Crise économique :

Le plan de relance américain au chevet des salles de spectacle


Publié / Actualisé
De nombreuses stars de la chanson ont fait leurs débuts sur la scène du Stone Pony, implanté dans le New Jersey, à commencer par le chanteur Bruce Springsteen, mais depuis des mois, pandémie oblige, projecteurs et micros de cette salle de concert prisée sont éteints.
De nombreuses stars de la chanson ont fait leurs débuts sur la scène du Stone Pony, implanté dans le New Jersey, à commencer par le chanteur Bruce Springsteen, mais depuis des mois, pandémie oblige, projecteurs et micros de cette salle de concert prisée sont éteints.

Comme des milliers de propriétaires de lieux culturels aux Etats-Unis, ceux du Stone Pony attendent avec espoir les aides fédérales incluses dans le nouveau plan de soutien à l'économie adopté il y a quelques jours par l'administration Trump.

Sur les 900 milliards de dollars d'aides prévus par ce plan, 15 milliards serviront à financer les salles de spectacle indépendantes, des bars de quartiers aux théâtres de Broadway, asphyxiées par la crise.

Caroline O'Toole, gérante du Stone Pony, salue les efforts acharnés de l'industrie musicale pour faire adopter le projet de loi, avec notamment la mise en place d'une campagne baptisée "Sauvons nos scènes". "Je n'ai jamais autant travaillé de ma vie que cette année", affirme paradoxalement Joe Shanahan, patron de la salle de concert Metro, à Chicago, qui a permis l'émergence de nombreux groupes de rock alternatif.

M. Shanahan explique avoir frappé ces dix derniers mois avec ténacité aux portes de parlementaires, gouverneurs et maires à travers le pays. Les subventions serviront à payer le loyer et la gestion des salles de concert et de nombreux organismes culturels éligibles.

Pour bénéficier de ces aides, les établissements doivent avoir essuyé la perte d'au moins 25% de leur chiffre d'affaires, les financements allant en priorité à ceux qui ont perdu plus de 90% de leurs revenus. Les entreprises qui remplissent les critères pourront recevoir jusqu'à 45% de leur chiffre d'affaires brut de 2019, avec un plafond fixé à 10 millions de dollars.

- "Planche de salut" -

"C'est la planche de salut dont notre industrie a désespérément besoin pour se remettre de cette année effroyable", soutient Dayna Frank, propriétaire de la salle de concert First Avenue, institution de Minneapolis, dans le Midwest.

Les aides offriront notamment "un filet de sécurité" au monde du spectacle, au moins jusqu'à ce que le vaccin soit largement administré et que "la confiance du public revienne", abonde M. Shanahan. "Après, nous pourront passer du mode survie à une stratégie de réouverture", ajoute-t-il.

Ce soutien financier devrait aussi permettre de faire subsister les nombreux travailleurs qui gravitent autour des salles de spectacle, selon les acteurs du secteur. "Ça aide les restaurants autour de nous, les chauffeurs VTC, et cela génère des recettes de stationnement", analyse Brooke Flanagan, directrice du théâtre Steppenwolf à Chicago. "L'art est essentiel à notre développement sur le plan social et émotionnel, mais c'est aussi un moteur économique", détaille-t-elle.

- Priorité aux petites salles -

Face aux craintes que les subventions soient accaparées par les grands groupes, comme cela a pu arriver avec le programme d'aides aux PME américaines, les entreprises cotées en bourse et les grosses institutions culturelles ne pourront pas postuler.

Sont éligibles à ces aides uniquement les entreprises employant moins de 500 personnes et celles qui gèrent des salles de concert dans dix Etats au maximum. Il était nécessaire de protéger ces petits établissements car ils constituent le coeur de l'écosystème musical américain, souligne Katie Tuten, copropriétaire du Hideout, une salle de concert de 150 places à Chicago.

"La musique américaine est l'une de nos plus belles exportations à l'étranger", raconte Mme Tuten, "mais les groupes ne commencent pas à jouer au United Center", cette immense arène sportive qui a accueilli les concerts d'artistes majeurs comme les Rolling Stones, U2 ou encore Beyoncé. "Les groupes se font connaître en passant par des petits clubs", précise-t-elle. "Retirez n'importe lequel d'entre nous de l'équation et tout le système est bouleversé."

AFP

   

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