Espagne :

La droite triomphe aux régionales à Madrid, revers pour Pedro Sánchez


Publié / Actualisé
La droite espagnole et sa figure montante, Isabel Díaz Ayuso, ont triomphé mardi aux élections régionales à Madrid, infligeant un revers cinglant au Parti socialiste du Premier ministre Pedro Sánchez, selon des résultats partiels.
La droite espagnole et sa figure montante, Isabel Díaz Ayuso, ont triomphé mardi aux élections régionales à Madrid, infligeant un revers cinglant au Parti socialiste du Premier ministre Pedro Sánchez, selon des résultats partiels.

Après dépouillement de plus de 60% des bulletins, Mme Díaz Ayuso, présidente sortante de la région et membre du Parti Populaire (PP), a doublé son score du dernier scrutin régional, datant de mai 2019, en remportant 64 sièges sur 136 au parlement régional et totalisant plus de 43% des voix. Le PP ne disposant pas de la majorité absolue, fixée à 69 sièges, il sera contraint de nouer une alliance avec le parti d'extrême droite Vox (13 sièges), qui soutenait déjà Mme Díaz Ayuso depuis deux ans.

Avec 25 sièges et près de 18% des voix, le Parti socialiste de M. Sánchez, qui a tenté de mobiliser l'électorat de gauche en brandissant la menace de l'extrême droite, subit une déroute et perd douze députés régionaux. L'ensemble de la gauche totalise 59 sièges, soit moins que la candidate du seul PP. En 2019, le Parti socialiste était arrivé en tête, mais ne disposait pas d'alliés pour se hisser au pouvoir dans la région, fief du PP depuis 26 ans.

- Très forte mobilisation -

Malgré la pandémie, les plus de 5,1 millions d'électeurs, appelés à élire 136 députés parmi six partis en lice se sont déplacés en masse, la participation étant estimée à près de 75%, soit une hausse de 10 points par rapport au précédent scrutin. Cette très forte mobilisation reflétait la portée nationale de ce scrutin, dont la campagne, très tendue, a été marquée par l'envoi de lettres de menaces de mort à des candidats, contenant des balles.

A deux ans des prochaines élections législatives, le PP a présenté cette élection comme une sorte de répétition générale. "De la Puerta del Sol (siège du gouvernement régional) au palais de la Moncloa (siège du Premier ministre) !", a lancé dimanche soir le leader national du PP, Pablo Casado, confirmant que ce scrutin régional était, à ses yeux, une étape sur le chemin du retour au pouvoir en Espagne.

A la tête du gouvernement espagnol de 2011 à 2018, cette formation en a été chassée par une motion de censure déposée par Pedro Sánchez suite à un scandale de corruption. Cette victoire à Madrid est avant tout celle d'Isabel Díaz Ayuso, 42 ans, qui avait fait de Pedro Sánchez son unique adversaire et avait pour slogan "Liberté".
Malgré les pressions du gouvernement central, cette tenante d'une ligne très droitière et populiste a toujours refusé d'imposer des restrictions strictes contre la pandémie afin de protéger les entreprises, notamment les bars et les restaurants, qui sont restés ouverts.

Une stratégie qui a porté ses fruits, sur fond de ras-le-bol d'une partie de l'opinion à l'égard des mesures anti-Covid. Ses détracteurs mettent, eux, en avant la sombre situation sanitaire de la région de Madrid, qui, avec quelque 15.000 décès du Covid-19 sur un total de 78.000 pour toute l'Espagne et près de 700.000 cas sur un total de 3,5 millions, présente le pire bilan des 17 régions du pays.

Ce scrutin avait été provoqué par la décision surprise de Mme Díaz Ayuso de mettre fin à son alliance avec le parti de centre-droit Ciudadanos, qui a lui subi un revers historique et ne compte plus aucun député régional.

- Sánchez fragilisé -

Si la défaite de la gauche dans ce scrutin régional ne remet pas en cause son maintien au pouvoir, le Premier ministre, qui a été en première ligne durant la campagne, en sort fragilisé. "Le gouvernement de coalition qui dirige l'Espagne continuera à le faire durant de très nombreuses années", avait assuré dans la journée Pablo Iglesias, leader du parti de gauche radicale Podemos et partenaire des socialistes au pouvoir.

M. Iglesias, qui a quitté le gouvernement pour conduire la liste de Podemos à Madrid, a lui amélioré le score de son parti (10 sièges contre 7) mais manqué son pari de chasser la droite du pouvoir dans la région.

AFP

   

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