[PHOTOS - VIDEO] Plus de 100 Palestiniens ont été tués :

L'armée israélienne fait marche arrière et dit finalement ne pas être entrée dans Gaza


Publié / Actualisé
Guerre psychologique ou simple erreur ? Après avoir annoncé la présence de ses soldats dans la bande de Gaza, l'armée israélienne a fait marche arrière vendredi, évoquant un "problème de communication en interne", à l'heure où le bilan de ses frappes dans ce territoire palestinien cette semaine franchit le seuil des 100 morts. A noter que la manifestation en soutien au peuple palestinien prévue samedi à Paris a été interdite jeudi à la demande du gouvernement en raison de "risques de troubles à l'ordre public", une décision dénoncée par les organisateurs et la France Insoumise comme une provocation et une atteinte à la démocratie.
Guerre psychologique ou simple erreur ? Après avoir annoncé la présence de ses soldats dans la bande de Gaza, l'armée israélienne a fait marche arrière vendredi, évoquant un "problème de communication en interne", à l'heure où le bilan de ses frappes dans ce territoire palestinien cette semaine franchit le seuil des 100 morts. A noter que la manifestation en soutien au peuple palestinien prévue samedi à Paris a été interdite jeudi à la demande du gouvernement en raison de "risques de troubles à l'ordre public", une décision dénoncée par les organisateurs et la France Insoumise comme une provocation et une atteinte à la démocratie.

"L'aviation israélienne et des troupes au sol mènent actuellement une attaque dans Gaza", a d'abord écrit Tsahal, (nom de l'armée israélienne), dans un bref message. Interrogé par l'AFP, le porte-parole de l'armée, Jonathan Conricus, a confirmé que des soldats étaient entrés "dans" la bande de Gaza contrôlée par les islamistes du Hamas, sans préciser leur nombre, ni la durée, ni l'étendue de l'opération.

Puis, deux heures plus tard, le porte-parole de l'armée israélienne a émis une "clarification" pour dire "qu'il n'y avait actuellement pas de troupes dans la bande de Gaza". Interrogé à nouveau, le porte-parole de l'armée a expliqué cet imbroglio apparent par un "problème de communication en interne" et que des troupes bombardaient Gaza mais de l'extérieur du territoire.

Peu après minuit, des groupes armés palestiniens dans la bande de Gaza ont tiré un nouveau barrage de roquettes vers le sud d'Israël, limitrophe de l'enclave palestinienne. Tsahal avait massé jeudi chars et véhicules blindés le long du territoire palestinien d'où les troupes israéliennes s'étaient retirées unilatéralement en 2005. Et le ministère de la Défense a donné le feu vert à l'armée pour mobiliser au besoin des milliers de réservistes.

La dernière opération militaire israélienne dans la bande de Gaza, territoire de deux millions d'habitants soumis à un blocus israélien depuis plus de 10 ans, remonte à 2014. La guerre entre Israël et le Hamas avait alors duré 50 jours et fait au moins 2.251 morts côté palestinien, en majorité des civils, et 74 côté israélien, presque tous des soldats.

Dans la nuit, l'aviation israélienne a poursuivi ses bombardements de sites du Hamas, alors que des centaines d'habitants palestiniens ont dû quitter leurs maisons précipitamment pour fuir les frappes, selon des témoins et des journalistes de l'AFP sur place.

Depuis le début lundi de ce nouveau cycle de violences, 103 Palestiniens, dont 27 enfants, ont été tués dans la bande de Gaza, et 580 blessés, selon un dernier bilan du ministère local de la Santé. En Israël, sept personnes, dont un enfant de 6 ans et un soldat, ont péri.

- Vols suspendus -

De plus, trois roquettes ont été tirées jeudi soir du Liban vers Israël mais sont tombées en Méditerranée, selon l'armée. D'après une source militaire libanaise, les projectiles ont été tirés d'un secteur proche d'un camp de réfugiés palestiniens. Le nouveau conflit a été déclenché après un barrage de roquettes du Hamas tirées vers Israël en "solidarité" avec les plus de 700 Palestiniens blessés dans des heurts avec la police israélienne sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est, secteur palestinien occupé par Israël depuis 1967.

Ces heurts sur l'esplanade, troisième lieu saint de l'islam, avaient suivi plusieurs jours de vives tensions et de heurts à Jérusalem-Est, dus principalement aux menaces d'expulsion de familles palestiniennes d'un quartier de la Ville sainte au profit de colons juifs.

