Saint-Leu - Thierry Robert autorise la chasse au requin bouledogue :

Océan Prévention Requin : "une mesure courageuse et bienvenue"


Publié / Actualisé
Thierry Robert, député-maire de Saint-Leu, a publié ce lundi 30 juillet 2012 un arrêté autorisant la pêche au requin bouledogue sur le territoire de sa commune. Si certains désapprouvent fortement cette décision - qui pour rappel, va à l'encontre du dispositif légal de protection mis en place par l'État dans le cadre de la protection de la réserve marine -, d'autres, à l'image de l'association Océan Prévention Requin (OPR) ou de la ligue de surf de La Réunion, saluent au contraire l'action du maire saint-leusien. "C'est une mesure courageuse et bienvenue" pour Christophe Aubert, membre de l'association OPR. Si les avis divergent, pour l'instant, la pêche au requin bouledogue ne connaît pas un grand succès.
Thierry Robert, député-maire de Saint-Leu, a publié ce lundi 30 juillet 2012 un arrêté autorisant la pêche au requin bouledogue sur le territoire de sa commune. Si certains désapprouvent fortement cette décision - qui pour rappel, va à l'encontre du dispositif légal de protection mis en place par l'État dans le cadre de la protection de la réserve marine -, d'autres, à l'image de l'association Océan Prévention Requin (OPR) ou de la ligue de surf de La Réunion, saluent au contraire l'action du maire saint-leusien. "C'est une mesure courageuse et bienvenue" pour Christophe Aubert, membre de l'association OPR. Si les avis divergent, pour l'instant, la pêche au requin bouledogue ne connaît pas un grand succès.
Thierry Robert a décidé de passer à l'action, et cela ne passe pas inaperçu. La chasse au requin est donc désormais autorisée, par tous les moyens, de jour comme de nuit, sur le territoire de la commune de Saint-Leu. Et le squale est même mis à prix, puisque l'arrêté précise que "la commune achète les requins bouledogues de plus d'un mètre cinquante obtenus par tous pêcheurs ou chasseurs, au départ de la ville de Saint-Leu, au prix de deux euros par kilogramme de poids vifs, dans la limite de trente requins bouledogue à compter de la publication du présent arrêté".

Si l'observatoire marin de La Réunion ou Sea Shepherd s'insurgent contre cette mesure, d'autres voient là une bonne décision. "Thierry Robert a pris une mesure courageuse et bienvenue", estime pour sa part Christophe Aubert, membre de l'association OPR (Océan Prévention Requin). Pour lui, "c'est une mesure nécessaire pour la protection des surfeurs".

Il explique que la surpopulation de requins bouledogues dans les eaux réunionnaises est indéniable, tandis que "les autres espèces de requin sont en diminution". "Il est important de rétablir un équilibre, de retrouver une diversité d'espèces. Pour cela, il faut enlever une partie des requins bouledogues", explique Christophe Aubert.

Pour lui, la prise de position de Thierry Robert, même si elle va à l'encontre du dispositif légal de protection mis en place par l'Etat dans le cadre de la protection de la réserve marine, "permet de voir qui défend les hommes".

Quant aux personnes qui estiment que le requin est dans son élément, tandis que l'homme pourrait se passer d'aller dans la mer, Christophe Aubert avoue ne pas les comprendre. "Je suppose que ces gens-là n'ont pas grandi dans la mer comme moi. Ils ne se sentent pas concernés par le problème", déclare-t-il.

Membre de la ligue de surf, Kévin Hoarau, coordinateur des vigies requin, se dit, lui, "content que des politiques prennent conscience du problème", et qu'on prenne en compte les considérations des usagers de la mer. "Saint-Leu n'a pas encore été touchée par les attaques de requin, mais ça pourrait arriver", souligne-t-il. Il tient quand même à préciser : "On ne veut pas exterminer les requins, on veut une action ciblée, quelque chose qui soit réglementé, surveillé, encadré". Pour rappel, la ligue de surf, ainsi que les associations OPR et PRR (Prévention Réunion Requin), s'étaient mobilisées la semaine dernière pour demander une campagne de prélèvement des squales.

Thierry Robert a également proposé de racheter leurs prises aux pêcheurs, alors que leur commercialisation est interdite pour des raisons sanitaires, en raison de la présence d'une toxine marine, la ciguatera, dans sa chair. "On demande également que la pêche des requins bouledogues soit contrôlée par des analyses, pour vérifier s'ils contiennent de la ciguatera ou pas", explique Kévin Hoarau. Quant à la méthode utilisée par Thierry Robert, Kévin Hoarau estime que le maire saint-leusien est passé "par le moyen qu'il a jugé bon". "Nous, on discute avec les élus, on essaye simplement d'apporter notre contribution", ajoute-t-il.

Depuis l'ouverture de la chasse au requin à Saint-Leu, les pêcheurs se font discrets pour l'instant, et aucune prise n'a été annoncée. Deux hypothèses : soit les requins ne mordent pas à l'hameçon ; soit les pêcheurs craignent les poursuites auxquelles ils s'exposent et ne se tentent pas à l'aventure. Autre hypothèse : le prix de deux euros par kilo de viande de requin n'est certainement pas gagnant pour les pêcheurs.

