Mobilisation :

Flambée des prix des carburants: nouvelle journée d'action dans l'Hexagone


Publié / Actualisé
Mécontents des annonces du gouvernement, des professionnels du BTP, pêcheurs, agriculteurs et transporteurs, rejoints par des taxis, organisent de nouveau lundi des barrages filtrants, blocages de dépôts pétroliers et de raffinerie dans toute la France pour protester contre la flambée des prix des carburants.
Mécontents des annonces du gouvernement, des professionnels du BTP, pêcheurs, agriculteurs et transporteurs, rejoints par des taxis, organisent de nouveau lundi des barrages filtrants, blocages de dépôts pétroliers et de raffinerie dans toute la France pour protester contre la flambée des prix des carburants.

En Normandie, quelque 200 poids lourds étaient bloqués lundi matin à hauteur de Torigny-les-Villes, à l'entrée de l'A84 qui relie Avranches à Caen, selon la préfecture de la Manche.

Romain Leguelinel, gérant d'une société de transport de 11 salariés, participait au blocage. "On roule pour rouler, plus pour gagner notre vie. À ce rythme, une grosse partie des TPE et PME du secteur vont être amenées à fermer. Les 400 millions d’aides annoncés ne sont pas du tout adaptés. Pour nous, c'est juste un chèque de 1.300 euros, ça compense même pas ce qu’on a perdu jusqu’à maintenant", a-t-il déclaré à l'AFP.

À la mi-journée, d'autres barrages étaient en cours près de Saint-Lô, tandis qu'en Seine-Maritime, entre 100 et 150 pêcheurs bloquaient le port de commerce du Tréport, selon la coopérative des artisans-pêcheurs de la commune. La circulation était également fortement ralentie sur le Pont de Normandie, d'après Bison Futé.

L'enveloppe de 400 millions d'euros d'aides aux transporteurs routiers et la remise de 15 centimes par litre de gazole annoncées la semaine dernière par le gouvernement n'ont pas suffi à apaiser la colère.

Déjà en hausse constante ces derniers mois, le prix du gazole et du GNR (gazole non routier) s'est envolé depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie, des augmentations impossibles à répercuter dans leur totalité pour les professionnels de ces secteurs les plus gourmands en carburants.

En Bretagne lundi, les plus forts ralentissements ont lieu dans le Morbihan autour de Lorient, avec quelque 10 kilomètres de bouchon selon la préfecture. "On est environ 200, pêcheurs, routiers, mais aussi des agriculteurs qui arrivent avec des tonnes à lisier pleines, et on attend des propositions parce qu'on n'a rien eu", a réagi Norbert Guillou, patron d'une entreprise de travaux publics, qui réclame "le gazole à 1,30 euro et le GNR à 80 centimes".

Des opérations escargot ont également lieu sur la rocade de Rennes, de même qu'à Brest et La Rochelle.

- Les taxis en renfort -

Au sud de Lyon, une dizaine de camions bloquent les expéditions de la raffinerie TotalEnergies à Feyzin (Rhône), à l'appel notamment de la Confédération paysanne et de la Coordination rurale.

"Nous sommes là depuis 04H00 du matin pour protester contre l’explosion du coût de l’énergie et des aliments pour le bétail, qui prend une ampleur disproportionnée pour nos exploitations. Les échéances à 30 jours vont être très difficiles", a détaillé Gilles Jouve, éleveur de vaches allaitantes en Ardèche.

"Voici un an, on achetait la tonne de maïs à 200 euros. La dernière commande était à 277 euros", a expliqué Manuel Arandel, de la Confédération paysanne.

Il n’y a "pas de tensions sur les approvisionnements à ce jour et on n’anticipe pas de tensions", a indiqué à l'AFP une porte-parole de l’Ufip Énergies et Mobilités, qui regroupe les professionnels du secteur pétrolier en France.

Les chauffeurs de taxi ont rejoint le mouvement lundi avec des opérations escargot à Orléans et Besançon, où quelque dix kilomètres de bouchons ont été enregistrés.

Près de Marseille, des centaines de taxis bloquaient les entrepôts logistiques de la zone commerciale de Miramas. Selon Yazid Ziani, membre de la Fédération nationale du taxi, la hausse du prix du carburant représente une perte de 400 à 600 euros par mois pour les taxis, "qui gagnent en moyenne 2.000 euros par mois".

En Corse, les deux dépôts pétroliers de l'île, à Ajaccio et Lucciana (Haute-Corse), sont bloqués par des agriculteurs, selon la préfecture. Des agriculteurs ont disposé depuis 05H30 lundi matin leurs tracteurs et remorques devant l'entrée des dépôts. Ils demandent notamment un plan de résilience spécifique à la Corse.

Les actions de protestation concernent également le nord de l'Hexagone, avec des barrages filtrants à Dourges (Pas-de-Calais) et au centre de transport et de logistique de Lesquin (Nord).

 AFP

   

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