Nicaragua :

Washington sanctionne des proches d'Ortega après les arrestations d'opposants


Publié / Actualisé
Les Etats-Unis ont infligé mercredi des sanctions à quatre proches du président du Nicaragua Daniel Ortega, dont sa fille, après une vague d'arrestations d'opposants dont Washington et les Nations Unies ont réclamé la libération immédiate.
Les Etats-Unis ont infligé mercredi des sanctions à quatre proches du président du Nicaragua Daniel Ortega, dont sa fille, après une vague d'arrestations d'opposants dont Washington et les Nations Unies ont réclamé la libération immédiate.

Un total de sept opposants ont été arrêtés ces derniers jours au Nicaragua. Dernier en date, l'ancien ministre des Affaires étrangères José Pallais a été interpellé mercredi pour "incitation à une intervention étrangère dans les affaires internes", "avoir demandé des interventions militaires" et pour avoir préparé des "actes de terrorisme et de déstabilisation", selon un communiqué de la présidence.

Les autres opposants arrêtés sont quatre potentiels candidats à l'élection présidentielle de novembre -- le politologue Félix Madariaga, l'économiste Juan Sebastian Chamorro, l'ex-diplomate Arturo Cruz et la journaliste Cristiana Chamorro -- ainsi que le chef du patronat José Adan Aguerri et la militante de la société civile Violeta Granera.

Daniel Ortega, 75 ans dont 14 au pouvoir, pourrait briguer un quatrième mandat lors du scrutin de novembre. Cristiana Chamorro, qui a été assignée à résidence le 2 juin après son arrestation sous l'accusation de blanchiment d'argent, est considérée comme sa plus sérieuse rivale. Elle est la fille de Violeta Chamorro, qui avait dirigé le pays de 1990 à 1997.
Des médias proches du gouvernement ont prédit d'autres arrestations. "L'opération est lancée et il manque des gens (...) Trahir la patrie est un crime", a menacé un chroniqueur proche du pouvoir, William Grigsby, pendant son émission à la radio La Primerisima.

- "Stratégie perverse" -

Pour le Centre nicaraguayen des droits de l'homme (CENIDH), la vague d'arrestations constitue une "stratégie perverse" du gouvernement Ortega pour intimider ceux qu'il considère comme des ennemis politiques: "Il ne s'agit pas d'enquête pénale, mais de persécution politique."

Washington a estimé mardi que ces arrestations démontraient que le président était un "dictateur", appelant la communauté internationale à "le traiter comme tel". "Les Etats-Unis appellent le président Daniel Ortega et le gouvernement du Nicaragua à libérer immédiatement les candidats à la présidentielle", "ainsi que les autres dirigeants de l'opposition et de la société civile qui ont été arrêtés au cours de la dernière semaine", a martelé le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price.

Les quatre personnes visées par les sanctions "soutiennent le régime Ortega, un régime qui a sapé la démocratie, violé les droits humains de civils, mis en oeuvre des lois répressives avec de graves conséquences économiques, et tenté de bâillonner les médias d'information indépendants", a déclaré le Trésor américain dans un communiqué.

Outre la fille du président, Camila Antonia Ortega Murillo, coordinatrice de la Commission pour l'économie créative, il s'agit du président de la Banque centrale Leonardo Ovidio Reyes Ramirez, du député Edwin Ramon Castro Rivera, et du général Julio Modesto Rodriguez Balladares, directeur exécutif de l'Institut de la sécurité sociale militaire.
Leurs éventuels avoirs aux Etats-Unis sont gelés et l'accès au système financier américain leur est désormais barré.

M. Price a prévenu que le président Ortega "et ceux qui exécutent ses ordres autoritaires" seraient tenus personnellement "responsables de la sécurité et du bien-être" des détenus.
Au total, 28 dirigeants et proches du pouvoir au Nicaragua sont désormais sous le coup de sanctions américaines, en plus de trois organisations, dont la police du pays.

Le gouvernement nicaraguayen a réagi par un communiqué qualifiant ces sanctions de "mesures illégales, arbitraires, coercitives et unilatérales" qui confirment selon lui que les opposants détenus souhaitent "vendre la patrie" à l'étranger.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a réclamé lui aussi la libération des opposants ainsi que le "rétablissement de leurs droits", selon son porte-parole, Stéphane Dujarric.

AFP

   

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