Rappelons que lors de l'opération de prélèvement de requins autorisée par la préfecture à la fin du mois de septembre 2011, la pêche avait été plutôt infructueuse. Un seul requin avait été capturé alors que le plafond de l'opération était de dix.

A noter que la préfecture n'a pas encore réagi officiellement suite à l'arrêté pris par Thierry Robert. Si l'illégalité de cet arrêté est prouvée, ce sera au tribunal administratif de trancher.

De son côté, Thierry Robert continue ses actions pour faire face au risque requin. Ce lundi 30 juillet 2012, il a ainsi envoyé un courrier aux maires des communes des Avirons, de l'Etang-Salé, de Saint-Paul et de Trois-Bassins, leur soutien pour la modification du périmètre de la réserve naturelle marine.

   

4 Commentaire(s)

Emji, Posté
BRAVO. Mer ROBERT .........Le domaine des requins c'est la haute mer.................la plage un tout petit bout d'océan pour l'homme.................moins de 600 m on doit absolument les chasser surtout le bouledogue tueur....................je suis né ici et pendant plus de 15 ans vacances à l'ermitage ou étang salé juillet/aoÃ"t tous les ans et jamais de problème.Il faut éradiquer le bouledogue absolument.Ces attaques diurnes ne sont jamais de tigre car il dort..........................On ne se baigne pas la nuit que je sache alors il faut dire crise bouledogue......................NOM DE DIEU !!!!!!
Métro, Posté
Je suis outré par la mesure décidée par le Maire de St Leu. Elle exprime, en effet, une forme de toute puissance de l'homme sur la nature et elle ne règlera rien. Je préfère le courage du Maire de St Paul qui échange avec les surfeurs sur les risques de leur activité. Métropolitain, je viens souvent sur l'ile où mon fils exploite un meublé de tourisme. L'argument de Christophe Aubert ne tient pas quand ils déclare à propos des personnes qui estiment que le requin est dans son élément, tandis que l’homme pourrait se passer d'aller dans la mer, «Je suppose que ces gens-là n’ont pas grandi dans la mer comme moi. Ils ne se sentent pas concernés par le problème». Juste avant de quitter la métropole 9 personnes sont mortes dasn une avalanche à Chamonix ! 3 fois plus que les surfeurs réunionais (même si cela fait tjs trop de morts). Devrions-nous, pour suivre C. Aubert, dynamiter à coup d'hélico le mont Blanc tous les jours pour sécuriser les sites. La nature est comme elle est, nous n'en sommes pas propriétaire. Il faut apprendre à faire avec. Les alpinistes ont appris des tragédies passées, ils ont imposé des règles, formés des guides, crée du matériel de survie (NARVA...) et Monsieur le Député Maire vos collègues ont voté UNE LOI MONTAGNE qui responsabilise les pratiquants de ces sports à risque ! Parce que la collectivité ne peut pas indéfiniment payer pour les défis que se fixent les gens. Dernier coup de gueule ... la collectivité assume désormais la rémunération de "vigies" (tant mieux pour l'emploi), mais la dernière attaque a eu lieu trente minutes après la fin de leur service ... pourquoi le surfeur était-il encore dans l'eau. En métropole quand le drapeau est rouge sur les plages, c'est à vos risques et périls si vous entrez dans l'eau.
Pierre SCHAEFER, Posté
Le requin défend son milieu de vie contre les intrusions extérieures : les baigneurs, surfeurs et autres plaisanciers, ne pénètrent pas dans le milieu aquatique par nécessité vitale, mais uniquement pour s'amuser.
La vraie mesure courageuse, à prendre par les Autorités, consisterait, soit à interdire purement et simplement le surf et la baignade dans le périmètre concerné, soit à informer sans ambiguïté le public qu'il pénètre dans ce milieu à ses risques et périls.
N'oublions jamais que l'être humain ne survivrait pas longtemps sans la Nature, mais que la Nature peut tout à fait, sans problème, se passer de l'Homme !

Dédé, Posté
La honte ! Honte sur les "protecteurs de la nature" à la Réunion. Qu'est ce qu'ils croient ces "êtres" qui prennent sois disant les "bonnes décisions", qu'ils sont plus fort que la nature ? Ces créatures extraordinaires que nous côtoyons, plus adaptés que nous à l'environnement, qui nous on précédé dans la chaîne de l'évolution, qui nous survivrons et qui vous survivrons bandes de "rampants sans cervelle" qui ne voyez que les intérêts mesquins de l'argent, de l'image du paraitre et du "y a qu'a, faut qu'on". Admirez plutôt ce qui vous entoure que de redouter ce que vous ignorez, car vous avez peur ! je suis en colère et nous devons être en colère ! Combien de temps considérera t-on que nous sommes partout chez nous ? Pourquoi devons nous tout salir, tuer, massacrer, pour paraitre fort, chef de notre tribut, ou de notre clan ou maire de notre village. Ce n'est pas ça l'autorité ! Tremblez cette fois car la nature ne laissera pas ce nouveau massacre impuni !