Risque requin - Trois attaques mortelles en moins de 18 mois :

Qui est responsable ?


Publié / Actualisé
Après l'attaque mortelle d'un requin sur un surfeur de 21 ans ce lundi 23 juillet, la colère et l'incompréhension se font ressentir. C'est la troisième attaque mortelle en moins de 18 mois, et les questions s'accumulent sur la présence des squales dans les eaux réunionnaises. A l'image du champion de bodyboard Amaury Lavernhe, nombreux sont ceux qui mettent en cause la réserve marine, et qui pointent du doigt l'inaction des autorités pour contrer le risque. D'autres en appellent plutôt à la responsabilité et la vigilance de chacun.
Après l'attaque mortelle d'un requin sur un surfeur de 21 ans ce lundi 23 juillet, la colère et l'incompréhension se font ressentir. C'est la troisième attaque mortelle en moins de 18 mois, et les questions s'accumulent sur la présence des squales dans les eaux réunionnaises. A l'image du champion de bodyboard Amaury Lavernhe, nombreux sont ceux qui mettent en cause la réserve marine, et qui pointent du doigt l'inaction des autorités pour contrer le risque. D'autres en appellent plutôt à la responsabilité et la vigilance de chacun.
Le drame qui s'est produit sur le spot de Trois Bassins le lundi 23 juillet 2012 a réveillé de douloureux souvenirs. Avant Alexandre Rassiga, ce sont Mathieu Schiller et Eddy Aubert qui sont morts suite à des attaques de requins dans l'Ouest de l'île. Si ces décès ont suscité de vives émotions, leurs circonstances ont également soulevé des questions : les squales sont-ils plus nombreux qu'avant dans les eaux réunionnaises ? Pourquoi attaquent-ils ? Que peut-on faire pour réduire le risque requin ? Les autorités sont-elles en mesure de trouver des solutions pour protéger la population ?

Pour Amaury Lavernhe, "la question, c'est déjà de savoir qu'est-ce qu'il aurait fallu faire pour éviter d'en arriver là". Il estime dans un premier temps que "lors de la mise en place de la réserve marine en 2008, on aurait dû d'abord évaluer les effets que cela pourrait avoir dans une station balnéaire". "Cela n'a pas été fait. Maintenant, on a une prolifération de requins dans l'Ouest. Ce sont des requins bouledogues, territoriaux", ajoute-t-il, avant de déplorer, amer : "On a créé un parc à requins".

Michaël Rard, président de l'observatoire marin de La Réunion, n'est pas d'accord avec ce constat. "Dans les observations qui ont été faites, on note qu'il n'y a pas d'augmentation de la biomasse dans la réserve marine. Ce qui signifie que le nombre d'individus par espèces n'a pas changé. Ensuite, on n'observe pas plus de dauphins dans la zone alors qu'ils sont au même niveau que les requins dans la hiérarchie alimentaire. Si la réserve attire les requins, pourquoi elle n'attirerait pas les dauphins également ?", s'interroge-t-il, réfutant ainsi l'hypothèse selon laquelle la réserve favoriserait la venue des requins près des côtes.

Plutôt que d'incriminer la réserve marine, le président de l'observatoire marin préfère en appeler à la responsabilité de ceux qui se mettent à l'eau. "Il faut rappeler qu'il y a des facteurs de risque. 70% des attaques de requin ont lieu après 16 heures à La Réunion", souligne-t-il. Pour rappel, Alexandre Rassiga s'est lui fait surprendre par un squale vers 16h30. "Avant de se mettre à l'eau, il faut se renseigner sur la houle, la pluie, il faut aussi éviter d'être seul", poursuit Michaël Rard.

Il souligne également que la période est propice à la présence de requins. "La période juillet-août correspond au pic de présence des baleines dans les eaux réunionnaises, et il n'est pas rare que les requins suivent les cétacés", explique Michaël Rard. Il regrette "les conduites à risque de certains surfeurs". "Il faut arriver à changer les mentalités, sensibiliser tous les usagers de la mer", estime-t-il.

De son côté, Christophe Mattéi, président de l'association Frères de la côte, rappelle que "Trois Bassins a toujours été une zone potentielle à requins". "Depuis 1985, je fréquente le site. Il y a toujours eu des requins, mais ils n'attaquaient pas. Ce qu'il faut comprendre, c'est pourquoi ils sont passés en mode attaque", explique-t-il, après avoir adressé "respect et condoléances à la famille d'Alexandre". Lui qui a créé une application pour smartphone afin d'informer la population sur le risque requin (www.reduirelerisquerequin.com) souligne par ailleurs que "l'eau était trouble" ce lundi, en raison "d'une houle d'hiver persistante", et que d'après le calcul des variables, il n'aurait pas conseillé de se mettre à l'eau après 15 heures.

Lundi soir, après le décès d'Alexandre Rassiga, Amaury Lavernhe a, lui, été très catégorique. "Il faut arrêter de surfer sur la côte Ouest", a-t-il lancé. Un message amer alors que l'activité surf reprenait depuis quelque temps dans le secteur. Pour le champion de bodyboard, "les autorités locales ont minimisé le risque requin". "A court terme, on a mis des vigies pour les écoles de surf, et des filets pour les baigneurs à Boucan Canot et aux Roches Noires. C'est bien, mais c'est insuffisant", estime Amaury Lavernhe.

