Mort d'un manifestant à Mayotte :

Ali El Anziz a eu le c?ur perforé


Publié / Actualisé
Le procureur de la République à Mayotte, a annoncé à 19 heures 15, ce jeudi 20 octobre 2011, que le décès d'Ali El Anziz serait dû à "mauvais gestes de réanimation". Se basant sur le rapport d'autopsie du médecin légiste, il ajouté que dans un premier la victime a fait un malaise "n'entrant pas dans le processus létal et d'origine encore non déterminée". Toujours selon le représentant du parquet, des personnes ont ensuite "mal pratiqué" un massage cardiaque. Ali El Anziz a eu le c?ur percé par des côtes fracturées, indique le rapport du médecin légiste. Une information judiciaire sera ouverte pour déterminer ce qui a provoqué le malaise de la victime, les circonstances dans lesquelles le massage cardiaque a été effectué et pourquoi les secours ne sont arrivés sur place d'une demie heure après les faits. Ali El Anziz a trouvé la mort mercredi dans le centre-ville de Mamoudzou lors d'affrontements entre la police et des manifestants contre la vie chère.
Le procureur de la République à Mayotte, a annoncé à 19 heures 15, ce jeudi 20 octobre 2011, que le décès d'Ali El Anziz serait dû à "mauvais gestes de réanimation". Se basant sur le rapport d'autopsie du médecin légiste, il ajouté que dans un premier la victime a fait un malaise "n'entrant pas dans le processus létal et d'origine encore non déterminée". Toujours selon le représentant du parquet, des personnes ont ensuite "mal pratiqué" un massage cardiaque. Ali El Anziz a eu le c?ur percé par des côtes fracturées, indique le rapport du médecin légiste. Une information judiciaire sera ouverte pour déterminer ce qui a provoqué le malaise de la victime, les circonstances dans lesquelles le massage cardiaque a été effectué et pourquoi les secours ne sont arrivés sur place d'une demie heure après les faits. Ali El Anziz a trouvé la mort mercredi dans le centre-ville de Mamoudzou lors d'affrontements entre la police et des manifestants contre la vie chère.
Selon le rapport d'autopsie, pratiqué par un médecin légiste de La Réunion, cité par le procureur, la poitrine d'Ali El Anziz portait les traces "d'hématomes profonds, typiques d'un mauvais massage cardiaque". Il reste donc à déterminer comment ce massage lui a été administré. "On ne sait pas encore avec précision qui a pratiqué les gestes de premiers secours. Certes, les pompiers étaient sur place et ont tenté de réanimer la victime, mais avant leur arrivée, d'autres personnes ont porté secours à Ali El Anziz. Il n'est pas exclu qu'elles aient pratiqué ces mauvais gestes" indique, sous couvert d'anonymat, une source proche de l'enquête. L'enquête devra donc déterminer qui est intervenu. Le procureur de la République a aussi indiqué que des investigations seraient menées sur le fait que la victime inanimée "soit restée une demie heure sur le sol" avant l'arrivée des secours. Le magistrat note aussi que d'un malaise initial, non mortel, d'Ali El Anziz à la suite d'inhalation de gaz lacrymogène est "une hypothèse plausible".

La famille de la victime n'a pas été convaincue par ces explications et ce rapport d'autopsie. Elle a demandé une contre expertise. Les obsèques de la victime prévues pour ce vendredi ont donc été repoussées à la semaine prochaine.

Les faits qui ont coûté la vie à cet homme de 39 ans, se sont produits en milieu de matinée ce mercredi. Comme tous les jours depuis trois semaines, des centaines de manifestants protestant contre la vie chère avaient commencé à se rassembler sur la place du Marché dans le centre de Mamoudzou. Dans des circonstances encore confuses, des affrontements ont ensuite éclaté entre la police et les manifestants.

Dans une déclaration faite ce mercredi au site malango-actualite.fr, le commissaire Delattre, directeur départemental de la sécurité publique à Mayotte, affirme que les policiers sont intervenus après avoir été "caillassés" par les manifestants. "Les policiers ont alors riposté avec des grenades lacrymogènes et des flash ball"déclare le commissaire Delattre.

Une version fermement démentie par des témoins sur place, dont Élie Hoarau, député européenne de La Réunion et dirigeant du parti communiste réunionnais. "Nous tenions une conférence de presse à quelques mètres tout près de la place du Marché. Tout était calme. Brusquement il y a eu des tirs de grenades lacrymogène" relate le dirigeant communiste. À ce propos, Élie Hoarau est on ne peut plus clair. "On a tiré à bout portant sur ce jeune qui est mort. Je prends mes responsabilités en le disant" souligne-t-il.

Une version reprise par plusieurs témoins affirmant que la victime a reçu en pleine poitrine une balle de flash ball tirée par la police avant de s'effondrer. Les mêmes témoignages notent que la victime a aussi reçu des gaz lacrymogène directement sur elle. Selon ces témoins en voyant homme sans connaissance sur le sol, des manifestants indignés se sont retournés contre les forces de l'ordre. "Les policiers n'étaient pas en danger, pourtant ils se sont occupés de faire dégager les gens plutôt que de porter secours au blessé", raconte un témoin encore sous le coup de l'émotion. "Il est resté longtemps par terre avant qu'on ne s'occupe de lui", dit Ibrahima l'un des témoins.

Les pompiers sont finalement intervenus. La victime a ensuite été prise en charge par le SMUR à la suite de "l'appel d'un particulier", comme l'indique le communiqué publié conjointement mercredi soir par la préfecture et l'hôpital de Mayotte.

Dans un premier temps, les autorités indiquaient que l'homme était mort d'un malaise cardiaque et que son corps ne portait pas de traces de coups. Ce qui tendait à dire qu'il n'avait pas reçu de tir de flash ball. L'autopsie n'abonde donc pas dans ce sens. Ali El Anziz n'est pas mort d'un malaise cardiaque mais d'une perforation du c?ur et son corps portait bien la trace de "profonds hématomes". Le tout consécutif, dit le médecin légiste cité par le procureur à "un mauvais massage cardiaque". Il reviendra aux enquêteurs de faire toute la lumière sur ces faits tragiques.

Ce jeudi, une marche blanche à la mémoire d'Ali El Anziz a réuni 5 000 personnes à Mamoudzou. Plusieurs élus dont Daniel Zaïdani, président PS du conseil général, ont pris la tête du défilé qui a lieu dans une ambiance de profond recueillement. La journée a été calme sur toute l'île aux parfums.

Dans la nuit de ce mercredi à jeudi, de nouveaux affrontements avaient eu lieu entre des jeunes originaires du quartier de la victime à Mamoudzou et les forces de l'ordre. En Petite-Terre, la voiture du préfet Thomas Degos a été caillassée. La gendarmerie et le siège de Mayotte Première ont également essuyé de jets de galets. Des jeunes ont mis le feu à des poubelles. Les forces de l'ordre les ont dispersé à coup de grenades lacrymogène.

Les Mahorais protestent depuis trois semaines contre la vie chère dans leur île. Les propositions en faveur d'une baisse des prix faites sur place par Marie Luce Penchard ce vendredi ont été jugées inacceptables par les manifestants. Ils l'ont huée pendant son discours. Ils ont également rejeté l'accord signé ce lundi entre FO et la grande distribution. La CGT et la CFDT ne sont pas signataires de ce protocole d'accord.





   

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