Etats-Unis :

Biden en quête d'un nouveau souffle pour sa présidence


Publié / Actualisé
Il goûte peu l'exercice, et c'est pourtant par une conférence de presse que Joe Biden va tenter mercredi de redonner du souffle à sa présidence, à la veille de son premier anniversaire à la Maison Blanche.
Il goûte peu l'exercice, et c'est pourtant par une conférence de presse que Joe Biden va tenter mercredi de redonner du souffle à sa présidence, à la veille de son premier anniversaire à la Maison Blanche.

Donnant un avant-goût de ce rendez-vous prévu à 21H00 GMT, sa porte-parole Jen Psaki a promis mardi que désormais le président américain allait "parler davantage" des succès engrangés depuis son investiture le 20 janvier 2021.

Le démocrate de 79 ans a besoin de trouver un nouvel élan. Il a dû en l'espace de deux mois enterrer deux promesses emblématiques, à savoir rénover l'Etat-providence et protéger par une grande loi l'accès au vote des minorités, pour cause de majorité parlementaire trop courte.

Joe Biden a un peu plus d'un mois pour corriger son image de président englué dans les déconvenues: entre la conférence de presse de mercredi et son discours sur l'état de l'Union, traditionnelle allocution de politique générale des présidents, prévu le 1er mars devant le Congrès.

Après, il sera selon les commentateurs politiques trop tard pour espérer peser sur les élections législatives de mi-mandat, prévues à l'automne, et qui s'annoncent mal pour le parti démocrate.

Sur le plan strictement politique, Joe Biden a déjà nettement durci le ton contre l'opposition républicaine et contre son prédécesseur Donald Trump dans deux récents discours. Et pour ce qui concerne son bilan, la Maison Blanche a vanté mardi sur Twitter, tableaux de chiffres "avant/après" à l'appui, ce que Joe Biden a accompli en matière de rebond économique et de lutte contre la pandémie de Covid-19.

- "Historiques" -

Elle a mis en avant les progrès "historiques" de l'emploi, avec un taux de chômage désormais de 3,9%, contre 6,4% il y a un an. Sur le plan sanitaire, l'administration Biden a rappelé que 74% des adultes américains étaient désormais entièrement vaccinés, contre 1% quand elle a pris les rênes.

Le président démocrate veut aussi faire le service après-vente de deux législations d'envergure: un plan de relance d'urgence de 1.900 milliards de dollars peu après son arrivée au pouvoir, et plus récemment un investissement historique de 1.200 milliards de dollars dans les infrastructures décaties des Etats-Unis.

Et si Joe Biden a dû enterrer son ambition de vaste réforme sociale, il peut tenter avant l'été d'en sauver des bribes: sa porte-parole a fait état de discussions avec les parlementaires pour "baisser les coûts de la santé".

"L'Amérique est à nouveau en mouvement", s'est félicité Joe Biden sur Twitter mardi. Mais lui reste politiquement envasé: un nouveau sondage Gallup place sa cote de popularité à tout juste 40%, contre 57% à son arrivée.

Son équipe plaide pour la patience, en se disant confiante sur le bilan final. "Le président Biden a été élu pour un mandat de quatre ans, pas d'un an", a ainsi fait valoir Ron Klain, le chef de cabinet de Joe Biden, auprès de Politico.

- Inflation et Omicron -

Si les statistiques économiques sont impressionnantes, l'inflation est également spectaculaire, or c'est bien ce qui préoccupe les Américains aujourd'hui.

Et les progrès de la vaccination ou les efforts du gouvernement pour remédier à la pénurie de tests ne peuvent pas grand-chose concernant l'immense lassitude du pays face à la pandémie, encore aggravée par l'arrivée du variant Omicron.

Sur le plan extérieur, là où Joe Biden a promis que l'Amérique était "de retour", ses concitoyens tiennent le président responsable d'un départ chaotique d'Afghanistan et s'interrogent sur sa stratégie face aux régimes autoritaires qu'il a promis de défier.

A commencer par la Russie, dont la rhétorique et les manoeuvres concernant l'Ukraine ont déclenché une crise inédite depuis la Guerre froide.

Pour tenter de reprendre la main, Joe Biden se fait donc en quelque sorte violence, en donnant une conférence de presse en bonne et due forme.

Contrairement à son prédécesseur Donald Trump, qui s'épanchait et vitupérait abondamment en présence des journalistes, le démocrate évite les interactions prolongées avec la presse. Il se contente le plus souvent de répondre, de façon plus ou moins lapidaire, à deux ou trois questions que lui crient les journalistes à sa descente d'avion, ou à la fin d'un discours.

Selon l'université de Californie-Santa Barbara, Joe Biden aura tenu neuf conférences de presse, contre 22 pour son prédécesseur pendant la première année de son mandat.

AFP

   

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