Affaire Damien Abad :

L'Observatoire des violences sexuelles en politique appelle à un rassemblement face au "gouvernement de la honte"


Publié / Actualisé
L'Observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique appelle à un rassemblement mardi à Paris pour dénoncer "un gouvernement de la honte", après la nomination de Damien Abad, accusé de viol et de violences sexuelles par deux femmes. (Photo AFP)
L'Observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique appelle à un rassemblement mardi à Paris pour dénoncer "un gouvernement de la honte", après la nomination de Damien Abad, accusé de viol et de violences sexuelles par deux femmes. (Photo AFP)

"Au moment où le gouvernement vient de refaire de la lutte contre les violences faites aux femmes sa +grande cause du quinquennat+ et qu'Olivia Grégoire, porte-parole du gouvernement, encourage la libération de la parole, il est inconcevable de garder au gouvernement un homme accusé de viol", a déclaré Mathilde Viot, une des cofondatrices de cette association qui a par ailleurs tweeté "pas de quartier pour les sexistes Darmanin, Dupond-Moretti, Guerini".

"On ne demande pas à Elisabeth Borne de faire un travail de juge, on lui demande de décider si Damien Abad est en mesure d'assumer ses fonctions. En l'état, nous pensons qu'il ne peut pas remplir sa mission de ministre des Solidarités", a-t-elle estimé auprès de l'AFP.

L'Observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique, qui a transmis les témoignages des accusatrices de M. Abad à des cadres de LREM et LR, se veut "le relais de la question des violences sexuelles en politique".

Fiona Texeire, autre fondatrice aux côtés de l'élue EELV parisienne Alice Coffin, de Madeline Da Silva et de Hélène Goutany, décrit un rôle de mise en avant "d'articles qui n'ont pas reçu d'écho au niveau national" et de compilation "de ce qui existait déjà de façon publique pour montrer ce qui touche absolument toutes les familles politiques et tous les échelons au pouvoir".

L'Observatoire plaide pour la mise à l'écart de la politique des hommes mis en cause pour violences sexuelles et sexistes et demande également la création d'une structure d'Etat qui prenne en charge ce travail de veille.

"On réalise un travail qui n'est pas le nôtre, qui devrait être le rôle de l'Etat. La Haute Autorité de la Transparence de la vie publique n'a pas un rôle de contrôle des violences sexuelles, mais devrait pouvoir contrôler cette question", abonde Mathilde Viot.

De son côté, Fiona Texeire craint que l'association ne puisse "faire face à cette visibilité nouvelle et gérer la réception d'une grosse quantité de témoignages", alors que les membres fondatrices de l'Observatoire ne sont pas formées pour accompagner des femmes victimes de violences sexuelles et sexistes.

AFP

   

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