[LIVE] Son attaché de presse Bruno Jacquelin jugé pour complicité :

25.000 euros d'amende requis contre Brigitte Bardot pour injures raciales


Publié / Actualisé
Brigitte Bardot, 85 ans, est jugée ce jeudi 7 octobre 2021pour "injures raciales", au tribunal judiciare de Saint-Denis. En mars 2019, l'ex-actrice et créatrice de la fondation éponyme de protection des animaux avait adressé une lettre ouverte à Amaury de Saint-Quentin, alors préfet de La Réunion Dans ce courrier elle qualifiait les Réunionnais d'"autochtones qui ont gardé leurs gènes de sauvages", avec des "réminiscences de cannibalisme". La ministre des Outre-mer de l'époque Annick Girardin, le député Jean-Hugues Ratenon (LFI), la ligue des droits de l'Homme et plusieurs autres associations ont porté plainte contre l'ex actrice. Elle encourt un an de prison et 45.000 euros d'amende. 25.000 euros ont été requis à son encontre. Son attaché de presse Bruno Jacquelin est également poursuivi pour avoir envoyé la lettre aux médias. Suivez notre live
Brigitte Bardot, 85 ans, est jugée ce jeudi 7 octobre 2021pour "injures raciales", au tribunal judiciare de Saint-Denis. En mars 2019, l'ex-actrice et créatrice de la fondation éponyme de protection des animaux avait adressé une lettre ouverte à Amaury de Saint-Quentin, alors préfet de La Réunion Dans ce courrier elle qualifiait les Réunionnais d'"autochtones qui ont gardé leurs gènes de sauvages", avec des "réminiscences de cannibalisme". La ministre des Outre-mer de l'époque Annick Girardin, le député Jean-Hugues Ratenon (LFI), la ligue des droits de l'Homme et plusieurs autres associations ont porté plainte contre l'ex actrice. Elle encourt un an de prison et 45.000 euros d'amende. 25.000 euros ont été requis à son encontre. Son attaché de presse Bruno Jacquelin est également poursuivi pour avoir envoyé la lettre aux médias. Suivez notre live
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    C'est la fin de ce live, merci de l'avoir suivi

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    La décision du tribunal sera rendue le 4 novembre prochain

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    La détresse animale, "c'est une réalité à La Réunion" affirme l'avocate de Brigitte Bardot

    Me Moissonnier, qui représente Brigitte Bardot et Bruno Jacquelin, prend la parole. Elle estime que l'ampleur qu'a pris l'affaire depuis la publication de cette lettre "n'est pas justifiée".

    Elle insiste sur le fait que la lettre ouverte n'a pas été adressée à tous les médias, et n'a pas été diffusée par tous les médias.

    Concernant les renvois, elle indique qu'une demande a été faite par les avocats "parce qu'il y avait encore la crise Covid, les avocats n'étaient vaccinés, c'était très compliqué de venir à La Réunion".

    "Depuis 2010, Brigitte Bardot ne plus dans un tribunal lorsqu'elle est convoquée" explique Me Moissonnier pour justifier l'absence de Brigitte Bardot. Sur ses anciennes condamnations, "elle a toujours payé ses amendes" indique l'avocate.

    Brigitte Bardot a déjà écrit au préfet dans le passé, il ne s'agit pas d'une nouveauté, insiste Me Moissonnier. D'autres lettres, pour dénoncer aussi la "maltraitance animale". "A-t-elle été condamné pour ces lettres ? Non."

    La défense des animaux, "c'est sa vie Brigitte Bardot". La détresse animale "c'est une réalité à La Réunion" affirme-t-elle.

    L'avocate lit ensemble les excuses formulées par Brigitte Bardot. "Celle-là elle l'a envoyée, cette lettre-là. Tout le monde ne l'a pas publiée !"

    Quant à Bruno Jacquelin et l'envoi de son courrier à des médias, la lettre bien qu'ouverte ne doit pas forcément être publiée, "ça ne justifie pas l'injure publique, l'élément de publicité fait défaut" insiste-t-elle.

