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La "variole du singe", une maladie le plus souvent bénigne


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La variole du singe, dont plusieurs cas ont été détectés en Europe et en Amérique du Nord, est une maladie rare originaire d'Afrique, dont on guérit en général spontanément. Proche de la variole, elle est toutefois à ce jour considérée comme beaucoup moins grave et moins contagieuse.
La variole du singe, dont plusieurs cas ont été détectés en Europe et en Amérique du Nord, est une maladie rare originaire d'Afrique, dont on guérit en général spontanément. Proche de la variole, elle est toutefois à ce jour considérée comme beaucoup moins grave et moins contagieuse.

La variole du singe ("monkeypox" en anglais) ou "orthopoxvirose simienne" est une maladie rare dont le pathogène peut être transmis de l'animal à l'humain et inversement. Plusieurs cas ont été signalés très récemment en Europe et aux Etats-Unis. Un premier cas confirmé de variole du singe a été détecté en Ile-de-France, ont annoncé le 20 mai les autorités sanitaires.

Il s'agit d’un homme de 29 ans sans antécédent de voyage dans un pays où circule le virus, ont précisé la Direction générale de la Santé et Santé publique France. Dès la suspicion de son infection, cette personne a été prise en charge et, en l’absence de gravité, est isolée à son domicile. Une enquête épidémiologique approfondie est mise en œuvre et les personnes ayant été en contact étroit avec ce patient sont en cours de recensement.

Quand le virus gagne l'être humain, c'est principalement à partir de divers animaux sauvages, rongeurs ou primates par exemple. La transmission d'un humain à l'autre est limitée, explique l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) dans un article daté de 2018.

L'incubation peut en général aller de 5 à 21 jours.

Ses symptômes ressemblent, en moins grave, à ceux que l'on observait dans le passé chez les sujets atteints de variole ("smallpox" en anglais) fièvre, maux de tête, douleurs musculaires, dorsales, au cours des cinq premiers jours.

Puis apparaissent des éruptions cutanées (sur le visage, la paume des mains, la plante des pieds), des lésions, des pustules et enfin des croûtes. A noter que ce type d'éruption "se différencie de celle de la varicelle (peu fréquente chez l'adulte). Pour la varicelle, l'éruption évolue en plusieurs poussées. Les paumes des mains et les plantes des pieds sont épargnées", comme rappelé dans cette note de la Direction générale de la Santé du 19 mai 2022.

A noter que la variole, elle, est considérée comme éradiquée depuis 1979 (décision officialisée par l'OMS l'année suivante), grâce à la vaccination.

La variole du singe a été identifiée pour la première fois chez l’homme en 1970 en République démocratique du Congo (ex-Zaïre) chez un garçon de 9 ans vivant dans une région d’où la variole avait été éliminée depuis 1968. Depuis 1970, des cas humains d'orthopoxvirose simienne ont été signalés dans 10 pays africains.

Au printemps 2003, des cas ont aussi été confirmés aux États-Unis, marquant ainsi la première apparition de cette maladie en dehors du continent africain.

Le siège de l'OMS à Genève en 2021 ( AFP / FABRICE COFFRINI)

Comment se transmet-elle ?

L'infection des cas initiaux résulte d'un contact direct avec du sang, des liquides biologiques ou des lésions cutanées ou muqueuses d'animaux infectés.

La transmission secondaire, c'est-à-dire interhumaine, peut résulter de contacts étroits avec des sécrétions infectées des voies respiratoires, des lésions cutanées d'un sujet infecté ou d'objets récemment contaminés par des liquides biologiques ou des matières provenant des lésions d'un patient.

Le 17 mai 2022, l'OMS a indiqué s'intéresser de près au fait que certains des cas au Royaume-Uni semblent avoir été transmis au sein de la communauté homosexuelle. Mais comme le rappelle l'agence sanitaire britannique UKHSA, "la variole du singe n'a jamais été précédemment décrite comme une infection sexuellement transmissible".

Quelle gravité ?

La variole du singe guérit en général spontanément et les symptômes durent de 14 à 21 jours. Les cas graves se produisent plus fréquemment chez les enfants et sont liés à l'ampleur de l’exposition au virus, à l'état de santé du patient et à la gravité des complications.

Selon les épidémies, le taux de létalité (nombre de décès par rapport au nombre de personnes infectées) a pu varier énormément mais il est resté inférieur à 10% dans tous les cas documentés, principalement chez les jeunes enfants.

Dans les pays où la maladie a été repérée récemment, les autorités se veulent globalement rassurantes, soulignant ainsi par exemple en Espagne au Portugal ou au Royaume-Uni que la maladie est peu contagieuse entre humains.

Au 20 mai 2022, "à ce stade, les cas rapportés sont majoritairement bénins, et il n’y a pas de décès signalé", souligne selon le ministère français de la Santé.

Existe-t-il un traitement ?

Il n’existe pas de traitements ou de vaccins spécifiques contre l'orthopoxvirose simienne, mais on peut endiguer les flambées, explique encore l'OMS. Il a été prouvé dans le passé que la vaccination antivariolique avait une efficacité de 85% pour la prévention de l'orthopoxvirose simienne mais le vaccin n'est plus disponible pour le grand public après l'arrêt de sa fabrication suite à l'éradication mondiale de la variole.



Isabelle TOURNÉ, Julie Charpentrat, AFP France
   

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