Retour des Réunionnais naufragés du Costa Concordia :

L'émotion et le soulagement


Publié / Actualisé
Avec pour tout bagage des pulls et des sacs donnés par la Croix Rouge, les 31 Réunionnais naufragés du Costa Concordia sont arrivés ce lundi matin 16 janvier 2012 à l'aéroport Roland Garros. Ils ont été pris en charge dès leur arrivée par une cellule médico-psychologique. Dans une atmosphère lourde d'émotion, ils ont ensuite pu retrouver leurs familles mettant ainsi fin à 72 heures d'angoisse. D'autres naufragés réunionnais seront de retour dans l'île ce mardi matin.
Avec pour tout bagage des pulls et des sacs donnés par la Croix Rouge, les 31 Réunionnais naufragés du Costa Concordia sont arrivés ce lundi matin 16 janvier 2012 à l'aéroport Roland Garros. Ils ont été pris en charge dès leur arrivée par une cellule médico-psychologique. Dans une atmosphère lourde d'émotion, ils ont ensuite pu retrouver leurs familles mettant ainsi fin à 72 heures d'angoisse. D'autres naufragés réunionnais seront de retour dans l'île ce mardi matin.
"Les voilà, ils sont là". Il est 7 heures 45 ce lundi matin au premier étage de l'aéroport Roland Garros. Les naufragés du Costa Concordia viennent de sortir du salon d'honneur où ils ont été pris en charge par la cellule médico-psychologique dès leur descente d'avion.

L'émotion est palpable. Le soulagement aussi. Les rescapés tombent dans les bras de leurs familles. Beaucoup sont en sanglots. "J'ai cru que j'allais mourir, j'ai pensé à toi très fort, je t'aime", sanglote une jeune fille dans les bras de sa mère en larmes. "Enfin ils sont là, c'est la fin de l'angoisse", lance très émue Karine Elly. Elle serre contre elle Léa, sa fille de 10 ans. "Cela fait plus de 48 heures que j'attendais ce moment. Merci mon Dieu, c'est fini", commente Éric Clain, le père de la petite Léa. "C'était épouvantable, j'avais la responsabilité de Léa et de son cousin Aymeric, j'avais peur pour eux", raconte les larmes aux yeux Marie José Lapinsonnière, la mère de Karine Elly.

Et puis très vite vient le temps du récit. "On était à table, il était 21 heures 45, il y a eu un choc, les lumières se sont éteintes. L'équipage nous a demandé de mettre nos gilets de sauvetage et de retourner dans nos cabines. Mon mari a refusé et nous a dit de rester sur le pont. Il a bien fait sinon nous aurions été pris au piège dans les cabines", raconte Marie José Lapinsonnière. "Je ne comprends pas pourquoi on nous a dit d'aller dans les cabines alors que des gens ont vu les officiers du bateau se mettre en ligne pour attendre le canot de sauvetage", se demande Philippe Potin, conseiller général de Saint-Pierre et rescapé du bateau avec son épouse et leur fille.

Marie José Lapinsonnière décrit des scènes de panique: "Les gens se bousculaient, certains adultes marchaient sur les enfants pour pouvoir arriver plus vite aux canots de sauvetage. Avec notre petit groupe de Réunionnais, nous avons fait tout pour protéger les enfants qui étaient avec nous".

"Le commandant de bord et son second n'étaient pas sur la passerelle. Ils étaient dans la salle à manger avec nous lorsqu'il y a eu le choc. Aucun des officiers ne nous a aidé, ils semblaient plus pressés de se sauver. D'ailleurs il a été établi que le commandant a abandonné le navire", déplore un autre passager. "Ce sont les personnels de base qui sont venus à notre secours, je suis sûr que plusieurs d'entre eux sont morts pour nous venir en aide", note Philippe Potin. "Il n'y avait aucune organisation au niveau de la sécurité et il y a certainement eu des erreurs de navigation" ajoute-t-il. "Je pense d'ailleurs que nous déposions une plainte collective contre l'armateur", dit-il.

"Pour le moment nous sommes dans le temps du récit. Il faut que les victimes parlent pour évacuer ce qui leur est arrivé. Ils décideront ensuite s'il y a lieu ou non d'engager des poursuites", souligne Serge Bideau, sous préfet de Saint-Benoît, qui est venu à la rencontre des naufragés en compagnie de Michel Fontaine, député-maire de Saint-Pierre (plusieurs victimes sont originaires de la commune saint-pierroise).

Les derniers naufragés réunionnais arriveront à La Réunion ce mardi.

Mahdia Benhamla pour
   

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