Jeux de Tokyo :

JO-2020: Hassan et Aït Saïd au programme, l'esprit olympique à l'épreuve


Publié / Actualisé
Sur le tartan et dans le gymnase la Néerlandaise Sifan Hassan et le Français Samir Aït Saïd poursuivent leur rêve olympique, mais les Jeux de Tokyo vont devoir composer lundi avec l'intrusion de la politique internationale et des questions sociétales. Sport, politique, société, en écho au "plus vite, plus haut, plus fort", la devise olympique. En soirée, au Stade olympique, la Néerlandaise Sifan Hassan lance la première étape d'un inédit et déroutant triplé en fond et demi-fond (1.500, 5.000 et 10.000 m) qui ajouterait à son palmarès déjà fourni mais aussi aux doutes qui l'accompagnent depuis la suspension de son ex-entraîneur Alberto Salazar.
Sur le tartan et dans le gymnase la Néerlandaise Sifan Hassan et le Français Samir Aït Saïd poursuivent leur rêve olympique, mais les Jeux de Tokyo vont devoir composer lundi avec l'intrusion de la politique internationale et des questions sociétales. Sport, politique, société, en écho au "plus vite, plus haut, plus fort", la devise olympique. En soirée, au Stade olympique, la Néerlandaise Sifan Hassan lance la première étape d'un inédit et déroutant triplé en fond et demi-fond (1.500, 5.000 et 10.000 m) qui ajouterait à son palmarès déjà fourni mais aussi aux doutes qui l'accompagnent depuis la suspension de son ex-entraîneur Alberto Salazar.

Cela commence lundi, avec la finale du 5.000 m (21h40 locales, 14h40 en France). La Néerlandaise âgée de 28 ans dégage une incroyable impression de facilité, possède un finish redoutable, et est capable d'écoeurer ses concurrentes au train. Elle avait réussi avec brio le doublé 1.500 m et 10.000 m aux Mondiaux de Doha en 2019.

Elle semble tellement supérieure qu'elle porte aussi le doute sur ses fines épaules, surtout depuis que son ancien entraîneur américain Alberto Salazar, gourou de l'Oregon Project soutenu par la firme Nike, a été suspendu pour "incitation" au dopage en 2019. En matinée, le Grec Miltiadis Tentoglou a été sacré à son dernier essai à la longueur (8,41 m), tandis que la Portoricaine Jasmine Camacho-Quinn a dominé le 100 m haies (12.37), devant l'Américaine détentrice du record du monde Kendra Harrison (12.52).

- transgenre -

Pour le sport à proprement parler, on se raccrochera donc lundi aux anneaux olympiques, avec le porte drapeau Samir Aït Saïd. Cinq ans après Rio, le gymnaste veut exorciser ce mauvais souvenir ramené du Brésil, où il s'était brisé la jambe en mondovision."Je ne repars pas sur une civière mais avec une finale !", avait-il lâché éclatant de joie samedi à l'issue des qualifications.

Le Japon et le CIO se sont réveillés également lundi avec un délicat sujet sportivo-diplomatique à gérer. L'athlète bélarusse Kristina Tsimanouskaya s'est dite "en sécurité" dimanche soir, après avoir affirmé être contrainte de se retirer des Jeux et menacée d'un départ forcé du Japon pour avoir critiqué sa fédération sur les réseaux sociaux.

Cet incident intervient alors que le régime du président bélarusse Alexandre Loukachenko poursuit sans relâche une répression visant opposants, journalistes et militants, avec l'espoir de mater définitivement le mouvement de contestation historique de 2020 contre sa réélection à un cinquième mandat. Les questions de société seront aussi au programme du jour, avec la présence au concours d'haltérophilie des +87 kg de la première femme transgenre à concourir aux JO, la Néo-Zélandaise Laurel Hubbard.

Hubbard, 43 ans, est né homme et a pris part à des compétitions dans les catégories masculines jeunes avant d'entamer un processus de transition pour devenir une femme vers 30 ans. Elle est devenue sélectionnable chez les femmes après avoir satisfait aux critères du Comité international olympique (CIO) concernant les sportifs transgenres.

Toutefois, sa présence à Tokyo a provoqué un débat complexe sur des questions de bioéthique, de droits humains, de science, d'équité et d'identité dans le sport. Les supporters de Hubbard estiment que sa qualification pour les JO représente une victoire pour l'inclusivité et les droits des personnes transgenres.Mais d'autres jugent qu'elle bénéficie d'un avantage inéquitable sur ses rivales féminines en raison de capacités physiques héritées de décennies en tant qu'homme.

Côté français, Koumba Larroque a été battue d'entrée en lutte libre chez les -68 kg. L'équipe de France d'équitation peut elle être à l'honneur avec le saut d'obstacles du concours complet, en individuel comme par équipes. On en saura plus aussi, sur la destinée des équipes féminines de basket et de handball: les handballeuses se sont qualifiées en matinée pour les quarts de finale en dominant le Brésil (29-22), tandis que les basketteuses affrontent les Etats-Unis (13h40 locales, 06h40 en France).

AFP

   

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