Il est écroué pour assassinats :

Mis en examen et écroué, le tueur de DRH reste muet sur ses motivations


Publié / Actualisé
Gabriel Fortin, meurtrier présumé d'une DRH et d'une employée de Pôle Emploi, jeudi dans la Drôme et l'Ardèche, a été mis en examen samedi pour "assassinats" et écroué, restant muet sur les raisons de son geste.
Gabriel Fortin, meurtrier présumé d'une DRH et d'une employée de Pôle Emploi, jeudi dans la Drôme et l'Ardèche, a été mis en examen samedi pour "assassinats" et écroué, restant muet sur les raisons de son geste.

"La préméditation sur les deux faits est parfaitement avérée", a indiqué dans un communiqué le procureur de la République de Valence, Alex Perrin, ne pouvant cependant confirmer, tout comme ses homologues de Mulhouse et Colmar, le lien entre ce double assassinat et un meurtre, ainsi qu'une agression, survenus dans le Haut-Rhin en début de semaine. Cette "possibilité" est encore en train d'être examinée, a simplement ajouté M. Perrin.

Vendredi, une source proche du dossier avait confirmé à l'AFP que M. Fortin était également soupçonné du meurtre d'une autre DRH, Estelle L., tuée par balle mardi sur le parking de son entreprise, Knauf, à Wolfgantzen (Haut-Rhin), tout comme de l'agression d'un homme travaillant aussi dans les ressources humaines, attaqué chez lui à Wattwiller, dans le même département. Et ce sur la foi de "la voiture, les armes et les munitions".

Son agresseur, qui l'a raté, a fui dans une voiture de la même couleur - rouge-orangé - que celle utilisée par M. Fortin. La presse alsacienne indique que ces deux personnes ciblées sont liées à un plan social ayant touché, dans les années 2000, une entreprise d'Eure-et-Loir dont le suspect de Valence était salarié à l'époque.

Selon une autre source proche du dossier, l'homme attaqué à Wattwiller est employé chez General Electric à Belfort, où il est DRH de la branche Gaz.

- "Durablement choqués" -

Le mis en examen, resté mutique durant ses 48 heures de garde à vue, "n'a pas souhaité davantage s'exprimer" lors de son déferrement, précise M. Perrin, évoquant "l'ampleur des investigations à réaliser" qui nécessitera la mobilisation de deux juges d'instruction.

Côté balistique, "en l'état, nous n'avons pas encore la certitude" que l'arme "légère" qui a servi à tuer Estelle L., un Luger de 9 mm, est celle retrouvée sur Gabriel Fortin lors de son interpellation, a indiqué vendredi à l'AFP la procureur de Colmar, Catherine Sorita-Minard. "Une expertise balistique va être menée et permettra peut-être de le confirmer", a-t-elle ajouté.

"Célibataire sans enfants, ingénieur sans emploi et inconnu des services judiciaires et des services de renseignements", Gabriel Fortin avait été inscrit à l'agence Pôle Emploi de Valence avant d'en être radié en 2013 mais "rien n'établit en l'état qu'il connaissait" l'employée qu'il a froidement tuée, Patricia P., 54 ans, a précisé le procureur de Valence.

En revanche, il connaissait Géraldine C., 51 ans, la directrice des ressources humaines qu'il a par la suite abattue dans l'entreprise Faun, à Guilherand Granges (Ardèche), à environ 10 km de Valence. Cette société avait employé M. Fortin entre 2008 et 2010, en qualité d'ingénieur, avant d'en être licencié, précise M. Perrin.

Après ce deuxième meurtre, le tueur avait quitté l'entreprise "sans empressement particulier" au volant d'une Hyundai de couleur rouge-orangé. Vite repéré par la police, à qui le numéro d'immatriculation avait été donné par un témoin du premier assassinat, il a été finalement arrêté dans sa fuite par une voiture banalisée, un policier prenant la décision de provoquer une collision afin de stopper sa course.

Une perquisition de son véhicule a permis "la découverte d'une seconde arme de poing et de multiples cartouches 9 mm", selon M. Perrin.
A Valence et Guilherand Granges, des cellules d'urgences médico-psychologiques ont été mises en place en vue d'assister et d'accompagner les familles des victimes et leurs collègues, "fortement et durablement choquées par les faits", a encore précisé le procureur.

Les 900 agences Pôle Emploi de France sont restées fermées au public vendredi. Celle de Valence où a été tuée la conseillère demeurera portes closes "jusqu'à nouvel ordre", comme l'indique un écriteau apposé sur sa porte d'entrée.

AFP

   

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