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Retraites: tous les syndicats dans la rue avant des réunions cruciales à Matignon


Publié / Actualisé
Les premiers cortèges se sont ébranlés mardi et la mobilisation contre la réforme des retraites pourrait atteindre un sommet dans la rue, à l'appel cette fois de tous les syndicats, invités dès le lendemain à Matignon pour des discussions afin de trouver le chemin d'une sortie de crise avant Noël.
Les premiers cortèges se sont ébranlés mardi et la mobilisation contre la réforme des retraites pourrait atteindre un sommet dans la rue, à l'appel cette fois de tous les syndicats, invités dès le lendemain à Matignon pour des discussions afin de trouver le chemin d'une sortie de crise avant Noël.

Trafic SNCF et RATP encore très perturbé, bouchons sur les routes, barrages filtrants, raffineries perturbées: au 13e jour de la grève illimitée contre la réforme des retraites, il est toujours aussi difficile de se déplacer.

Côté SNCF, trois TER sur dix et un TGV sur quatre circulent. A Paris, huit lignes de métro sont fermées et seulement 30% des liaisons en bus sont assurées.

De premières manifestations ont démarré dans la matinée à Clermont-Ferrand ou Verdun. "C'est un projet flou, on ne connaît pas les tenants et aboutissants", a relevé Patrice Defond, employé dans le privé, 57 ans, dans le cortège à Clermont-Ferrand. "Je suis de la génération 1973 donc pas concernée par la réforme mais je suis venue par solidarité. On va vers une paupérisation des retraites", a de son côté expliqué Elisabeth, fonctionnaire.

Selon un sondage Harris Interactive pour RTL et AEF Info, 62% des Français soutiennent le mouvement de grève, même si 69% souhaiteraient une "trêve de Noël".

- "Les Français ont besoin de se reposer" -

"Cette trêve est indispensable, les Français ont besoin de se reposer. Je suis inquiète de l'état d'exaspération et de fatigue notamment en région parisienne", a relevé sur France Inter Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, seule en charge du dossier jusqu'à la nomination d'un successeur à Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire aux Retraites, qui a démissionné lundi après des révélations sur ses activités et mandats non déclarés.

"Personne n'a envie que Noël soit perturbé: ni les grévistes ni les salariés ni les Français qui ont envie d'avoir un moment en famille. Mais le gouvernement est grandement responsable", a répondu sur France 2 le numéro un de l'Unsa, Laurent Escure.

Les compagnies aériennes ont réduit de 20% leur programme de vols au départ et à l'arrivée de l'aéroport d'Orly, à la demande de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC).

A Lyon, un blocage des entrées et sorties du port Édouard Herriot dans la matinée ont entraîné des perturbations de circulation, tandis qu'à Rennes, le réseau des lignes de bus (Star) a été perturbé en raison d'un blocage par des manifestants du dépôt de bus et de la présence de barrages filtrants sur plusieurs axes routiers. A Cherbourg des actions du même type étaient menées.

Au port de Nantes-Saint-Nazaire des mouvements de grève impactaient l'acheminement des navires et l'activité de certains terminaux. Du côté des raffineries, les expéditions étaient bloquées à Fos et perturbées à Donges, Feyzin, Grandpuits et La Mède.

En outre, des surveillants se sont rassemblés devant une dizaine de prisons, mais il n'y a pas eu de blocage.

- "CFDT plus déterminée que jamais" -

Le mouvement devrait également toucher les établissements scolaires, avec 25% de grévistes attendus dans le primaire (mais 58% à Paris), et de possibles fermetures d'écoles, selon le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer. Il attend l'équivalent de grévistes dans le second degré, mais les établissements resteront tous ouverts, selon le ministre de l'Éducation.

Les salariés du public et du privé sont attendus en nombre dans les cortèges en cette nouvelle journée interprofessionnelle de protestation contre l'instauration d'un système universel de retraites par points.

Le 5 décembre, au premier jour du conflit, 806.000 manifestants ont battu le pavé, selon le ministère de l'Intérieur, puis 339.000 il y a une semaine.

Les cortèges vont rassembler cheminots, enseignants, fonctionnaires, avocats, magistrats en grève... Mais aussi des internes, médecins et soignants mobilisés dans toute la France pour réclamer davantage de moyens pour l'hôpital.

A Paris, tous les syndicats seront présents, entre République et Nation, comme en régions.

La CGT, FO, la CFE-CGC, Solidaires et la FSU marcheront pour réclamer le retrait pur et simple du projet. Ces organisations se réuniront dans la soirée pour décider de la suite du mouvement.

- "Appuyer sur le bouton +stop+"

"J'espère qu'on sera enfin entendus, que le gouvernement va finir par comprendre qu'il faut appuyer sur le bouton +stop+", a déclaré lundi Yves Veyrier, le numéro un de FO. La porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, a déjà répondu: la réforme, "nous ne la retirerons pas".

Dans les mêmes cortèges mais derrière leurs propres banderoles, la CFDT, la CFTC et l'Unsa défileront pour améliorer le contenu du projet de fusion des 42 régimes existants en un système universel. Et surtout pour refuser l'introduction dès 2022 d'un "âge d'équilibre" qui doit atteindre 64 ans en 2027 afin de favoriser l'équilibre des comptes grâce à un dispositif de bonus-malus.

Et "s'il n'y a pas de recul", Laurent Berger a prévenu que la "CFDT reviendra plus déterminée que jamais en janvier" avec des "appels à mobilisations". Le secrétaire général a suggéré mardi une hausse des cotisations pour remplacer l'âge d'équilibre mais a immédiatement reçu une fin de non-recevoir de la part du gouvernement.

Dans la foulée de la journée de mobilisation, Édouard Philippe doit recevoir les organisations syndicales et patronales représentatives pour des réunions bilatérales mercredi à partir de 14H30, suivies d'une "multilatérale" jeudi à 16H00.

AFP

   

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