Sécurité sociale à La Réunion :

Indemnisations maternité : de nombreux retards de paiements signalés


Publié / Actualisé
En période de congé maternité, de nombreuses femmes enceintes ont alerté des retards de paiement de leurs indemnités. La caisse générale de la sécurité sociale (CGSS) de La Réunion est responsable du traitement des dossiers et du paiement des indemnités journalières dues aux femmes ayant travaillé au moins 150 heures au cours des trois mois qui ont précédé leur grossesse. Selon les témoignages des femmes que nous avons reçus, ces retards de paiements ont conduit à des situations financières particulièrement précaires. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
En période de congé maternité, de nombreuses femmes enceintes ont alerté des retards de paiement de leurs indemnités. La caisse générale de la sécurité sociale (CGSS) de La Réunion est responsable du traitement des dossiers et du paiement des indemnités journalières dues aux femmes ayant travaillé au moins 150 heures au cours des trois mois qui ont précédé leur grossesse. Selon les témoignages des femmes que nous avons reçus, ces retards de paiements ont conduit à des situations financières particulièrement précaires. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Elles sont enceintes et doivent se battre pour toucher leurs indemnités. C'est la réalité de nombreuses femmes à La Réunion qui réclament leurs droits auprès de la CGSS. Nelly (*), jeune femme de 29 ans, qui attendait son premier enfant, a réclamé pendant près de trois mois, par mail et par téléphone ses indemnités dues. En vain. Après avoir cumulé les dettes et sans solution pour régler ses impayés, Nelly s'est rendue directement à sa caisse de sécurité sociale avec son bébé alors âgé de moins de 15 jours. "Ça s'est passé courant 2019. J'ai dû faire une énième réclamation et menacer de ne pas quitter les lieux tant qu'une solution ne serait pas trouvée ''. La jeune femme a finalement perçu ses indemnités à l'issue de cette confrontation avec la CGSS.

Dans le cadre d'une grossesse, le congé maternité suspend le contrat de travail et permet aux femmes de cesser leur activité en continuant de toucher leur rémunération. Les femmes éligibles aux congés maternité doivent recevoir leurs indemnités tous les 14 jours. Pour les femmes attendant leur premier ou deuxième enfant, la durée des congés est de 16 semaines (6 semaines prénatales et 11 semaines post-natales). A partir du troisième enfant, ce congé passe à 26 semaines (8 semaines prénatales et 18 semaines post-natales).

Le versement des indemnités peut se faire par le biais de l'employeur qui continue de verser un salaire à son employée. Mais force est de constater que les problèmes de paiement les plus récurrents interviennent lorsque la CGSS indemnise directement les salariées en congés maternité. Contactée par Imaz Press, la sécu donne peu de détails mais assure que les retards de versement adviennent lorsque "des pièces manquent aux dossiers". La CGSS assure que tout est rapidement régularisé dès réception des pièces en question.

Ce n'est pourtant pas ce que rapportent des mères à La Réunion, qui affirment avoir attendu des semaines avant de recevoir leur paiement. Sur le groupe Facebook Mamans 974, de nombreux témoignages de femmes soulignent des dysfonctionnements concernant notamment le "manque de communication" de la CGSS et "des traitements de dossiers interminables". Si pour certains, le versement des indemnités peut être rapidement régularisé, d'autres cas plus problématiques poussent certaines mamans dans des situations terriblement précaires, sans aucun revenu mensuel.

- 800 euros de frais bancaires cumulés -

Les cas de jeunes mères en situation précarité sont nombreux à La Réunion où les femmes âgées entre 25 et 29 ans sont nettement moins en emploi (42%) que les hommes de la même tranche d'âge (55%) selon une étude de l'Insee parue en 2019 sur les mères isolées. Et le fossé reste grand entre la Métropole et La Réunion où le niveau de vie mensuel médian d'une famille monoparentale avec une femme à sa tête s'élève à 910 euros.

L'engagement salarial n'apporte pas plus de garantie d'indemnités aux femmes en période de grossesse. Corinne (*), 31 ans, salariée depuis plus de trois ans, a constaté très rapidement des retards de versement de ses indemnités. Obligée de relancer sans cesse la CGSS, elle n'a pu recevoir ses paiements qu'avec plusieurs jours de retard. "A chaque fois que je finissais une conversation avec la Sécurité sociale, on finissait par me souhaiter bon courage".

Une situation qui n'a finalement jamais été résolue. Tout comme Nelly, Corinne s'est retrouvée en difficulté dans ses dépenses quotidiennes. Malgré le soutien financier de son conjoint, elle a cumulé près de 800 euros de frais bancaires. Une somme que la CGSS n'a pu lui rétribuer. Face à ces affirmations, la sécu déclare "traiter les dossiers le plus rapidement possible" et affirme d'ailleurs que "la gestion à La Réunion est meilleure qu'en Métropole".

Dans le cas de Nelly, il s'agissait d'une première grossesse. Celle-ci concède que ''ce n'est pas comme ça qu'[elle] avait imaginé la vivre" : "parce que oui, la CGSS a fini par payer, mais elle n'a payé que mes indemnités... qui va régler les frais bancaires et autre frais afférents que j'ai accumulé ?" s'interroge la jeune maman.

ha/www.ipreunion.com / [email protected]

(*) Les prénoms ont été changés pour garantir l'anonymat des personnes

   

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