Ukraine :

Olena et Irina, une étreinte pour oublier la guerre


Publié / Actualisé
Une étreinte et quelques mots de réconfort: Olena et Irina, deux Ukrainiennes chassées par l'invasion russe se sont croisées sur la route de l'exil dans un hôtel de Roumanie transformé en centre d'accueil.
Une étreinte et quelques mots de réconfort: Olena et Irina, deux Ukrainiennes chassées par l'invasion russe se sont croisées sur la route de l'exil dans un hôtel de Roumanie transformé en centre d'accueil.

Lorsque la guerre a éclaté, Olena Karas, 34 ans, a décidé de fuir Kiev, où elle gérait un restaurant, pour chercher refuge en Europe de l'ouest. Après un périple de dix jours à travers des "villages rasés" et des "routes parsemées de corps brûlés et de chars calcinés", elle a passé sa première nuit calme sur un matelas posé dans la salle de bal d'un hôtel de Suceava (nord).

Le 24 février, Irina Tanasiev, 16 ans, quittait elle Tchernivtsi (ouest de l'Ukraine) avec une seule pensée en tête: "aider les siens", alors que de premiers réfugiés commençaient à traverser la frontière vers la Roumanie. "Mon école avait fermé et j'ai appris qu'un grand hôtel de Suceava cherchait des volontaires parlant ukrainien ou russe", a-t-elle raconté à l'AFP.

Depuis trois semaines, la jeune fille se relaie comme d'autres jeunes en fuite jour et nuit pour enregistrer les réfugiés, les aider à trouver un transport vers d'autres destinations mais surtout "les réconforter", indique Stefan Mandachi, le patron de l'établissement. "Quand ils arrivent chez nous, les gens sont hagards, se sentent perdus, ne savent pas où aller", explique-t-il.

"Le plus dur, c'est que devant leurs enfants ils doivent paraître forts, sûrs d'eux", souligne l'entrepreneur, selon qui plus de 17.000 réfugiés ont à ce jour été hébergés dans son hôtel, qui a également organisé le départ de 13.000 d'entre eux vers l'Allemagne, l'Italie et la Pologne. Le tout, gratuitement.

Olena Karas embarquera à son tour dans un car à destination de l'Allemagne, avant d'enchaîner vers la Grande-Bretagne, où elle compte trouver un emploi dans la restauration. "J'espère rentrer bientôt dans mon pays, où j'ai laissé mes parents, mon mari et mes amis", confie-t-elle.

En attendant, elle promet d'envoyer une partie de l'argent qu'elle va gagner à l'armée ukrainienne, dans les rangs de laquelle combat son mari.

Irina, elle, ne prévoit pas de rentrer de sitôt en Ukraine, car l'examen de fin d'études qu'elle devait passer à l'automne a été annulé. "Une année de perdue", se désole l'adolescente aux longs cheveux bruns. "Je vais sans doute m'inscrire à la faculté de droit en Roumanie ou dans un autre pays de l'Union européenne".

Pour l'heure, elle retourne parmi des réfugiés en quête d'une tasse de thé, d'un conseil ou d'un sourire.

 AFP

   

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