Inde :

Important dispositif de sécurité à Delhi au lendemain de heurts entre agriculteurs et policiers


Publié / Actualisé
La police indienne a mis en place un important dispositif de sécurité à Delhi mercredi et fermé plusieurs de ses grandes artères, au lendemain de manifestations d'agriculteurs qui ont tourné en violents affrontements avec les forces de l'ordre, faisant un mort et des dizaines de blessés.
La police indienne a mis en place un important dispositif de sécurité à Delhi mercredi et fermé plusieurs de ses grandes artères, au lendemain de manifestations d'agriculteurs qui ont tourné en violents affrontements avec les forces de l'ordre, faisant un mort et des dizaines de blessés.

Mercredi matin, plusieurs axes ont été bloqués et de multiples barrages ont été érigés à travers la capitale par la police, provoquant d'importants embouteillages. La police anti-émeute était stationnée près du Fort Rouge, au nord de la ville.

La veille, un importante dispositif de sécurité avait été mise en place pour empêcher les agriculteurs de perturber le défilé militaire qui marque le Jour de la République, qui a pu se dérouler comme prévu. Mais des convois de tracteurs bondés d'agriculteurs ont réussi à forcer les barrages et circulé à vive allure à travers la ville.

Un agriculteur a été tué quand son tracteur s'est accidentellement retourné et au moins 86 blessés ont été recensés dans les rangs de la police, selon un communiqué officiel. Au vieux Fort rouge de Delhi, érigé il y a plus de 400 ans, les manifestants ont haussé les couleurs de leur mouvement là où flotte habituellement le drapeau indien, avant d'être chassés des remparts par les forces de l'ordre.

Des affrontements se sont produits entre des centaines de personnes rassemblées devant le quartier général de la police de Delhi et les forces de sécurité. Partout dans la capitale, ces dernières ont tiré du gaz lacrymogène et chargé, matraque au poing, les manifestants qui ont répliqué avec leurs armes. Certains se sont même emparés de bus qu'ils ont utilisés pour bloquer les convois policiers.

A la tombée de la nuit, les autorités ont coupé les liaisons internet et téléphoniques dans les endroits à la périphérie de Delhi où les agriculteurs ont installé leurs campements. Le ministre de l'Intérieur Amit Shah a ordonné le déploiement de 15 compagnies de forces paramilitaires en renfort des forces de sécurité dans la capitale, selon des médias. Des chefs du mouvement de protestation ont blâmé les autorités pour la violence exercée contre les agriculteurs, affirmant que la police les avait provoqués.

La police a répondu dans un communiqué avoir été forcée à agir après que les manifestants ont choisi "la voie de la violence et de la destruction". Le dirigeant syndical Kawalpreet Singh Pannu a annoncé une nouvelle manifestation pour le 1er février devant le Parlement au moment où le gouvernement rendra public le budget.

Des dizaines de milliers d'agriculteurs campent depuis novembre sur les principaux axes routiers aux portes de la capitale et comptaient sur cette journée de fête nationale pour donner un plus large écho à leur lutte contre les réformes visant à libéraliser les marchés agricoles. Ce bras de fer qui dure depuis des mois constitue l'épreuve la plus rude que le gouvernement nationaliste hindou ait eu à relever au cours de ses six années d'existence.

AFP

   

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