Football :

L1: débordements de supporters en série, nouvelles sanctions en vue


Publié / Actualisé
Supporters "insupportables", indignation générale, sanctions répétées... Au coeur d'une spirale inquiétante, voilà le football français contraint de sévir encore au lendemain de nouveaux incidents en marge de Montpellier-Bordeaux et Angers-Marseille mercredi.
Supporters "insupportables", indignation générale, sanctions répétées... Au coeur d'une spirale inquiétante, voilà le football français contraint de sévir encore au lendemain de nouveaux incidents en marge de Montpellier-Bordeaux et Angers-Marseille mercredi.

La commission de discipline de la Ligue professionnelle de football (LFP) a commencé à se réunir jeudi à 17h00 pour se pencher sur ces heurts. C'est un nouvel épisode d'une série noire dont la Ligue 1, sous les projecteurs internationaux depuis l'arrivée de Lionel Messi au Paris SG, se serait bien passée en ce début de saison: le retour des spectateurs dans les stades après un an de huis clos sanitaire s'est accompagné de nombreuses scènes houleuses, entre jets de projectiles, envahissement des pelouses et échauffourées diverses.

Mercredi, après le match Angers-Marseille (0-0), plusieurs dizaines de supporters marseillais sont sortis du parcage visiteurs pour se confronter à leurs homologues angevins, sans blessé à déplorer, avant que les stadiers ne rétablissent l'ordre. L'autre grave incident de la soirée de mercredi a concerné un car de supporters bordelais qui est tombé dans un "guet-apens" organisé sur un rond-point par certains de leurs homologues montpelliérains, conduisant à une rixe générale qui a fait au moins seize blessés légers.

- "Hooliganisme insupportable" -

Bref, après seulement sept journées de championnat, les images de débordements s'accumulent: Montpellier-Marseille le 8 août, Rennes-Nantes le 22 août, Nice-OM le 22 août, Lens-Lille samedi dernier...

L'indignation, jeudi, a été unanime, à l'image du ministre de l'Education nationale, de la Jeunesse et des Sports, Jean-Michel Blanquer, qui a évoqué un "hooliganisme insupportable" et réclamé une réponse "ferme" des instances sportives.

Mais du côté de la LFP, on estime que la commission de discipline, avec son éventail de sanctions restreints, ne peut pas tout face à ce "problème d'ordre public" et qu'il faut le soutien des autorités dans ce combat.

Sur le plan pénal, deux hommes ont été interpellés pour jet de fumigène et intrusion sur la pelouse du stade Raymond-Kopa, a annoncé jeudi à l'AFP le procureur de la République d'Angers, des interpellations qui ne concernent pas directement les incidents qui ont éclaté après la rencontre. "Aucune plainte n'a été déposée à ce stade ni de la part du SCO ni de la Ligue. Des analyses vidéo sont en cours", a ajouté le magistrat.

Dans un communiqué, le club d'Angers a déploré "un après-match délicat", sans annoncer non plus de dépôt de plainte. Il faudra voir quelle appréciation la commission de discipline de la LFP, sursollicitée depuis le début de la saison, fait de ces incidents, elle qui a prononcé de nombreuses mesures de huis clos ces dernières semaines.

- Recrudescence -

Le match Nice-OM, interrompu après l'envahissement du terrain par des ultras niçois après que le Marseillais Dimitri Payet a renvoyé vers la tribune une bouteille d'eau qui l'avait heurté, a même donné lieu à un retrait de deux points (dont un avec sursis) au classement pour l'OGCN. La rencontre sera rejouée fin octobre. Le tribunal correctionnel de Nice rendra la semaine prochaine son délibéré contre le supporteur soupçonné d'être l'auteur du jet.

Mais comment expliquer cette recrudescence de débordements ? "Il y a une vraie tendance à la hausse des incidents, ça c'est sûr, mais avec des phénomènes différents. Les violences entre supporters, les envahissements de terrain, les jets de projectiles, n'ont pas tous les mêmes causes", analyse pour l'AFP Nicolas Hourcade, sociologue à l'École centrale de Lyon.

"La conjoncture est préoccupante, et on peine à l'expliquer. Est-ce purement conjoncturel ? De l'excitation positive et parfois négative de retrouver le stade, qui fait que ça déborde ?", s'interroge ce spécialiste du supportérisme.

Une source proche des autorités pointe le retour en tribune de supporters autrefois sous le coup d'une interdiction de stade (IDS), qui ont purgé leur peine pendant que les gradins étaient vidés par la pandémie de Covid-19 et qui "reviennent au stade après deux ans d'absence".

Selon la Division nationale de lutte contre le hooliganisme (DNLH), seuls 54 supporters sont sous le coup d'une IDS à ce jour, contre "plusieurs centaines" auparavant.

Une réunion est prévue "la semaine prochaine" entre la DNLH et le gouvernement pour évoquer la situation, a-t-on appris de sources concordantes, même si, du côté des autorités, on estime avoir déjà "l'arsenal législatif pour répondre".

En attendant, le RC Lens a déconseillé à ses supporters d'effectuer le déplacement à Marseille dimanche, invoquant des conditions de sécurité "non garanties". Et le chaud derby Saint-Etienne - Lyon, le 3 octobre, s'annonce déjà sous haute surveillance.
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AFP

   

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