Tribunal indonésien :

Attentats de Bali : un leader islamiste condamné à 15 ans de prison


Publié / Actualisé
Un tribunal indonésien a condamné mercredi Zulkarnaen, un dirigeant islamiste lié à Al-Qaïda, à 15 ans de prison pour son rôle dans les attentats de 2002 à Bali qui ont fait plus de 200 morts, essentiellement des touristes.
Un tribunal indonésien a condamné mercredi Zulkarnaen, un dirigeant islamiste lié à Al-Qaïda, à 15 ans de prison pour son rôle dans les attentats de 2002 à Bali qui ont fait plus de 200 morts, essentiellement des touristes.

Deux explosions, survenues un an après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, avaient fait un carnage dans des bars et boîtes de nuit de l'île touristique indonésienne et demeurent l'attaque terroriste la plus meurtrière dans le pays d'Asie du Sud-Est à ce jour.

L'Indonésien de 58 ans, co-fondateur de l'organisation islamiste indonésienne Jemaah Islamiyah (JI), était accusé d'avoir planifié les attentats de Bali ainsi que d'autres attaques terroristes perpétrées par un groupe sous son commandement. "Il est jugé coupable d'actes de terrorisme et est condamné à 15 ans de prison", a déclaré le juge principal du tribunal de Jakarta Est mercredi. "Le défendeur était au courant" du projet d'attentat par une équipe qu'il avait formée, a souligné le juge, même s'il a affirmé "ne pas avoir été impliqué dans le reste du processus".

Zulkarnaen, dont le vrai nom est Arif Sunarso, selon les documents du tribunal, était recherché par l'Indonésie depuis ces attentats mais a échappé à la justice pendant près de vingt ans avant d'être arrêté en décembre 2020 sur l'île de Sumatra.

Le parquet a souligné que Zulkarnaen avait créé une cellule terroriste et l'a décrit comme un homme clé de l'organisation du fait de son expérience dans les camps d'entraînement extrémistes en Afghanistan et aux Philippines. Il avait requis la prison à vie.

Tout au long du procès, Zulkarnaen a nié son implication dans les attentats de Bali, mais a reconnu qu'ils avaient été perpétrés par son équipe. Il a affirmé devant le tribunal que les exécutants ne l'avaient pas prévenu à l'avance de l'attaque et qu'il n'avait pas participé aux préparatifs.

Mais les juges ont estimé qu'il portait une part importante de responsabilité. "Le fait qu'il était le chef de l'équipe et a accepté un projet à Bali (...) pourrait être considéré comme un feu vert" aux attentats de 2002, a noté le juge.

- Un relais d'Al-Qaïda -

Le tribunal a attribué à son équipe d'autres attaques, dont un attentat en 2000 contre l'ambassade des Philippines et une série d'attentats contre des églises. Sa cellule a aussi été accusée d'avoir encouragé les violences entre musulmans et chrétiens sur les îles de Célèbes et des Moluques entre 1998 et 2002 qui ont fait plusieurs milliers de morts, selon la police.

Zulkarnaen n'était pas présent au tribunal à cause des mesures sanitaires contre le coronavirus, mais il est apparu par lien vidéo sur un écran, vêtu de la combinaison orange que portent les détenus. Zulkarnaen est considéré comme l'un des principaux dirigeants de la Jemaah Islamiyah, mouvement fondé par des extrémistes indonésiens exilés en Malaisie dans les années 1980.

Le mouvement a essaimé en Asie du Sud-Est et été désigné comme une organisation terroriste internationale par plusieurs pays, sont les Etats-Unis et l'Australie qui a perdu 88 ressortissants dans les attentats de Bali. Zulkarnaen était d'un des "relais d'Al-Qaïda en Asie du Sud-Est" et "l'une des rares personnes en Indonésie qui avait un contact direct" avec l'organisation, selon le programme américain Rewards for Justice, qui offrait une récompense de 5 millions de dollars pour le retrouver.

JI a été presque entièrement dissoute par les autorités après les attentats de Bali, mais l'organisation s'est progressivement recréée. Son leader spirituel, le chef religieux islamiste Abu Bakar Bachir, a été libéré de sa prison indonésienne l'an dernier après avoir purgé une peine de prison pour avoir aidé au financement de camps d'entraînements islamistes dans la province d'Aceh.

L'Indonésie a subit de nombreuses autres attaques terroristes, quoique de moindre ampleur, depuis les attentats de Bali, et abrite des dizaines d'organisations terroristes dont certaines liées au groupe Etat islamique (EI).

AFP

   

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