Allègement des restrictions :

Réouvertures: un peu de la vie d'avant Covid en attendant celle d'après


Publié / Actualisé
La vie d'après le Covid n'est pas pour tout de suite, mais les Français ont hâte de retrouver un peu de celle d'avant, avec la réouverture mercredi de nombreux commerces ou lieux de culture, fermés depuis des mois.
La vie d'après le Covid n'est pas pour tout de suite, mais les Français ont hâte de retrouver un peu de celle d'avant, avec la réouverture mercredi de nombreux commerces ou lieux de culture, fermés depuis des mois.

La plus symbolique est celle des terrasses, malgré une météo capricieuse. Et de Rennes à Ajaccio, on frémit d'impatience. "Je n'attends que ça!", sourit Eloïse, étudiante parisienne.

A Paris comme ailleurs, les cafetiers s'activaient mardi matin pour ressortir tables et chaises, tandis que les camions de livraison apportaient les fûts de bière. Mais malgré l'enthousiasme, rouvrir les terrasses ne va pas forcément de soi puisque ce sera sous conditions (tables de six, à 50% de la capacité).

"Remettre tout en marche pour quatre tables, est-ce que ça vaut le coup?", se demande Stéphanie Mathey, qui gère trois bistrots dans Paris. Mais "on va se chauffer comme un diesel, chauffer l'équipe qui n'a pas travaillé depuis très longtemps (...) pour être vraiment prêts le 9 juin et encore plus le 30", étapes suivantes de la levée des restrictions.

La réouverture des terrasses inquiète en outre certains riverains en ville, qui bénissaient l'absence de bruit pendant le confinement: "Tout le monde est d'accord pour aider les restaurateurs mais il faut juste parvenir à trouver un juste équilibre", assure ainsi Amélie Terrien, du collectif "Droit au sommeil".

- Fête de la musique -

Après 203 jours de fermeture d'affilée qui les a mis en péril économique, cinémas, théâtres et musées pourront également rouvrir au public avec des jauges maximales de fréquentation. "L'exposition attend le public depuis six mois, accrochée aux murs", assure Laurence des Cars, directrice du musée d'Orsay à Paris.

Autre réouverture encadrée, celle des magasins de vêtements ou de jouets. Pour autant, la date de mercredi est loin de marquer un retour à la normale: appliqué sur tout le territoire depuis le 16 janvier à 18H00 puis 19H00, le couvre-feu sera seulement repoussé à 21H00, avant d'être décalé à 23H00 le 9 juin puis, si la situation sanitaire le permet, de disparaître le 30.

Par conséquent, la Fête de la musique aura bien lieu le 21 juin, mais avec un couvre-feu à 23 heures, a indiqué la ministre de la Culture Roselyne Bachelot dans Le Parisien/Aujourd'hui en France.

Pas encore question non plus de se passer du masque à l'extérieur. "Si la circulation du virus continue à baisser, ça va être rapidement envisagé", a toutefois promis le ministre de la Santé Olivier Véran, lundi soir sur BFMTV. "On vit un événement unique depuis la grippe espagnole. Il n'y a pas de solution toute prête à sortir des tiroirs. On a tous tâtonné", a commenté sur France Inter l'expert suisse Didier Pittet, auteur d'un rapport sur la gestion de la crise par la France. "Certes la France était mal préparée. Ça s'est amélioré avec le (premier) déconfinement" il y a un an, a-t-il estimé.

- Recul -

Les réouvertures de mercredi ont lieu au moment où l'épidémie recule nettement et où la France a atteint son objectif de 20 millions de premières injections de vaccins au 15 mai. Le taux d'incidence a chuté à 142 nouveaux cas pour 100.000 habitants sur sept jours, quand il culminait à plus de 400 début avril.

Cela se voit aussi à l'hôpital, où le nombre de malades du Covid-19 atteignait moins de 23.000 lundi (22.749), au plus bas depuis octobre. Parmi eux, quelque 4.190 patients étaient soignés dans les services de réanimation, un niveau en baisse constante, même si l'Ile-de-France et les Hauts-de-France dépassent toujours les 100% d'occupation de leurs services de soins critiques.

Le nombre quotidien de morts à l'hôpital de malades du Covid-19 était de 196 lundi, soit une centaine de moins que le lundi précédent. Au total, l'épidémie a tué jusqu'à présent quelque 107.850 personnes. Et s'il s'agit en majorité de personnes âgées, cela peut aussi être des gens jeunes et sportifs, comme l'a rappelé le témoignage de Moundir, connu depuis son passage dans l'émission de télé-réalité Koh Lanta en 2003 et gravement atteint en mars.

"On ne ressort jamais indemne d'une réa (...). J'aimerais vous dire que je vais bien (mais) j'en chie à la rééducation" et "mes poumons sont sacrément endommagés", a-t-il assuré lundi soir dans l'émission C à vous sur France 5.

AFP

   

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