La femme politique guadeloupéenne venait souvent à La Réunion :

Mort de Lucette Michaux-Chevry, ancienne ministre de Jacques Chirac


Publié / Actualisé
Lucette Michaux-Chevry, femme politique guadeloupéenne et ancienne ministre de Jacques Chirac, est décédée à l'âge de 92 ans des suites d'une longue maladie, a annoncé jeudi sa fille Marie-Luce Penchard sur les réseaux sociaux. Pour des raisons familiales Lucette Michaux-Chevry venait souvent à La Réunion
Lucette Michaux-Chevry, femme politique guadeloupéenne et ancienne ministre de Jacques Chirac, est décédée à l'âge de 92 ans des suites d'une longue maladie, a annoncé jeudi sa fille Marie-Luce Penchard sur les réseaux sociaux. Pour des raisons familiales Lucette Michaux-Chevry venait souvent à La Réunion

"Ce soir (jeudi), à 19H48, entourée de ses proches, maman nous a quittés... j'ai mal... et notre chagrin est immense...", a-t-elle écrit sur sa page Facebook.

A 92 ans, l'emblématique politicienne, très ancrée à droite, s'est éteinte après plusieurs mois de lutte contre un cancer de la gorge. Celle qu'on surnommait la Dame de fer des Caraïbes a occupé tous les postes politiques: de maire à la fin des années 80 jusqu'à ministre déléguée dans les années 1990, dans le gouvernement Chirac 2.

Elle était d'ailleurs une très grande amie de l'ancien Président de la République. Elle avait annoncé quitter la politique début 2019, dans une lettre envoyée aux Guadeloupéens.

Née le 5 mars 1929 à Saint-Claude (Basse-Terre), Lucette Michaux-Chevry a marqué l'histoire politique de la Guadeloupe, où elle a occupé tour à tour tous les mandats locaux et nationaux, parfois en même temps.

Mme Michaux-Chevry, avocate de formation, a connu sa première élection en 1959 en devenant conseillère municipale de sa ville Saint-Claude, alors que son fils avait à peine quelques jours.

D'abord engagée au Parti socialiste, elle soutient en 1981 le candidat à la présidentielle Valéry Giscard d'Estaing, marquant ainsi le début d'un engagement à droite qui ne la lâchera plus.

Sa longue carrière reste émaillée d'affaires de corruption entre autres démêlés judiciaires. Cultivant un pouvoir insulaire ne souffrant pas la contestation, elle sera confrontée à partir des années 1990 à plusieurs mises en examen, qui ne se concluront pas toutes par des condamnations. En 2019, Lucette Michaux-Chevry a toutefois été condamnée à 2 ans de prison avec sursis pour des délits environnementaux et de favoritisme en matière de transports publics.

- A La Réunion "deux fois par an" -

La classe politique locale a unanimement souligné le caractère bien trempé de cette femme politique, omniprésente dans la vie politique de l'île pendant 60 ans. "Tout le monde est conscient au niveau de la Guadeloupe de qui a été Lucette Michaux-Chevry", a salué Guy Losbar, le président du département sur Radio Caraïbes International.

Le député de la Guadeloupe Olivier Serva a fait part de son "immense tristesse" après, a-t-il dit, le décès de la "grande Lucette Michaux-Chevry". "C'est à mon sens le plus grand +Homme+ politique que j'ai rencontré", a-t-il souligné.

"J’ai appris avec tristesse la disparition de Lucette Michaux-Chevry. Investie pour donner à la Guadeloupe, et plus largement au Outre-mer, une place de cœur et de choix dans notre République, elle aura œuvré pendant près de 50 ans au service des Guadeloupéennes et Guadeloupéens" a réagi de son côté Sébastien Lecornu, ministre des Outre-mer.

Lucette Michaux-Chevry qui des liens familiaux dans l'île, venait à La Réunion "au moins deux fois par an" avait-elle confié à Imaz Press en juin 2006 au cours de l'une de ses séjours à Saint-Denis. "J'aime bien La Réunion, elle me rappelle la Guadeloupe d'il y a 30 ans. La vie y est encore tranquille" avait ajouté la femme politique au détour de cette interview alors frappée par l'épidémie de chikingunya.

Le Premier ministre de l'époque, Dominique de Villepin et plusieurs de ses minsitres venaient de faire le déplacement dans l'île touchée de plein fouet par le ministre. Avec son franc parler habituel elle avait commenté "la présence simultanée de plusieurs ministres dans l'île ne peut à elle seule régler le problème. Il faut une information permanente de la population, une lutte de tous les instants (...) Leur présence(des ministres ndlr)  était peut-être nécessaire, mais cette opération spectaculaire a mis les Français de l'Hexagone en confrontation avec la maladie. Finalement, cela a fait plus de mal que de bien à votre île".

Lire aussi : Lucette Michaux Chevry à La Réunion : le franc parler de la vacancière

www.ipreunion.com avec l'AFP / [email protected]

   

2 Commentaire(s)

Romuald, Posté
Eh bien, c'est du propre ! Rien sur les gamelles judiciaires qu'elle trainait depuis des années, sans être, au final, condamnée ! Ce qui est l'apanage de tous les politiciens bourgeois comme Chirac et Balladur . Tous ces gredins partent tranquillement...
Missouk, Posté
On ne doit pas dire du mal des gens, surtout lorsqu'ils ne sont plus là, mais bon, cette dame était quand même une "magouilleuse" de première. Cela dit, paix à son âme tout de même.