La délinquance en col blanc serait dans le viseur de la justice :

Pas de répit pour (presque) tous les élus


Publié / Actualisé
Les récentes condamnations d'Olivier Rivière, maire du Saint-Philippe, et de Marie-Paule Balaya, vice-présidente au Département, et le placement en garde à vue d'Olivier Hoarau, maire du Port, ce mardi 2 février, démontrent que la justice veut saisir pleinement la question de ce qu'on appelle la "délinquance en col blanc". S'il est essentiel de punir ceux dont la culpabilité est avérée, il est aussi primordial de faire preuve d'équilibre et d'équité en traitant tous les élus soupçonnés de la même manière. Sur ce point, la justice semble parfois oublier la balance.
Les récentes condamnations d'Olivier Rivière, maire du Saint-Philippe, et de Marie-Paule Balaya, vice-présidente au Département, et le placement en garde à vue d'Olivier Hoarau, maire du Port, ce mardi 2 février, démontrent que la justice veut saisir pleinement la question de ce qu'on appelle la "délinquance en col blanc". S'il est essentiel de punir ceux dont la culpabilité est avérée, il est aussi primordial de faire preuve d'équilibre et d'équité en traitant tous les élus soupçonnés de la même manière. Sur ce point, la justice semble parfois oublier la balance.

En septembre 2018, à l’occasion de la visite à La Réunion de la patronne du Parquet National Financier, Eliane Houlette, la justice promettait une traque de la "délinquance en col blanc", promettant que les choses allaient bouger rapidement et que des condamnations allaient tomber.

Si les choses ont pris du temps à démarrer avec une année 2019 plutôt calme, marquée notamment par la condamnation en appel d’Alain Armand condamné à 10 ans d'inéligibilité et une interdiction d'occuper un poste dans la fonction publique de 5 ans pour prise illégale d'intérêt en tant que président de la Sodiac. Il y a eu également des perquisitions dans la direction du bâtiment de la Région pour une suspicion de procédures irrégulières liées aux marchés des établissements scolaires. Les choses se sont accélérées en 2020.

Lire aussi : Cour d'appel : Alain Armand condamné à dix ans d'inégibilité pour prise illégale d'intérêts

Gilbert Annette avait été entendu au tribunal de Champ-Fleuri pour une affaire vieille de 10 ans, la brigade financière avait perquisitionné la mairie de Bras-Panon pour des soupçons de favoritisme et de détournements de fonds de la part d’un agent

Cyrille Hamilcaro avait quant à lui été entendu par les gendarmes dans une affaire de détournement supposé d’un fichier du personnel communal.

D’autres élus avaient rendez-vous avec la justice. Jean-Paul Virapoullé était ainsi relaxé des soupçons de prise illégale d’intérêts dans l’affaire du terrain Moutien.  Nassimah Dindar, qui devait passer devant le tribunal correctionnel en juillet dernier pour des soupçons de prise illégale d’intérêts dans l’affaire du SDIS a vu son procès renvoyé à mars 2021.

Olivier Rivière et Marie-Paule Balaya ont également eu affaire à la justice, pour, respectivement, des faits de prise illégale d’intérêts et de concussion. Après une condamnation lourde en première instance, les réquisitions en appel s’avèrent encore plus lourde. Le délibéré aura lieu en mars prochain.

Lire aussi : Trois ans d'inéligibilié et 12 mois de prison avec sursis requis contre Olivier Rivière

En ce début d’année, le maire du Port refait parler de lui avec cette fois un placement en garde à vue dans le cadre de cette affaire, c’était ce mardi 2 février 2021. Le maire du Port n’a pas été convoqué, mais interpellé à son domicile et conduit au commissariat Malartic, à Saint-Denis. Alors qu’habituellement les personnalités, compte tenu de leur fonction, sont placées dans des salles isolées en attendant d’être entendues, Olivier Hoarau a quant à lui été placé sur le banc des gardes à vue, aux cotés de personnes menottées, dans un lieu de passage du commissariat.

Lire aussi : Le maire du Port Olivier Hoarau placé en garde à vue

Ce traitement tranche radicalement avec celui dont bénéficie certains élus. On peut citer par exemple le président de Région, Didier Robert, qui est lui aussi touché par les " affaires ". Il est d’ailleurs convoqué devant le tribunal correctionnel le 9 avril prochain dans le cadre de l’affaire dite des Musées Régionaux pour laquelle il lui est reproché une demi-douzaine de griefs.

Lire aussi : Affaire des musées régionaux : Didier Robert a quitté la gendarmerie après sept heures d'audition

Mais avant d’être convoqué devant le tribunal, le président de Région a logiquement été entendu par les gendarmes. Mais contrairement à Olivier Hoarau, ce dernier a toujours été entendu en tant que témoin. Il n’a pas non plus été interpellé, mais convoqué, à un jour et un lieu précis. Lieu où il était attendu par un gendarme pour l’accueillir. Et même lieu qu’il quittait, accompagné par un gendarme.

Il n’est pas question de critiquer le traitement qui a été réservé à l’élu portois. Il s’agit simplement de dire que lorsqu’on est soupçonné de certains faits et qu’on fait l’objet d’une enquête, chacun doit avoir le même traitement, qu’il soit élu ou non.

C'est beaucoup mieux pour l'image d'impartialité que veut se donner la justice.

www.ipreunion.om / [email protected]

   

8 Commentaire(s)

Cohérence ?, Posté
ImazPress, le traitement en garde à vue d'Olivier HOARAU n'est clairement pas digne de celui d'un élu (j'ai un respect pour la fonction mais à la limite c'est pas le sujet, il s'agit des interactions que cela peut entrainer, positives ou négatives, et il vaut mieux les éviter).Cependant, est-ce que le fait d'être cueilli chez lui par les gendarme n'est pas plutÃ't la conséquence des fortes preuves qui ont été découvertes, du retournement de veste d'un témoin clé après avoir consulté un proche du Maire et donc la possibilité que chaque minute passée peut potentiellement être une occasion d'accorder les versions avant de s'exprimer devant les enquêteurs ? Dans cette affaire précise le fait de prendre les réactions à chaud semble avoir son importance. Il serait bon d'aller au bout de la réflexion quitte à vouloir défendre certaines causes.Pour autant je suis déçu par Olivier HOARAU. De grands espoirs régionaux étaient placés en lui à long terme. Alors que là, sur le fond et sur la forme, c'est vraiment pas brillant...
Zébus, Posté
La justice Bon Dieu lé le plus dur, i fé compte à vous étoiles en quantité Imazpress.
Commerçant dionysien, Posté
Heureusement que vous mettrez le Â" presque Â" imazpressreunion. Que ne ferait - on pas pour rester sur ce gros fauteuil ? Life is short
THOR, Posté
Çà lé bon ! mais cela concerne-t-il les élus soutien de la macronie ? j'en doute !
Confiance, Posté
Peut on.dire qu' on a.confiance en.la.justice et qu'en.avril la.justice punira sévèrement..... ? On.verra bien !
Aa, Posté
Si vous commentez. Laissez pour une fois la justice locale faire son boulot. Cela veut dire que de lourds soupçons pesent sur lui
Serge, Posté
Tout à fait, et si la justice ne s'occupe pas de son cas, nous, population, nous nous occuperont à l'enlever de la pyramide inversée. En avril toute la presse sera braquée sur lui même la presse nationale que nous avons informé.... gilets jaunes et population ne feront qu'un en avril
Presque, Posté
" Pour PRESQUE tous les élus " Certain disposerait d'un traitement de faveur ?