"Sur le long terme, on a prévu des études, c'est certainement nécessaire, mais on a mis 800 000 euros là-dedans. Et à moyen terme, on fait quoi ?", demande celui qui préconise la mise en place de drumlines. "Ce dispositif est déjà expérimenté en Afrique du Sud, en Australie, à Hawaii et il a fait ses preuves. Ici, on le refuse parce qu'il y a un risque de décès chez le requin, à 1%", indique Amaury Lavernhe.

Christophe Mattéi estime lui qu'on est sur la bonne voie en matière de protection et de surveillance. "Le dispositif de vigie est excellent, c'est juste dommage qu'il ne soit pas étendu aux surfeurs libres", dit-il. "Les études doivent se faire, elles sont nécessaires pour comprendre le comportement des requins", précise-t-il. "Au niveau de la prévention, on pourrait mieux faire", reconnaît-il cependant. "L'important aujourd'hui, c'est que tous les acteurs travaillent ensemble. Il faut cesser la guerre qu'il y a entre les différents groupes. Surfeurs, apnéistes, autorités, scientifiques, écologistes, doivent rétablir la communication et avancer ensemble parce qu'il y a encore du boulot à faire", conclut Christophe Mattéi.

A noter que les obsèques d'Alexandre Rassiga auront lieu ce mercredi 25 juillet 2012. Par ailleurs, les 12, 13 et 14 octobre prochains, l'événement Good Hope - Pou nout' défunts sera organisé sur la plage de la Tortue à Saint-Leu, en hommage à tous ceux qui ont disparu en mer.

   

7 Commentaire(s)

Alain A. Goupy, Posté
LES REQUINS, COMME BEAUCOUP D'AUTRES POISSONS, ONT 2 PREOCCUPATIONS MAJEURES DANS LEUR VIE:
- SE NOURRIR
- SE REPRODUIRE
ET UNE UTILITE MAJEURE: ETRE UN ELEMENT INCONTOURNABLE DE L'EQUILIBRE NATUREL DE LA MER QUE L'HOMME S'INGENIE A DETRUIRE.
Quand l'être humain arrêtera d'imiter, sur l'eau, ce qui compose l'alimentation du requin, et quand les chasseurs sous-marin arrêteront de nager avec leur poisson attaché au pied ou à la ceinture, nous constateront un baisse très nette des attaques de requins. ARRETONS DE LES PROVOQUER !!!
Tout surfeur et tout chasseur doit être conscient et assumer le risque lié à sa stupidité, et c'est lui seul que l'on doit blamer ET NON LE REQUIN !!
Le requin n'aime pas la chair humaine, il faut le savoir. Beaucoup de "victimes" d'attaques de requin y on dû leur survie et ont pu être greffés des membres sectionnés.
Il est navrant pour les familles et les amis de perdre un être cher, MAIS LE REQUIN N'EST PAS RESPONSABLE.
Le requin a survécu à des millions d'années et d'évolutions de notre planète. Est-ce que nos générations actuelles veulent le faire disparaître en quelques années pour faire du surf ou manger les quelques soupes (soit disant) aphrodisiaques qui existent encore ????

N'OUBLIONS PAS QUE NOTRE SURVIE EST LIEE A CELLE DU REQUIN

Alain A. Goupy
Kirikoo, Posté
Et la surpêche au large, pourquoi personne n'évoque le sujet ? Et si les requins se comportaient comme des réfugiés affamés, chassés de leurs territoires appauvris ? C'est trop anthropomorphique comme réaction ou bien est-ce une réflexion trop globale sur les causes des exodes et des déséquilibres ?
"Nos enfants nous accuseront"… Ça a déjà commencé dramatiquement à La Réunion comme ailleurs.
Loncle, Posté
Qui est responsable ? La question préférée des Francçais...
Doit-on vider l'océan pour notre confort ? Ca n'a aucun sens !
Doit-on interdire l'océan à l'homme ? Ca n'a pas plus de sens !
L'océan, la montagne, le ciel,... Tous les éspaces naturels non urbalisés restent dangereux pour l'homme... mais finalement beaucoup moins que ceux très ou trop urbanisés.
Doit-on supprimer nos cités ? Ca n'a aucun sens !
Les requins ont plus de 100 millions d'années d'existence et il ne savent toujours pas ce qu'est un surf... Ca n'a aucun sens !
Milou, Posté
l ocean appartient aux animaux marins il ne faut pas l oublier!si l on pénétre chez eux il faut prendre ses précautions ou en accepter les risques;
Marlin voyageur, Posté
Les requins sont salutaires à l'équilibre marin ,à nous de prendre soin d'être prudents et de tenir compte de l'état de l'océan ,Bonne glisse quand c'est possible
Bon sens, Posté
Bon font arrêter de faire peur à tous! Réfléchissez un peu (si vous êtes outillé pour!): 18 morts à cause des requins depuis 1980; Des centaines de morts assassinés par leurs congénères pendant cette même période!
Alors, il faudra profiter de la solution trouvée contre les requins et l'appliquer aux assassins bipèdes aussi!
Choune, Posté
L'océan est le domaine des requins..... Il faut aller s'amuser où il n'y a pas de danger!