Forêt de Bélouve - Deux personnes décédées dans un crash d'ULM :

L'appareil s'est écrasé contre la falaise


Publié / Actualisé
Douleur et émotion chez Félix ULM ce mardi 17 septembre 2013. Le matin même un ultra-léger motorisé de la compagnie s'est écrasé dans le secteur du Piton Mazerin, dans la forêt de Bélouve. Le pilote, Pierre Capdordy, qui avait plusieurs milliers d'heures de vol à son actif, et sa passagère, une touriste d'une trentaine d'années, originaire de Paris, sont décédés. "C'est véritablement un très sale coup, je suis effondré", déclare Gérard Breysse, patron de Félix ULM. L'appareil se serait écrasé sur la falaise à la suite d'un violent courant d'air. La brigade de gendarmerie des transports aériens a ouvert une enquête pour déterminer les conditions exactes qui ont conduit au crash. (Photo en médaillon - Pierre Capdordy, le pilote de l'ULM)
Douleur et émotion chez Félix ULM ce mardi 17 septembre 2013. Le matin même un ultra-léger motorisé de la compagnie s'est écrasé dans le secteur du Piton Mazerin, dans la forêt de Bélouve. Le pilote, Pierre Capdordy, qui avait plusieurs milliers d'heures de vol à son actif, et sa passagère, une touriste d'une trentaine d'années, originaire de Paris, sont décédés. "C'est véritablement un très sale coup, je suis effondré", déclare Gérard Breysse, patron de Félix ULM. L'appareil se serait écrasé sur la falaise à la suite d'un violent courant d'air. La brigade de gendarmerie des transports aériens a ouvert une enquête pour déterminer les conditions exactes qui ont conduit au crash. (Photo en médaillon - Pierre Capdordy, le pilote de l'ULM)

"C’est horrible, je n'ai jamais vécu un tel drame en 28 ans d'exercice", lâche très ému Gérard Breysse, quelques heures après le crash. Il raconte: "l’ULM de type RANS S7 avait décollé de Cambaie vers 7 heures 30 ce matin. À bord il y avait le pilote, Pierre Capdordy, et une touriste d’une trentaine d’années, originaire de Paris". Le circuit prévoyait de survoler les trois cirques et devait durer une heure.

"10 minutes avant, le même appareil, piloté par Guy Mangani, avait quitté la base avec le compagnon de la touriste. Les deux pilotes sont restés en contact par radio. À un moment, Guy a changé d’itinéraire", explique le patron de Félix ULM. "Il y avait beaucoup de turbulences, j’ai préféré dévier de la route habituelle. J’ai pris alors un autre chemin, mais il était convenu avec Pierre que l'on se retrouve au volcan. Ma radio étant bruyante, je l’ai baissé. Le geste est habituel", commente Guy Mangani.

Arrivé au point de rendez-vous, le pilote rapporte ne pas avoir vu l’appareil de Pierre Capdordy. "Je l’ai contacté mais il ne m'a pas répondu. Je ne me suis pas inquiété . Pierre avait très bien pu baisser sa radio pour pouvoir discuter avec sa passagère. Je suis donc rentré", relate-t-il. "Pierre n'était toujours pas là 5 minutes après moi, mais c'était normal puisqu'il était parti après moi. A ce moment là, il n'y avait aucune raison de s'alarmer", dit-il encore.

Mais un quart d’heure après l’arrivée du premier appareil, Gérard Breysse commence à s’inquiéter très sérieusement. "Il avait du retard et ne répondait pas aux appels radio. Pierre n’est ni un farfelu, ni un risque tout. Je me suis dit "si dans cinq minutes il n’est pas là, j’appelle l’aviation civile et le PGHM (peloton de gendarmerie de haute montagne (ndlr)", et c'est ce que j'ai fait" déclare-t-il.

La procédure d'alerte et de secours est alors immédiatement déclenchée. Le plan SATER (sauvetage aéro-terrestre) est activé. Une reconnaissance aérienne est effectuée par la section aérienne de la gendarmerie. Le plafond nuageux ne permettant pas a localisation de l’appareil par voie aérienne, une reconnaissance terrestre est engagée par les militaires du PGHM. Ce sont eux, qui une heure et demie après l'alerte, découvriront l'appareil désarticulé au Piton Mazerin, juste après le Trou de Fer.

Malgré l’intervention des secours, Pierre Capdordy et sa passagère n'ont pas survécu au crash. Les deux corps ont été hélitreuillés. Très choqué, le compagnon de la passagère a été transporté aux urgences de l'hôpital Gabriel Martin à Saint-Paul.

Sur les circonstances du drame, Gérard Breysse n'a aucune certitude pour le moment. Il tente une explication."Pierre ne répondait pas à la radio. Cela veut peut-être dire que, pris dans les nuages, il n'a pas vu la falaise et qu'il a tapé dans la montagne. Ce n'est qu'une suppostion. Il faut attendre les résultats de l'enquête" souligne Gérard Breysse.

"L’enquête déterminera en effet ce qui s’est passé mais aucune  hypothèse n'est à exclure" estime Guy Mangani. Il évoque la piste du rabattant, "un courant d’air violent qui a rabattu la machine sur la falaise". Le pilote souligne ensuite qu'un accident d'une telle gravité est "exceptionnel "car même lorsqu'il y a une perte puissante "tous les pilotes d'ULM sont entrainés à se poser en douceur et Pierre est un excellent pilote", note-t-il. Il poursuit : "ce matin, il est vrai qu’il y avait du vent, des turbulences et des nuages mais les conditions étaient bonnes. Surtout, pour un pilote expérimenté comme Pierre".

Rappelons que Pierre Capdordy, était instructeur stagiaire et avait plusieurs milliers d'heures de vol à son actif. Marié et père de deux enfants, il habitait Saint-Paul. Il avait commencé en tant que mécanicien chez Félix ULM. "Il avait ensuite décidé de se perfectionner. Il a beaucoup travaillé, il a décroché ses examens et il a réussi à obtenir un poste de mécancien au sein d'Air Austral", déclare Gérard Breysse. Pierre Capdordy était également un sportif accompli. Il devait prendre le départ du prochain Grand raid.

Une enquête a été ouverte pour déterminer les conditions exactes qui ont conduit au crash. Elle a été confiée à la brigade de gendarmerie des transports aériens.

Le dernier crash d'ULM remonte au 10 août 2013 sur le site de la Glacière dans le massif du Maïdo. Deux personnes étaient à bord. Il n'y a pas eu de victimes.

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