La Réunion pas épargnée (actualisé) :

Pédocriminalité dans l'Eglise catholique : 216.000 victimes de clercs ou religieux depuis 1950 en France


Publié / Actualisé
Le rapport Sauvé estime à 216.000 le nombre de personnes de plus de 18 ans ayant fait l'objet de violences ou d'agressions sexuelles pendant leur minorité de la part de clercs ou de religieux catholiques en France de 1950 à 2020, selon ses conclusions rendues publiques mardi. Au moins une demi-douzaine d'affaires portant sur ce type d'agressions ont été portées à la connaissance de la justice à La Réunion. "Je demande pardon aux victimes" a déclaré Monseigneur Aubry, évêque de La Réunion, ce mardi soir dans le journal d'Antenne Réunion
Le rapport Sauvé estime à 216.000 le nombre de personnes de plus de 18 ans ayant fait l'objet de violences ou d'agressions sexuelles pendant leur minorité de la part de clercs ou de religieux catholiques en France de 1950 à 2020, selon ses conclusions rendues publiques mardi. Au moins une demi-douzaine d'affaires portant sur ce type d'agressions ont été portées à la connaissance de la justice à La Réunion. "Je demande pardon aux victimes" a déclaré Monseigneur Aubry, évêque de La Réunion, ce mardi soir dans le journal d'Antenne Réunion

Le nombre de victimes grimpe à "330.000 si l'on ajoute les agresseurs laïcs travaillant dans des institutions de l'Eglise catholique" (aumôneries, enseignants dans les écoles catholiques, mouvements de jeunesse), a ajouté Jean-Marc Sauvé en rendant publiques devant la presse les conclusions de la commission qu'il préside.

Pour l’Église catholique, "cela va être une déflagration", assure à l'AFP un membre de la Ciase, sous couvert d'anonymat. "Cela va faire l'effet d'une bombe", renchérit Olivier Savignac, du collectif Parler et Revivre. Le rapport "ne va pas être complaisant", assure le sociologue Philippe Portier, autre membre de la Commission. Mgr Éric de Moulins-Beaufort, le président de la Conférence des évêques de France, a dit craindre "des chiffres considérables, effrayants". Tandis que la présidente de la Conférence des religieuses et religieux des instituts et congrégations (Corref), Véronique Margron, veut accueillir ce rapport comme "un fardeau, aussi noir soit-il, pour prendre les mesures qui s'imposent".

Silence coupable ? Poids du cléricalisme ? La commission donnera son jugement sur l'action de l'institution ecclésiale, après avoir évalué les "mécanismes, notamment institutionnels et culturels" qui ont pu favoriser la pédocriminalité.

- Une pétition lancée -

En novembre, M. Sauvé avait évoqué une "gestion de ces affaires qui dans le passé a souvent été défaillante". Il avait aussi jugé "extrêmement grave qu'il ait pu y avoir quelques institutions et quelques communautés, en petit nombre, où des abus systémiques aient pu être commis".

La Ciase a fait de la parole des victimes "la matrice de son travail", selon M. Sauvé. D'abord avec un appel à témoignages, ouvert dix-sept mois, qui a recueilli 6.500 appels ou contacts de victimes ou proches. Puis en procédant à 250 auditions longues ou entretiens de recherche. Elle a aussi effectué une plongée dans de nombreuses archives, de l’Église, des ministères de la Justice ou de l'Intérieur, de la presse...

Une fois le diagnostic posé, la Commission doit énumérer 45 propositions dans plusieurs domaines: écoute des victimes, prévention, formation des prêtres et des religieux, droit canonique, transformation de la gouvernance de l’Église... Elle préconisera aussi une politique de reconnaissance, puis une réparation financière propre à chaque victime.

Les faits sont presque toujours prescrits, les auteurs décédés, rendant un recours à la justice improbable. Les procédures canoniques (le droit de l’Église) sont longues et peu transparentes.

- Quelles suites l’Église donnera-t-elle au rapport ? -

L'épiscopat a pris des mesures au printemps, promettant non pas des réparations mais un dispositif de "contributions" financières, versées aux victimes à partir de 2022, qui ne fait pas l'unanimité chez ces dernières ni chez les fidèles, lesquels sont appelés à contribuer aux dons.

La Corref s'est, pour sa part engagée en interne dans une démarche de justice "réparatrice" et attend les conclusions du rapport Sauvé pour prendre des décisions.

Les premières réponses de la Conférence des évêques de France et de la Corref seront annoncées en novembre, date à laquelle les deux institutions se réuniront en assemblées plénières.

Un collectif d'associations de victimes a déjà lancé, samedi, une pétition - "Abus sexuels: l'église catholique doit prendre ses responsabilités" - en français et anglais: il s'agit de créer une "mobilisation qui franchisse les frontières", selon François Devaux, cofondateur de l'association de victimes La parole libérée, aujourd'hui dissoute.

Nul doute que le rapport sera aussi examiné à la loupe à Rome par le Pape François, qui a rencontré une partie des évêques français en septembre et qui a été confronté à ce dossier dès le début de son pontificat.

Créée à l'automne 2018, la Ciase est composée de 22 membres, bénévoles, aux compétences pluridisciplinaires. Elle a été financée par l'épiscopat et les instituts et congrégations religieux à hauteur de 3 millions d'euros.

AFP

   

3 Commentaire(s)

La vérité si je mens !, Posté
On a les prêtres qu'on mérite et ce qui est comique on leur donnerait le bon DIEU sans confession. Le pompon c'est Aubry Gilbert, le type qui continue à prêcher dans la rivière de galet sans les fidèles
Gueenec, Posté
pour une bagarre sur fond d' alcool 50 commentaires pour les curés pédophiles rien toujours le silences des religions
Missouk, Posté
Difficile de rester insensible. Difficile aussi d'imaginer que des prêtres censés prêcher la parole d'un dieu juste et bon puissent se laisser aller à de tels comportements. Difficile ensuite de se dire que l'église n'ait pas chercher à protéger ces enfants, et a préféré mettre tout ça sous cloche. La parole a fini par se délier, tant mieux. Quand l'église acceptera que les prêtres puissent se marier et fonder une famille, on aura fait un très grand pas!