger, pourtant ils se sont plutôt occupés de faire dégager les gens que de porter secours au blessé", raconte un témoin encore sous le coup de l'émotion. "Il est resté longtemps par terre avant qu'on ne s'occupe de lui", dit encore un témoin.

De fait, dans le communiqué conjoint publié mercredi soir par la préfecture de Mayotte et l'hôpital de Mayotte, il est noté que : "sur appel d'un particulier à 10h45, les moyens SMUR se sont déplacés place du Marché pour secourir un patient déjà pris en charge par les pompiers lesquels entreprenaient un début de travail de réanimation". C'est donc un particulier et non pas la police qui a prévenu le SMUR. Ce qui tend à confirmer les déclarations des témoins pointant le manque de réactivité des policiers devant le corps inanimé de la victime.

À ce propos, Élie Hoarau est on ne peut plus clair. "On a tiré à bout portant sur ce jeune qui est mort. Je prends mes responsabilités en le disant" affirme-t-il. Il tout aussi catégorique concernant le déclenchement des affrontements. "Nous tenions une conférence de presse à quelques mètres tout près de la place du Marché. Tout était calme. Brusquement il y a eu des tirs de grenades lacrymogène" raconte Élie Hoarau.

Dans une déclaration faite ce mercredi au site malango-actualite.fr, le commissaire Delattre, directeur départemental de la sécurité publique à Mayotte, donne une autre version. Selon lui, des fonctionnaires de la police aux frontières (PAF) sécurisaient les abords de la barge, lorsqu'ils auraient assistés vers 10 h à des scènes de pillages de voitures. "Tentant de les empêcher, ils furent pris à partie et caillassés depuis la place de l'ancien marché et tandis que d'autres cailloux pleuvaient depuis le bar ''le 5/5'' provoquant de nombreux impacts sur les voitures" dit le commissaire Delattre. Les policiers auraient ont alors riposté avec des grenades lacrymogènes et des flash ball.

"C'est totalement faux" tranche Élie Hoarau, qui tenait sa conférence dans l'enceinte du bar le "5/5". "Tout était calme, je le répète, et je ne comprends pas pourquoi les policiers ont tiré" insiste-t-il. "Nous avons reçu des gaz lacrymogène jusque dans l'enceinte du bar. J'ai personnellement vu une grenade tomber sur la victime" souligne pour sa part Gilles Leperlier.

Une information judiciaire devrait être ouverte dans les prochaines heures pour déterminer les causes exactes du drame. Marie Luce Penchard, ministre de l'Outremer, qui "en raison de la situation à Mayotte" a annulé son séjour à La Réunion (elle devait arriver ce jeudi) a appelé "au calme".

Daniel Zaïdani, président PS du conseil général, qui immédiatement après les faits, a pris la tête d'une manifestation de la protestation, a été malmené par les gendarmes alors qu'il s'interposait pour éviter le pillage d'un magasin en marge de la manifestation, relate malango-actualite.fr. "Des coups de poing et des cris étaient échangés... "Ce jeune vient de recevoir un coup alors qu'il essayait de me protéger ! " criait hors de lui le président de la collectivité" relate le site d'actualité. Daniel Zaïdani a alors " appelé le préfet pour lui demander de prendre ses responsabilités et le cabinet de la ministre. Tout ce qui est en train de se passer était prévisible" termine malango-actualite.fr.

Rappelons que les Mahorais protestent depuis trois semaines contre la vie chère dans leur île. Les propositions en faveur d'une baisse des prix faites sur place par Marie Luce Penchard ce vendredi ont été jugées inacceptables par les manifestants. Ils l'ont huée pendant son discours. Ils ont également rejeté l'accord signé ce lundi entre FO et la grande distribution. La CGT et la CFDT ne sont pas signataires de ce protocole d'accord.

   

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