    Me Moissonnier demande la relaxe de Brigitte Bardot et celle de Bruno Jacquelin. Elle qualifie la Fondation Brigitte Bardot de "lanceuse d'alerte" vis-à-vis de la détresse animale. "Le pire des criminels ne mérite pas les mots employés tout à l'heure à l'encontre de Brigitte Bardot. Aujourd'hui quand j'entends les sommes réclamées mais on se moque du monde."

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    25.000 euros requis à l'encontre de Brigitte Bardot

    La procureure Bérengère Prud'homme prend la parole. Une lettre ouverte est faite pour être diffusée au plus grand nombre de personnes. On trouve dans ce courrier des injures, répétées. Une lettre d'autant plus blessante à La Réunion, où l'on prône le vivre ensemble.

    L'argument mis en avant "est l'émotion". "Ce n'est évidemment pas un élément recevable. Une injure est raciale est quelque chose d'inadmissible, quelque soit son contexte, d'autant plus venant de quelqu'un qui utilise sa notoriété pour faire passer une cause. Les paroles de madame Bardot sont injurieuses, blessantes. Ce n'est absolument pas quelque chose qui peut être toléré.

    Elle rappelle que les poursuites visent également monsieur Jacquelin, "lorsqu'il a été entendu, il a pesé ses mots en disant qu'il l'avait envoyé à un groupe de médias, mais il ne s'agit pas d'un groupe mais d'une liste de correspondants de l'île de La Réunion. L'objectif est donc de faire connaître au plus grand nombre le contenu de la lettre en question, de la diffuser". Les faits de complicité

    La procureure demande de les reconnaître coupables. Pour Brigitte Bardot, elle réclame 25.000 euros d'amende, et la diffusion de la décision dans les médias. Pour Bruno Jacquelin elle réclame 5.000 euros d'amende.

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    Madame Bardot est "inculte, ignare, c'est de la bêtise"

    Me Alex Vardin prend la parole. Il représente la Fédération des associations et groupements religieux hindous et culturels tamouls de La Réunion, et le député Jean-Hugues Ratenon.

    L'absence de Brigitte Bardot, Bruno Jacquelin, tout comme celle des confrères parisiens, "c'est du mépris total, également des avocats" déplore-t-il. "On a eu une perte de temps, un an ! C'est du n'importe quoi !" s'exclame-t-il faisant référence aux multiples renvois du procès.

    Il anticipe lui aussi l'argument suivant : l'injure n'est pas publique, "mais ça a été communiqué". "Qu'on nous appelle l'île du diable, rien ne justifie ça. Cette dame est totalement irrespectueuse."

    Il insiste sur "la préméditation, c'est une lettre ouverte pour faire du mal. Il y a six condamnations !" Il liste les autres affaires pour lesquelles Brigitte Bardot a été jugée, pour provocation à la discrimination ou diffamation. "Quand on est intelligent, on réfléchit à ce qu'on écrit, là c'est de la bêtise ! Elle est inculte, ignare, il faut le dire. Elle parle de réminiscences de cannibalisme, là ce sont des réminiscences de pensée colonialiste ! On est en 2021 ça suffit."

    Il réclame 30.000 euros de dommages et intérêts pour la fédération et pour Jean-Hugues Ratenon, et 2.000 euros au titre du code pénal.

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    "C'est à cause de gens comme madame Bardot que nous existons"

    Me Philippe Pressecq prend parole. Il représente la Licra, le Mrap et SOS Racisme.

    Il s'agit d'une affaire tristement banale, déplore l'avocat, au vu de la fréquence de ce type d'événements. Il insiste sur le caractère "public" de cette injure : "une lettre ouverte est destinée à être lue".

    "On reste saisi devant cette avalanche d'injures" ajoute-t-il. "Il s'agit d'une injure, adressée à un groupe déterminé, et une injure aggravée, car elle amène à qualifier un groupe de personnes ainsi c'est une injure aggravée." Me Pressecq ajoute au nom des parties civiles qu'il représente : "je voudrais tant que nous n'existions plus, car si nous sommes là c'est à cause de gens comme madame Bardot".

    Me Pressecq réclame 30.000 euros par association.

