Relations internationales :

Iran et Chine signent un "pacte de coopération stratégique de 25 ans"


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L'Iran a conclu samedi avec la Chine, pays "ami des temps d'épreuves", un accord de coopération stratégique et commerciale sur 25 ans aux contours mystérieux après plusieurs années de discussions.
L'Iran a conclu samedi avec la Chine, pays "ami des temps d'épreuves", un accord de coopération stratégique et commerciale sur 25 ans aux contours mystérieux après plusieurs années de discussions.

Ce "pacte de coopération stratégique de 25 ans" a été signé par le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif, et son homologue chinois, Wang Yi, en visite à Téhéran, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les grandes lignes et les détails de l'accord doivent encore être dévoilés. Tout ce que l'on sait du document signé par les deux ministres, c'est qu'il s'agit, selon Téhéran, d'une "feuille de route complète", comportant des "clauses politiques, stratégiques et économiques" pour "25 ans de coopération".

La signature de ce pacte illustre la priorité donnée aux relations avec "l'Est" (c'est-à-dire pour l'Iran des Etats comme la Chine, les deux Corées, l'Inde, le Japon ou la Russie) conformément à l'inflexion donnée par le guide suprême iranien Ali Khamenei en 2018 en rupture avec l'un des slogans les plus populaires de la révolution iranienne de 1979 : "Ni Ouest, ni Est, République islamique."

Pour Pékin, l'accord s'inscrit dans son vaste projet d'infrastructures dit des Nouvelles routes de la soie lancé avec plus de 130 pays La Chine est le premier partenaire commercial de la République islamique d'Iran même si, selon des chiffres iraniens, le volume des échanges entre les deux pays a chuté avec le rétablissement, en 2018, de sanctions américaines contre Téhéran, dans la foulée de la dénonciation par Washington de l'accord international sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015.

- "Actions appréciables" -

Cité vendredi par l'agence Ilna, le chef de la chambre de commerce sino-iranienne à Téhéran, Majid-Réza Hariri, a indiqué que le volume des échanges entre Pékin et Téhéran était tombé à environ "16 milliards de dollars" en 2020, contre "51,8 milliards de dollars" en 2014.

La Chine, qui était l'un des principaux acheteurs du pétrole iranien avant ces sanctions a fortement réduit, officiellement, ses achats de brut en provenance de la République islamique.

Selon des informations de presse, les importations chinoises de pétrole iranien ne se sont cependant jamais taries et elles auraient même augmenté récemment. Selon un communiqué de son ministère, "M. Zarif a qualifié la Chine d'ami des temps d'épreuves" et a déclaré à M. Wang : "Nous remercions la Chine pour ses positions et actions appréciables en ces temps de sanctions cruelles contre l'Iran."

En recevant le ministre chinois, le président Hassan Rohani, a dit souhaiter que Pékin "continue d'être un partenaire commercial majeur avec l'Iran" et vouloir "plus de coopération dans le domaine des coentreprises", selon un communiqué de la présidence.

- "Pays fiables" -

M. Rohani a aussi salué l'opposition de la Chine "à l'extravagance américaine et aux sanctions unilatérales" de Washington. La visite en Iran de M. Wang, qui a reçu il y a quelques jours son homologue russe Sergueï Lavrov en Chine, survient dans un climat de défiance renforcée de la République islamique vis-à-vis de l'Occident et dans une période de tensions persistantes entre Moscou, Pékin et Téhéran d'un côté et les Etats-Unis de l'autre depuis l'arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche en janvier.

La dénonciation unilatérale par Washington en 2018 de l'accord international sur le nucléaire iranien et l'incapacité des Européens à aider la République islamique à contourner les sanctions américaines rétablies cette année-là, ou encore à relancer l'accord, ont achevé de convaincre les autorités iraniennes que l'Occident n'est pas un partenaire "digne de confiance", selon l'expression de M. Khamenei.

La genèse du pacte irano-chinois remonte à la visite du président chinois Xi Jinping à Téhéran en janvier 2016. Téhéran et Pékin s'étaient alors engagées dans un communiqué commun "à mener des négociations pour la signature d'un accord de coopération élargie sur 25 ans" et "de coopérer et avoir des investissements réciproques dans les différents domaines, notamment les transports, les ports, l'énergie, l'industrie et les services".

L'ayatollah Khamenei avait alors jugé "tout a fat correct et sage" ce projet, affirmant que l'Iran cherchait "à élargir ses relations avec des pays indépendants et fiables tels que la Chine".

AFP

   

1 Commentaire(s)

HULK, Posté
L'alliance des dictatures. Çà ne gêne pas les ayatollahs que les chinois massacrent les Ouighours,leurs frères musulmans. Pendant ce temps-là,la non-europe s'agite inutilement.