Russie :

Poutine appelle les Russes au patriotisme avant un scrutin sans opposants


Publié / Actualisé
Vladimir Poutine a appelé jeudi ses concitoyens à faire preuve de "patriotisme" à quelques heures du début des élections législatives, un scrutin dont l'essentiel des détracteurs du Kremlin ont été bannis.
Vladimir Poutine a appelé jeudi ses concitoyens à faire preuve de "patriotisme" à quelques heures du début des élections législatives, un scrutin dont l'essentiel des détracteurs du Kremlin ont été bannis.

"Je compte sur votre sens citoyen de la responsabilité, de la pondération et du patriotisme, sur votre souci d'élire des députés qui travailleront pour le bien et au nom de notre Russie chérie", a déclaré le président russe dans une vidéo publiée sur le site du Kremlin dans la nuit.

Le président russe a lancé cet appel alors qu'il est à l'isolement, un foyer de dizaines de cas de Covid-19 ayant été identifié dans son entourage, illustration des difficultés de la Russie à enrayer l'épidémie, sur fond de campagne de vaccination poussive. Son court discours intervient à quelques heures du début d'un marathon électoral de trois jours, comprenant des législatives mais aussi des dizaines d'élections régionales et locales.

Le vote se déroulera du 17 au 19 septembre, afin de limiter le risque épidémique, et les premiers bureaux de vote ouvriront en Extrême orient, à 20H00 GMT jeudi. Des résultats sont attendus après 18H00 GMT dimanche. L'essentiel de l'opposition anti-Poutine a été bannie du scrutin, apogée de mois de répression entamés avec l'arrestation de sa figure de proue, Alexeï Navalny, alors qu'il rentrait en Russie en janvier après un empoisonnement dont il accuse le Kremlin.

L'ensemble de son mouvement a depuis été interdit pour "extrémisme" et nombre de ses alliés de premier plan ont été contraints à l'exil, assignés à résidence ou interdits de candidatures.
Quelque 108 millions de Russes sont appelés aux urnes pour élire les 450 députés de la chambre basse du Parlement, la Douma. La moitié sont désignés au scrutin proportionnel de liste, l'autre au mode majoritaire uninominal.

- Vote intelligent -

L'opposant emprisonné a appelé ses sympathisants à voter "intelligent", en soutenant dans chaque circonscription le candidat le mieux placé pour mettre en difficulté celui du parti au pouvoir, Russie Unie, bien souvent des communistes. "Depuis 2003, soit depuis PRESQUE 20 ANS, aucun candidat indépendant n'a remporté une victoire aux élections à la Douma", a rappelé M. Navalny mercredi dans un message publié sur ses réseaux sociaux.

Impopulaire, sur fond de scandales de corruption et de baisse du niveau de vie, Russie Unie compte moins de 30% d'opinions favorables selon les sondages.
Mais la formation devrait néanmoins s'imposer lors des élections, faute de concurrence réelle, les autres partis représentés à la Douma - communistes, nationalistes et centristes - prenant soin d'être d'accord sur l'essentiel avec le Kremlin.

M. Poutine, au pouvoir depuis plus de vingt ans et encore très populaire, a aussi fait campagne pour sa formation à sa manière, en annonçant notamment une aide financière exceptionnelle pour 42 millions de retraités, un électorat clé, à quelques semaines du scrutin. Les autorités russes ont aussi multiplié les efforts pour limiter l'impact du "vote intelligent" de M. Navalny, qualifié "d'extrémiste" et d'illustrations des ingérences occidentales dans les élections russes.

- Géants américains ciblés -

Moscou accuse en particulier les géants américains de l'internet de s'immiscer dans les affaires russes en refusant de supprimer des contenus jugés illégaux. La diplomatie russe a signifié la semaine dernière sa colère à l'ambassadeur des Etats-Unis. "Les données que nous lui avons transmises sont assez graves", a dit mercredi encore le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, dénonçant "le refus de toute une série de plateformes en ligne occidentales de supprimer des contenus interdits".

Des représentants d'Apple et Google ont en outre été convoqués jeudi devant une commission de la chambre haute du Parlement, le Conseil de la Fédération, alors que les compagnies américaines n'ont pas supprimé l'application "Navalny" de leurs plateformes. Twitter, Facebook ou encore Telegram ont été condamnés à maintes reprises ces derniers mois pour leur refus d'effacer des publications.

AFP

   

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