La reconstruction s'annonce coûteuse :

Inondations : Berlin décide de premières aides financières pour les sinistrés


Publié / Actualisé
Le gouvernement d'Angela Merkel va débloquer mercredi une première aide d'urgence de plusieurs centaines de millions d'euros pour soulager les sinistrés des inondations meurtrières dans l'ouest de l'Allemagne, où la reconstruction s'annonce longue et coûteuse.
Le gouvernement d'Angela Merkel va débloquer mercredi une première aide d'urgence de plusieurs centaines de millions d'euros pour soulager les sinistrés des inondations meurtrières dans l'ouest de l'Allemagne, où la reconstruction s'annonce longue et coûteuse.

Ces inondations, plus grande catastrophe naturelle des dernières décennies en Allemagne, ont causé la mort de 169 personnes dans le pays, selon un dernier point mardi. En Belgique, 31 personnes sont décédées, portant le bilan provisoire des intempéries à 200 victimes.

Dans un projet devant être adopté en conseil des ministres, Berlin et les régions, compétentes en matière de protection civile, s'engagent à verser à part égale une somme de 400 millions d'aides immédiates, selon un document qui a filtré dans plusieurs médias allemands.

Il s'agit de parer au plus pressé, comme sécuriser des bâtiments et infrastructures endommagés dans les régions les plus meurtries par les crues, pour certaines privées d'eau potable et d'électricité.

En visite mardi en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, dans la cité médiévale de Bad Münstereifel dévastée par les pluies diluviennes, Angela Merkel a promis une aide rapide, "dans les prochains jours", et "sans bureaucratie".

- Premier pas -

La chancelière, qui s'était déjà rendue dimanche dans une autre commune martyre de Rhénanie-Palatinat, a exprimé son émotion face aux dégâts "épouvantables" causés par les crues: "La ville est si durement touchée que cela laisse sans voix".

Ces sommes constituent un tout premier pas. Elles seront complétées par "un programme de reconstruction en milliards d'euros, pour qu'on reparte vite de l'avant", a déclaré le ministre des Finances Olaf Scholz dans un entretien au Rheinische Post.

Il doit tenir une conférence de presse à 09H00 GMT pour détailler le projet, en commun avec le ministre de l'Intérieur Horst Seehofer.

Berlin envisage aussi de faire appel au fonds de solidarité européen qui soutient financièrement les Etats membres de l'UE en cas de catastrophe naturelle. Par ailleurs, l'Etat réfléchit à la création de son propre fonds, alimenté aussi par toutes les régions allemandes afin de pouvoir débloquer des aides encore plus rapidement en cas de nouvelle catastrophe.

- "Travail de longue haleine" -

La remise en état des villes et des infrastructure sera "un travail de longue haleine", a reconnu la chancelière mardi. "Nous ne vous oublierons pas de sitôt", a-t-elle assuré aux habitants de Bad Münstereifel.

Le prétendant conservateur à sa succession, Armin Laschet, avait lui parlé de "mois, voire d'années" avant d'effacer les plaies du drame. "Je suis formellement sans domicile fixe et sans emploi", a résumé à l'AFP une habitante sinistrée, Carina Dewald, propriétaire d'une station-service attenante à son domicile, tous deux gravement endommagés dans le village de Dernau (Rhénanie-Palatinat).

Lors des crues de l'Elbe et du Danube dans huit Etats régionaux en 2013, l'Etat avait mis en place un fonds d'aide de plus de 8 milliards d'euros.

Sept jours après le sinistre, il est encore trop tôt pour établir une évaluation précise des dégâts, a estimé le ministre des Transports Andreas Scheuer. "Dans la vallée de l'Ahr, nous avons 20 ponts sur 35 qui sont détruits. Cela laisse entrevoir la tâche énorme qui nous attend", a-t-il souligné dans un entretien au journal local Passauer Neue Presse.

La compagnie publique de chemins de fer a fait état de "dégâts massifs" dans 80 gares. En Rhénanie-Palatinat et Rhénanie-du-nord-Westphalie, les deux Länder les plus affectés par les pluies diluviennes, plus de 600 km de voies ont été détruites.
Les assureurs s'attendent dans tous les cas à verser des dédommagements records.

L'année 2021 risque de devenir la plus coûteuse pour les compagnies du secteur depuis 2013, quand les dommages avaient atteint 9,3 milliards d'euros, a estimé Jörg Asmussen, dirigeant de la fédération de la branche.

AFP

   

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