Rugby :

Coupes d'Europe: trois clubs français en finales, un bien pour un mal?


Publié / Actualisé
Trois clubs français, La Rochelle, Toulon et Lyon, se sont qualifiés pour les finales de la Coupe d'Europe et du Challenge européen les 27 et 28 mai à Marseille: une bonne nouvelle pour le rugby hexagonal mais qui aura des répercussions en Top 14, où la lutte est toujours aussi indécise.
Trois clubs français, La Rochelle, Toulon et Lyon, se sont qualifiés pour les finales de la Coupe d'Europe et du Challenge européen les 27 et 28 mai à Marseille: une bonne nouvelle pour le rugby hexagonal mais qui aura des répercussions en Top 14, où la lutte est toujours aussi indécise.

Pour les Maritimes, cette deuxième finale d'affilée en Coupe d'Europe, face à l'ogre irlandais du Leinster, est une bonne chose d'abord pour le club, qui se voit offrir une nouvelle occasion d'accrocher à son maillot sa première étoile et de rejoindre les "Européens" Brive, Toulon et Toulouse, à ce jour les trois seules équipes du rugby français à avoir remporté une couronne continentale.

C'est aussi une bonne chose pour l'effectif rochelais alors que certains des artisans de ses trois dernières superbes saisons, dont Victor Vito, Ihaia West ou encore Dany Priso et Jules Plisson, sont sur le point de quitter le club. Des "adieux" sur un titre européen auraient du cachet.

Lyon et Toulon s'affronteront eux en finale du Challenge européen. Certes, ce n'est que la "petite" Coupe d'Europe mais elle ne figure au palmarès d'aucun des deux clubs. C'est même la première finale européenne pour le LOU Rugby.

Revers de la médaille: ces trois clubs, auxquels s'ajoutent les demi-finalistes malheureux Toulouse et le Racing, auront enchaîné quarts de finale et demi-finales européens avant de disputer, le week-end prochain, l'avant-dernière journée du Top 14, où ils sont encore en lice pour les six premières places, synonymes de présence en phase finale.
Ils rebasculeront dans la foulée sur leurs finales au Vélodrome et il leur faudra ensuite revenir sans souffler sur la scène nationale le 5 juin, pour une dernière journée de Top 14 cruciale tant le haut du classement se tient dans un mouchoir de poche (sept points séparent le 1er, Montpellier, du 7e et premier non-barragiste, La Rochelle).

- Tunnel -

Le tunnel s'annonce donc très long, d'autant que l'arrivée des grosses chaleurs, comme ce fut le cas dimanche au stade Bollaert pour la demi-finale La Rochelle-Racing 92 (20-13), émousse les organismes et fatigue des corps déjà usés par une saison à rallonge, notamment pour les internationaux.

A Lens, plusieurs joueurs ont dû sortir sur blessures: Ibrahim Diallo, Finn Russell, Tawera Kerr-Barlow... La veille à Dublin, le Toulousain Rodrigue Neti a été vu avec des béquilles après la lourde défaite contre le Leinster (40-17).

Le capitaine du Racing 92, Gaël Fickou, qui arborait un coquard dimanche soir, a reconnu que "la chaleur (avait) pesé", même s'il était hors de question d'y trouver une "excuse" à la défaite. "Bien sûr que ça va être dur (d'enchaîner sur le déplacement à Montpellier samedi, NDLR)", a ajouté le centre des Bleus. "(Nos adversaires) se seront reposés mais on doit se relever, il y a des choses plus dures dans la vie."

- Se relever -

Pour Ugo Mola, le manager du Stade toulousain, "on n'a pas trop le temps de réfléchir, il faut juste être dans l'action et dans la capacité que l'on aura à être le plus frais possible".
"On n'a pas le choix (...) Est-ce que tu veux baisser la tête et faire une saison de merde, ou est-ce que tu veux te relever et aller chercher quelque chose de grand ?", reprend Fickou.

Dans les prochaines semaines, un effort mental considérable va être demandé aux joueurs. Le manager rochelais Ronan O'Gara lançait même, après la victoire de ses Maritimes dimanche, que la réception samedi du Stade français, pourtant 11e au classement, s'apparentait à "une autre finale".

Le hic, c'est qu'en fonction de l'état de leurs infirmeries, certains clubs pourront se permettre de "faire tourner" lors des deux prochaines échéances en championnat quand d'autres n'auront pas le choix.

Laurent Travers, le manager du Racing, a fait les comptes: en cumulant championnat, Coupe d'Europe et rencontres internationales, il arrive à 42 matches sur la saison. "Si vous n'avez pas un effectif qui permette aux joueurs de se régénérer...", souffle-t-il sans finir sa phrase.

AFP

   

Votre avis nous intéresse, soyez le premier à vous exprimer !