D'après l'armée israélienne, environ 90% des plus de 1.750 roquettes lancées depuis lundi à partir de la bande de Gaza ont été interceptées par le bouclier antimissile. Appelant les compagnies aériennes à suspendre leurs vols vers Israël, le Hamas a annoncé avoir tiré une roquette d'une portée de 250 km en direction du deuxième aéroport d'Israël, dans le Sud, vers lequel les autorités aéroportuaires ont détourné les vols à destination de Tel-Aviv en raison des tirs.

Plusieurs compagnies ont d'ailleurs suspendu leurs vols vers l'aéroport international Ben Gourion de Tel-Aviv. Les autorités américaines ont d'ailleurs appelé jeudi leurs ressortissants à "éviter de se rendre en Israël" en raison de la flambée de violence.

- Réunion à l'ONU -

Le conflit est doublé d'une escalade entre Arabes et Juifs dans plusieurs villes mixtes d'Israël, un niveau de violence jamais atteint depuis des décennies selon la police israélienne. Près de 1.000 membres de la police des frontières ont été appelés en renfort dans ces villes, théâtres d'émeutes depuis mardi avec des heurts et des échanges de coups de feu, et plus de 400 personnes, Juifs et Arabes, ont été arrêtées ces trois derniers jours.

Jeudi soir, un homme a ouvert le feu à l'arme semi-automatique sur un groupe de Juifs, blessant une personne à Lod, près de Tel-Aviv, selon un témoin et la police. Des groupes israéliens d'extrême droite ont affronté dans des villes les forces de sécurité et des Arabes israéliens, les descendants des Palestiniens restés sur leur terre à la création d'Israël en 1948.
Face à l'intensification du conflit Israël/Hamas, le Conseil de sécurité de l'ONU doit tenir dimanche une réunion virtuelle publique sur le conflit. L'émissaire de l'ONU pour le Proche-Orient, le Norvégien Tor Wennesland, ainsi que des représentants d'Israël et des Palestiniens devraient y participer.

Le secrétaire général de l'organisation, Antonio Guterres, invoquant "l'esprit de l'Aïd", a appelé jeudi soir à "une désescalade et une cessation des hostilités immédiates à Gaza et en Israël".

- Manifestation interdite à Paris -

La manifestation en soutien au peuple palestinien prévue samedi à Paris a été interdite jeudi à la demande du gouvernement en raison de "risques de troubles à l'ordre public", une décision dénoncée par les organisateurs et la France Insoumise comme une provocation et une atteinte à la démocratie.

Le préfet de police de Paris, Didier Lallement, a pris en fin de journée un arrêté d'interdiction de la marche, prévue samedi à 15H00 de Barbès à la place de la Bastille (nord-est parisien) et organisée par "l'Association des Palestiniens en Ile-de-France". Et ce "conformément" à la demande que lui avait adressée dans la journée le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin.

L'organisatrice de la manifestation, l’Association des Palestiniens en Ile-de-France, a "condamné cette interdiction" jeudi soir par la voix de l'un de ses responsables, Walid Atallah. "En interdisant cette manifestation, la France montre sa complicité avec l'Etat d'Israël, qui veut interdire toute manifestation de soutien aux droits des Palestiniens, qui subissent l'occupation, la colonisation et les bombardements", a-t-il déclaré à l'AFP.

- Procédure devant le tribunal administratif -

L'association va contester cette interdiction en déposant vendredi "un recours en référé-liberté au tribunal administratif", a-t-il ajouté. Elle avait déposé la demande de manifestation à la préfecture de Paris au nom d'un collectif d'une trentaine d'associations, au départ pour commémorer la Nakba ("catastrophe" en arabe), l'exode de centaines de milliers de Palestiniens à la création d'Israël en 1948. "Et puis les évènements de cette semaine en Palestine sont venus se greffer... On défile pacifiquement, on a fait divers rassemblements ces derniers temps qui se sont toujours passés sans problèmes", regrette-t-il, estimant cette interdiction "faite pour attiser les tensions, comme en 2014".

La perspective d'interdiction de la manifestation avait été dénoncée dans la journée à gauche par plusieurs responsables de la France Insoumise (LFI). "La France, seul pays au monde où sont interdites toutes les manifestations de soutien aux Palestiniens et de protestation contre le gouvernement d'extrême droite israélien !", a dénoncé sur Twitter le chef du parti, Jean-Luc Mélenchon, ajoutant: "C'est évidemment dans le seul but de provoquer des incidents et pouvoir stigmatiser cette cause".

"Tout ça sent la provoc de Darmanin", a renchéri le député LFI de Seine-Saint-Denis Eric Coquerel. "Pourquoi (y avait-il eu) des troubles en 2014? Car justement la manif était interdite. Depuis il y en a eu d’autres en solidarité avec la Palestine sans heurts".

www.ipreunion.com avec l'AFP

   

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