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    Des déclarations d'un racisme "évident" selon Me Fabrice Saubert

    L'avocat de la Ligue des droits de l'homme, Me Fabrice Saubert déplore l'absence de ses confrères parisiens. Les avocats de Brigitte Bardot et de Bruno Jacquelin sont en effet absents et représentés par une seule avocate.

    Il rappelle que "cette dame n'en est pas à sa première condamnation pour injure raciale".

    Il revient sur les propos tenus par Brigitte Bardot : "autochtones aux gènes de sauvages". "Sont visés les Réunionnais de souche en quelque sorte". Le terme sauvage "marque une forme de frontière entre l'humanité et l'animalité, l'auteure a sans doute souhaité faire allusion à l'époque coloniale, avec cette idée d'éduquer le sauvage". Un propos raciste appuyé par une frontière avec "la loi française faite pour être respectée" dans cette lettre, qui elle semble présentée comme symbole de civilisation.

    "Il y a bien une attitude d'hostilité répétée" ajoute l'avocat. Il s'attache à l'expression suivante : "réminiscences de cannibalisme des siècles passés". "Il s'agit là du point de vue des droits de l'homme d'un propos profondément raciste." Or il le rappelle, "outre du fait du racisme, il y a une profonde ignorance de l'histoire de La Réunion".

    "Population dégénérée", "traditions barbares qui sont leur souche" : l'avocat appuie sur les autres termes incriminés, "là encore assimilés à une absence d'humanité, on est là de manière assez évidente dans un propos injurieux, raciste".

    Me Saubert fustige les justifications de Brigitte Bardot qui aurait écrit "sous le coup de l'émotion". "Je suis navré mais je ne vois pas en quoi savoir qu'il y a de la maltraitance animale puisse entraîner une telle réaction". "Le racisme n'est pas une opinion, c'est un délit" appuie-t-il.

    Au titre du code pénal, Me Saubert réclame 1 euro symbolique de dommages et intérêts et la somme de 2.000 euros au nom du code pénal.

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    La liste des parties civiles

    Au niveau des parties civiles, sont représentés la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme), le Mrap (mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) et SOS Racisme, représentés par Me Philippe Pressecq.

    Figurent également la Fédération des associations et groupements religieux hindous et culturels tamouls de La Réunion, représentée par Me Alex Vardin, qui représente aussi le député Jean-Hugues Ratenon.

    La ligue des droits de l'homme est également constituée partie civile, représentée par Me Fabrice Saubert.

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    Le rappel des faits reprochés

    Il est reproché à Brigitte Bardot d'avoir transmis un courriel à plusieurs médias contenant une lettre ouverte destinée au préfet. Celle-ci comporte "des expression outrageantes". Pour rappel, la star des sixies avait déclaré : "J’ai honte de cette île, de la sauvagerie qui y règne encore, (...) des chiens, des chats pris pour cible par une population dégénérée encore imprégnée des coutumes ancestrales, des traditions barbares qui sont leurs souches".

    Bruno Jacquelin est accusé d'avoir envoyé cette lettre à deux médias de l'île.

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    Le procès commence

    Brigitte Bardot est jugée pour injure publique et Bruno Jacquelin pour complicité

    Brigitte Bardot, qui devait être représentée par Me François-Xavier Kelidjan est finalement représentée par Me Catherine Moissonnier, son confrère étant absent. Bruno Jacquelin, qui devait être représenté par Me Aurélien Boulanger est lui aussi representé finalement par Me Moissonnier. L'avocate représente donc les deux mis en cause.

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    Bruno Jacquelin, attaché de presse de Brigitte Bardot, également poursuivi

    L'attaché de presse de Brigitte Bardot, Bruno Jacquelin, est également poursuivi pour avoir transmis la lettre de sa patronne à sa liste médias. A l'instruction, il a estimé qu'il aurait dû refuser d'envoyer cette lettre à la presse.

