Cour criminelle :

Jeune Portois éborgné : le procès du policier interrompu


Publié / Actualisé
Ce lundi 2 mai 2022, le procès de Philippe Payet, le policier poursuivi pour avoir éborgné un jeune au Port en 2014 devait avoir lieu à la Cour criminelle de Saint-Denis. Mais une nouvelle fois, la Cour a remis le procès à une date ultérieure en raison de la contamination de l'un des magistrats par le Covid. (Photo d'illustration).
Ce lundi 2 mai 2022, le procès de Philippe Payet, le policier poursuivi pour avoir éborgné un jeune au Port en 2014 devait avoir lieu à la Cour criminelle de Saint-Denis. Mais une nouvelle fois, la Cour a remis le procès à une date ultérieure en raison de la contamination de l'un des magistrats par le Covid. (Photo d'illustration).

"Le procès est interrompu pour des raisons de recomposition de la Cour, l’un des magistrats ayant la Covid", explique Maître Jacques Hoarau, avocat du jeune Steeve Chafri.

Aucune date précise n’a été fixée pour la tenue du procès. "La date nous sera donnée d’ici trois jours à un mois, tout dépend de l’encombrement de la cour", indique le juriste.

Fait important et rare, en raison de cette interruption, tous les débats, auditions comprises, reprendront à zéro. "On va devoir reprendre ce procès comme s’il n’avait pas été évoqué, puis la cour n'aura pas la même compostion", rapporte l’avocat de la victime.

Dans l’attente du nouveau procès, le "contrôle judiciaire du policier n'est pas maintenu", le mise en casue "est donc libre de ses mouvements. C’est une règle de droit", explique Maître Jacques Hoarau.

Rappel des faits

Les faits reprochés au policier remontent à la nuit du 1er au 2 février 2014. Le Port est secoué depuis quelques jours par des violences urbaines.

Un équipage de la Brigade anti-criminalité (BAC) intervient dans l'une des principales artères de la ville pour disperser un groupe de jeunes. C'est à ce moment que Philippe Payet, l'un des quatre équipiers de la BAC fait usage de son P40, une arme plus puissante qu'un flash-ball.

Steeve Chafri, 16 ans au moment de faits, est touché en plein visage. Hospitalisé pendant plusieurs jours, il perd définitivement l'usage d'un œil.

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Il était alors scolarisé en 1ère scientifique. Sans histoire et bon élève, ainsi que le décrivent ses professeurs, il était inconnu de la justice.

Le jeune homme avait tout de suite affirmé qu'il était présent sur place en tant que simple badaud sans participer à la manifestation. Il avait ajouté s'être enfui, apeuré par la charge des policiers.

Philippe Payet avait expliqué avoir "tiré par reflexe" sur "une masse sombre" dans une rue sans lumière.

Philippe Muller, alors procureur de Saint-Denis, avait ensuite estimé que plusieurs éléments laissent à penser que "le fonctionnaire qui a tiré n'a pas utilisé son arme à bon escient". Il avait ouvert une information judiciaire

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L'enquête confiée à l'inspection générale des services de la police nationale (IGPN) établira que le tir a été porté à un mètre du visage de l'adolescent, une distance beaucoup trop courte pour un tir réglementaire.

Les enquêteurs détermineront aussi que les policiers ont laissé le jeune homme grièvement blessé sur place sans l'interpeller ni prévenir les secours.

Les quatre policiers de la BAC seront placés en en garde à vue et mis en examen pour violences volontaires commises en réunion et par des dépositaires de l'ordre public avec usage d'une arme ayant entraîné une mutilation. Ils avaient été mis en garde à vue. Des dizaines de policiers s'étaient alors rassemblés devant le tribunal de Saint-Denis en signe de soutien (nore photo)

Seul Philippe Payet a finalement été jugé en cour criminelle. Les trois autres policiers ont bénéficié d'un non-lieu au cours de la procédure.

Il encourt une peine de 15 ans de réclusion criminelle pour "violences volontaires avec l’usage d’une arme ayant entraîné une mutilation" et ce avec les circonstances aggravantes, les violences ayant été commises par un agent dépositaire de l’autorité publique.

ma.m/www.ipreunion.com /[email protected]

   

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