Education nationale :

"Écoles du futur" : Emmanuel Macron veut généraliser l'expérience


Publié / Actualisé
Le président Emmanuel Macron, en visite ce jeudi à Marseille dans une école "laboratoire" testant une expérimentation pédagogique contestée par les syndicats enseignants, a déclaré que l'ambition dans les prochains mois était d'étendre cette approche "partout sur le territoire".
Le président Emmanuel Macron, en visite ce jeudi à Marseille dans une école "laboratoire" testant une expérimentation pédagogique contestée par les syndicats enseignants, a déclaré que l'ambition dans les prochains mois était d'étendre cette approche "partout sur le territoire".

"Notre ambition avec Monsieur le Ministre, c'est ensuite dans les prochains mois de pouvoir généraliser cette approche", qui consiste à mettre des moyens tout en donnant aussi "plus de liberté pédagogique aux enseignants", a expliqué Emmanuel Macron en présence de Pap Ndiaye dans l'école Menpenti de Marseille.

Le chef de l'État avait lancé l'idée d'une " école du futur " en septembre 2021, lorsqu'il avait présenté le plan d'urgence Marseille en grand, destiné à aider la deuxième ville de France, où le taux de pauvreté dépasse 50 % dans certains quartiers, à rattraper son retard. " L'école du futur " doit permettre aux établissements de financer un projet innovant autour de la culture, des langues, de l'environnement ou des sciences en donnant aux directeurs d'école la possibilité de participer au recrutement de leur équipe pédagogique.

Objectif, selon l'Élysée : donner " davantage de liberté et d'autonomie aux équipes pédagogiques pour bâtir un système scolaire plus juste et plus inclusif ".

À l'école Menpenti, l'un des 59 établissements de la cité phocéenne retenus pour cette expérimentation, le laboratoire de maths doit fournir aux élèves " une activité authentique de recherche et d'expérimentation " en s'appuyant sur les "outils numériques, la manipulation et le jeu", selon un document interne que l'AFP a pu consulter.

Le maire de Marseille, Benoît Payan, a salué devant la presse la volonté d'Emmanuel Macron de "mettre des moyens sur la table comme personne ne l'a fait avant", et de "faire faire des maths, des langues étrangères aux enfants".

Sur les 2,5 millions d'euros de budget global prévu, 360 000 euros ont déjà été engagés, a précisé Christian Abrard, préfet chargé du volet pédagogique du plan Marseille en grand. "Mais il y a des lignes rouges : c’est l’école de la République, l’égalité de toutes les écoles", a souligné Benoît Payan, "opposé" au recrutement par les directeurs d’établissement.

- Interrogations -

Alors qu’Emmanuel Macron a été accueilli par une cinquantaine d’enfants euphoriques, avant de faire le tour d’ateliers avec des écoliers, une trentaine de manifestants postés près de l’école ont réclamé d’abord plus de moyens pour l’Éducation nationale.

L'expérimentation marseillaise suscite beaucoup d'interrogations, notamment l'idée que les directeurs d'école puissent choisir leur équipe, un changement profond du modèle de l'Éducation nationale. "L'Education nationale n'est pas une somme de +start-ups+", assène Stéphane Crochet, secrétaire général du SE-Unsa, qui s'inquiète que le nouveau ministre ne "se retrouve avec un chemin extrêmement balisé" et que l'expérimentation ne soit généralisée.

"Cette expérimentation remet gravement en cause le caractère national de l'École publique, le statut de fonctionnaires d'État des enseignants, l'égalité de traitement des personnels dans leur demande de mutation", renchérit la Fédération FO de l'Enseignement (FNEC FP – FO). D'autres pointent le risque d'une "école à deux vitesses", avec des établissements mieux dotés que d'autres et pas forcément situés dans des quartiers défavorisés.

Le président et Pap Ndiaye, qui effectue son deuxième déplacement de terrain après une première visite hautement symbolique dans le collège du professeur assassiné Samuel Paty, sont en outre attendus sur de tout autres sujets. "Cette expérimentation, c’est une vitrine alors que le président devrait se concentrer sur les sujets brûlants de l'Education nationale que sont les salaires, le dégel du point d'indice ou encore la feuille de route du nouveau ministre qui ne s'est toujours pas exprimé", a lancé Guislaine David, secrétaire générale du Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire.

Plusieurs chantiers de poids attendent le nouveau ministre, à commencer par la crise du recrutement des enseignants et la réintroduction des mathématiques dans le tronc commun au lycée.

Le chef de l'Etat marquera aussi, avec cette visite, son soutien à Pap Ndiaye, historien réputé des minorités et cible d'un tir de barrage de l'extrême droite, qui le qualifie de "militant racialiste et antiflics", depuis sa nomination-surprise dans le gouvernement d'Elisabeth Borne.

www.ipreunion.com avec l'AFP : [email protected]

   

3 Commentaire(s)

HULK, Posté
Toujours de l'enfumage, comme d'habitude évidemment. Ah il est très fort pour çà. Il annonce et de toute manière il s'enfoui. Pauvre FRANCE. Pas meilleur chez les autres. On est mal barrés.
Ded, Posté
Bref , comme à Cherbourg , Jupiter a fait son cirque et son ministre n'a pas eu grand chose à dire.Réforme qui va dans le sens d'une "privatisation" de l'éducation nationale...Au fait pas un mot sur les ratés de son chouchou Darmanin'
Missouk, Posté
Une honte ! Un effet d'annonce pour une école ! Alors que l'Education Nationale est sinistrée. Ce monsieur devrait ramper et se cacher!