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    Bonjour, nous ouvrons ce live pour suivre le procès de Brigitte Bardot

A propos

Dans cette lettre adressée au préfet de La Réunion en mars 2019, l'octogénaire s'élevait contre la "barbarie" des Réunionnais.e.s envers les animaux. "Monsieur le Préfet, (...) Cette île qu’ils appellent "l’île du diable" est la seule parmi tous les départements et territoires d’outre-mer français qui continue à se conduire aussi sauvagement avec les animaux" écrivait aussi l'ancienne star

"J’ai honte de cette île, de la sauvagerie qui y règne encore, des risques que prennent les êtres humains qui tentent au péril de leurs vies de sauver des chiens, des chats pris pour cible par une population dégénérée encore imprégnée des coutumes ancestrales, des traditions barbares qui sont leurs souches" ajoutait-elle encore. "Vous (le préfet, ndlr) autorisez les fêtes indiennes Tamoul avec décapitations de chèvres et boucs en offrandes à leurs Dieux et dont les abats jetés à la mer attirent les requins… d’où les attaques ! Tout ça a des reminiscences de cannibalisme des siècles passés et devraient être INTERDITES" achevait-elle enfin.

Lire aussi : Maltraitance animale à La Réunion : le vrai du faux

Ce torrent d'injures raciales avait provoqué une grande indignation et les réactions ne s'étaient pas faites attendre. Annick Girardin, à l'époque ministre des Outre-mer, avait adressé une lettre ouverte  à l'ex actrice. "Le racisme n'est pas une opinion, c'est un délit" avait rappelé la minisitre. Plusieurs plaintes ont été déposées contre l'auteure de ces insultes. 

Les excuses de Brigitte Bardot n'avaient pas fait retomber l'indignation. L'auteure des propos avait tenté de justifier sa colère contre ce qu'elle estime être le "sort tragique" des animaux dans l'île. "Mon seul tort est d'avoir fustigé l'ensemble de la population en blessant ceux qui ne blessent pas les animaux. Je leur demande de me pardonner", avait écrit-elle dans un communiqué transmis à l'AFP. "On sanctionne violemment mes mots et non les actes qui les ont provoqués", avait regretté Brigitte Bardot.

Lire aussi : Attaques racistes : les critiques continuent de pleuvoir sur Brigitte Bardot

Lire aussi : Indignation après les attaques racistes de Brigitte Bardot contre les Réunionnais

- Une information judiciaire ouverte -

En avril, une information judiciaire est ouverte pour injures raciales. Le 30 avril 2019, le juge d'instruction en charge de l'affaire estime l'infraction suffisamment caractérisée pour renvoyer Brigitte Bardot devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis.

Brigitte Bardot est convoquée devant les juges une première fois le jeudi 3 septembre 2020. La citation à comparaître, qui devait être délivrée par le parquet de Paris à la mise en cause, n'ayant pas été transmise dans les temps, le procès est renvoyé au 1er  juillet 2021. En raison de l'absence d'un des avocats, l'audience est de nouveau renvoyée. C'est finalement ce jeudi 7 cotobre 2021 que l'ancienne star  sera jugée.

- Déjà plusieurs affaires pour "haine raciale" -

 L'ex-actrice a déjà été condamnée cinq fois pour incitation à la haine raciale. Elle s’en était notamment prise aux Français de confession musulmane et aux migrants en situation irrégulière.

Dès le mois de novembre 2019 d'ailleurs, elle récidive à l'encontre des Polynésiens cette fois. Brigitte Bardot publie une lettre adressée au Haut commissaire de Polynésie française où elle alerte sur la "cynophagie" (se nourrir de viande de chien, ndlr), le trafic et la consommation de viande de chien.

www.ipreunion.com / [email protected]

   

3 Commentaire(s)

Marthe, depuis son mobile , Posté
C'est pas cher payé pour avoir insulter tout un peuple .madame Bardot recommencera à nous insulter à ce tarif là .
KUNTA KINTé, Posté
" Arriv en kostim ropar en mayo " Vieillir, c'est chiant, parce qu'on ne sait pas quand ça a commencé et encore moins quand ça finira .
Missouk, Posté
Elle aura droit à un rappel à la loi, et ça va s'arrêter là. Les "stars" et les "puissants" peuvent aujourd'hui dire à peu près tout et n'importe quoi!