Venezuela :

Nouveau vote sur les terres natales de Chavez avec un pouvoir décidé à gagner


Publié / Actualisé
Encadrés par d'importantes forces de l'ordre, les habitants du Barinas, État natal de l'ex-président Hugo Chavez dans l'ouest du Venezuela, étaient appelés dimanche à élire leur gouverneur, après un premier scrutin annulé par la justice en novembre alors que le candidat d'opposition était en tête.
Encadrés par d'importantes forces de l'ordre, les habitants du Barinas, État natal de l'ex-président Hugo Chavez dans l'ouest du Venezuela, étaient appelés dimanche à élire leur gouverneur, après un premier scrutin annulé par la justice en novembre alors que le candidat d'opposition était en tête.

Entre-temps, le candidat d'opposition, Freddy Superlano, a été déclaré inéligible, tout comme sa femme, qui devait le remplacer. C'est finalement Sergio Garrido, peu connu, qui porte les couleurs de l'opposition face à Jorge Arreaza, ancien vice-président et ancien ministre des Affaires étrangères, mais surtout ancien gendre de Chavez.

"Je me bats pour une meilleure démocratie, afin que nous puissions mieux vivre dans notre pays", a déclaré à l'AFP Nelson Leon, après avoir voté dans une école près de la Plaza Bolivar, dans le centre de Barinas, la capitale de l'État. "L'opposition a gagné et cela ne leur a pas plu, car ils veulent continuer avec leur hégémonie et leur dynastie", ajoute ce professeur de musique de 68 ans.

Quelque 25.000 agents de sécurité, dont 15.000 militaires, ont été déployés dans l'Etat et les forces de l'ordre étaient omniprésentes sur le terrain, a constaté un journaliste de l'AFP. "J'ai toujours voté et je viens exercer mon vote normalement pour qu'on conserve le gouvernorat", affirme quant à lui Fajardo Romero, 56 ans, pompier et milicien pro-pouvoir, après avoir voté à Ciudad Tavacare, un grand ensemble de logements sociaux où des portraits de Chavez, président du Venezuela de 1999 jusqu'à son décès en 2013, ornent les murs.

Pour le pouvoir, conserver la région natale du "Comandante" va au-delà du symbole. Le Barinas est une région clé pour le gouvernement de Nicolas Maduro, successeur de Chavez, avec ses plaines agricoles, ses réserves pétrolières et sa situation proche de la frontière colombienne où sévissent guérillas et narcotrafiquants.

Aux élections du 21 novembre, le PSUV (Parti socialiste unifié du Venezuela), le parti du président Nicolas Maduro fondé par Chavez, et ses alliés ont remporté 19 des 23 gouvernorats régionaux du pays, plus la mairie de Caracas. Mais le PSUV a failli perdre le Barinas, gouverné depuis 1998 par un membre de la famille d'Hugo Chavez.

- "L'espoir est de retour" -

La dynastie a commencé avec le père du défunt président, Hugo de los Reyes Chavez (1998-2008) et s'est poursuivie avec ses frères Adan (2008-2016) et Argenis (2017-2021). Ce dernier a passé la main après l'annulation du scrutin à Jorge Arreaza. L'opposition a dénoncé un "bidouillage" pour priver son candidat de la victoire.

Tandis que les résultats étaient publiés pour les autres Etats, ceux du Barinas ont été retardés pendant des jours, puis finalement suspendus, alors que, après le dépouillement de 90% des bulletins, Freddy Superlano menait avec 37,60% des voix, contre 37,21% pour Argenis Chavez.

Pour le nouveau scrutin dimanche, 607.000 des 870.000 habitants de cet État sont appelés aux urnes jusqu'à 18h00 (22h00 GMT).
Le pouvoir vénézuélien a mobilisé sa machine électorale. "L'espoir est de retour" est le slogan d'Arreaza. Une formule soigneusement choisie qui fait allusion à Chavez mais aussi à un besoin de changement alors que le Venezuela est touché de plein fouet par la crise économique sans précédent qui a fait chuter le PIB par habitant de ce pays producteur de pétrole au niveau de Haïti.

"Nous ne pouvons pas laisser tomber le commandant", a déclaré cette semaine le candidat officiel, père du premier des petits-enfants du leader socialiste.

Sergio Garrido, qui dit être confiant, dénonce lui "l'usage et le détournement" des ressources de l'Etat pour favoriser le candidat du PSUV. Le directeur de l'institut Delphos, Felix Seijas, pense que l'annulation du scrutin de novembre pourrait "inhiber" les électeurs de l'opposition : "Le gouvernement fait tout ce qu'il peut pour gagner le Barinas" à un moment où l'opposition pourrait tenter d'organiser un référendum pour destituer Nicolas Maduro.

"Ils ne peuvent pas permettre une victoire de l'opposition dans un Etat si important pour le chavisme, car cela alimenterait le discours selon lequel le chavisme n'est pas tout-puissant", explique M. Seijas.

AFP

   

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