12 à 30 mois de prison pour dix mis en cause :

Images pédopornographiques : "un début de parcours criminel à ne pas banaliser"


Publié / Actualisé
Suite à un vaste coup de filet opéré par les parquets de Saint-Denis et Saint-Pierre, la gendarmerie et la police, 10 hommes ont été jugés en comparution immédiate ce mercredi 10 novembre 2021. Six autres le seront prochainement. Les enquêteurs ont retrouvé photos et vidéos pédopornographiques sur les ordinateurs des mis en cause. Des images "insoutenables" a insisté la procureure de Saint-Denis. Des peines de 12 à 30 mois de prison avec sursis ont été prononcées à leur encontre, avec injonctions de soins et inscription au fichier judiciaire des auteurs d'infractions sexuelles. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Suite à un vaste coup de filet opéré par les parquets de Saint-Denis et Saint-Pierre, la gendarmerie et la police, 10 hommes ont été jugés en comparution immédiate ce mercredi 10 novembre 2021. Six autres le seront prochainement. Les enquêteurs ont retrouvé photos et vidéos pédopornographiques sur les ordinateurs des mis en cause. Des images "insoutenables" a insisté la procureure de Saint-Denis. Des peines de 12 à 30 mois de prison avec sursis ont été prononcées à leur encontre, avec injonctions de soins et inscription au fichier judiciaire des auteurs d'infractions sexuelles. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Les enquêteurs ne cachent pas la dureté de leur travail lorsqu'ils ont dû examiner les images pédopornographiques détenues et téléchargées par les prévenus. "Il ne faut pas réfléchir, garder la tête froide, rester objectif. Après oui on prend un temps pour soi après avoir vu ça, avant de rentrer à la maison" nous confie l'un d'eux.

Et pour cause, les milliers de photos et vidéos saisies sur les ordinateurs des prévenus sont "insoutenables" a déclaré Véronique Denizot, procureure de Saint-Denis. "Des images qui nous heurtent, qui heurtent nos enquêteurs." Les victimes qui y apparaissent sont parfois extrêmement jeunes, "des mineurs de 2 à 16 ans". "Parfois des bébés" souffle Thierry Le Foch, chef de la sûreté départementale. Des images au-delà de l'horreur. L'un des mis en cause en détenait plus de 5.000, stockées sur son ordinateur.

- 12 à 30 mois de prison avec sursis -

C'est dans une volonté "d'action offensive" et après six mois d'enquête que les forces de l'ordre sont allées interpeller 17 personnes de façon simultanée, "une opération exceptionnelle" rappelle le général Pierre Poty, à la tête de la gendarmerie de La Réunion. L'une de ces personnes n'a finalement pas pu être incriminée. Ce sont donc 16 personnes, 16 hommes, au total qui ont été ou seront présentées devant la justice.

Trois mis en cause ont été jugés en comparution immédiate à Saint-Denis ce mercredi, et huit à Saint-Pierre. Sur ces 11 prévenus, 10 ont pu faire le déplacement, le dernier ayant vu son procès différé pour expertise psychiatrique. Les cinq autres hommes interpellés sont placés sous contrôle judiciaire, ils seront jugés en mars 2022.

Des peines allant de 12 à 30 mois de sursis ont été prononcées à leur encontre, assorties d'injonctions de soins, d'interdiction d'exercer une activité en contact avec des mineurs, et d'une inscription au fichier judiciaire des auteurs d'infractions sexuelles (FIJAIS). Alors que la détention et la diffusion d'images pédo-pornographiques peut être passible de cinq ans d'emprisonnement, les deux procureures justifient le sursis par un nécessaire départ en soins pour ces prévenus.

- Des profils très divers -

Il est impossible d'établir un profil type tant les hommes jugés ce mercredi sont différents. Âgés entre 21 et 53 ans, ils sont solitaires ou pères de famille. "Il est important de préciser que nous n'avons pas mis en évidence un réseau de partage ou de lien entre ces personnes" a précisé Caroline Calbo, procureure de Saint-Pierre. Il semble par ailleurs qu'aucune de ces images, téléchargées sur le "deep web", n'ait été tournée localement.

Aucun d'eux n'est passé à l'acte, et aucune infraction sur les enfants de l'entourage des prévenus n'a été relevée. Mais "la possession de ce genre de contenu est généralement le prélude d'un passage à l'acte" note cependant la procureure de Saint-Pierre.

Le profil de l'un des mis en cause interpelle notamment. Jugé à Saint-Denis, celui-ci avait demandé à une femme avec qui il entretenait "des relations tarifées" de lui "trouver une fille de 8 ou 9 ans pour une fellation" expliquait alors la présidente Fabienne Moulinier ce mercredi. Une volonté de passer à l'acte qui bien que non concrétisée, est "un point de bascule" dangereux a démontré le procureur. Educateur dans un foyer, le prévenu avait également créé de faux profils d'un garçon de 16-17 ans afin d'échanger avec des jeunes filles.

"Ceux qui téléchargent des contenus pédopornographiques sont dans un début de parcours criminel qui peut devenir bien plus grave, c'est déjà arrivé. Il ne faut pas le banaliser" rappelle justement le général Pierre Poty, qui assure que d'autres opérations d'envergure du même type seront reproduites dans le futur. Ce coup de filet est "une victoire", salue Thierry Le Foch, "mais la guerre n'est pas terminée".

mm/www.ipreunion.com / [email protected]

   

2 Commentaire(s)

Missouk, Posté
Ca fait vomir...
Pas de pitié , depuis son mobile , Posté
C est pour ça Qu aucun d entre eux n a pris de la prison ferme ... pour ne pas banaliser .