Nucléaire iranien :

Liban: Macron et Lapid prêts à "travailler ensemble"


Publié / Actualisé
Le président français Emmanuel Macron et le nouveau Premier ministre israélien Yaïr Lapid ont manifesté mardi leur volonté d'oeuvrer ensemble pour contrecarrer les ambitions régionales de l'Iran et favoriser un accord gazier entre l'Etat hébreu et le Liban.
Le président français Emmanuel Macron et le nouveau Premier ministre israélien Yaïr Lapid ont manifesté mardi leur volonté d'oeuvrer ensemble pour contrecarrer les ambitions régionales de l'Iran et favoriser un accord gazier entre l'Etat hébreu et le Liban.

Les deux dirigeants ont acté leurs divergences sur l'accord de 2015 ("JCPOA") encadrant le programme nucléaire iranien, que les Européens tentent de sauver mais que l'Etat hébreu juge totalement inopérant.

"L’Iran refuse toujours de saisir l'opportunité qui lui est offerte de conclure un bon accord (...) Nous allons poursuivre, en étroite coordination avec nos partenaires, tous les efforts pour tenter de (le) ramener à la raison", a lancé Emmanuel Macron en recevant Yaïr Lapid, qui effectuait à Paris son premier déplacement international.

Le centriste Yaïr Lapid a été nommé vendredi Premier ministre israélien dans le cadre d'un accord de partage de pouvoir avec Naftali Bennett prévoyant une rotation à la tête du gouvernement en cas de dissolution de la Knesset, le Parlement, survenue jeudi. Il doit assurer l'intérim jusqu'à la formation du prochain gouvernement.

Les discussions ouvertes à Vienne en avril 2021 sont destinées à réintégrer les Etats-Unis à l'accord sur le nucléaire et à ramener l'Iran au respect de ses engagements dictés par ce pacte.

L'Etat hébreu tente de son côté de convaincre les puissances occidentales de ne pas renouveler l'accord en échange de la levée de sanctions sur Téhéran.
Le président français a une nouvelle fois insisté sur la nécessité de "compléter (l'accord) par des négociations encore plus fortes sur les activités balistiques et régionales" de l'Iran, qui a étendu son influence du Liban au Yémen via des milices locales.

- "Nouvel accord" -

M. Lapid a souligné la convergence de vues avec M. Macron sur la nécessité de "répondre" à la menace représentée, selon lui, par l'Iran au Moyen-Orient. "En 2018, vous avez été le premier dirigeant mondial à parler de la nécessité d'un nouvel accord avec l'Iran, plus efficient (..) Vous aviez raison", a-t-il lancé lors d'une prise de parole au palais de l'Elysée. "La situation actuelle ne peut se perpétuer. Elle mènera à une course aux armements au Moyen-Orient qui menacera la paix mondiale".

Les responsables israéliens, qui craignent que l'Iran se dote de l'arme nucléaire - ce que Téhéran nie -, redoutent notamment que la levée de sanctions permette à Téhéran de regarnir ses coffres pour accroître son aide à ses alliés aux frontières d'Israël, comme le Hezbollah libanais ou le Hamas palestinien.

Avant son départ pour la France, le Premier ministre israélien avait aussi indiqué vouloir demander à M. Macron "d'intervenir" afin de sauver les pourparlers gaziers entre le Liban et l'Etat hébreu. La France, ancienne puissance coloniale, garde des liens forts avec le Liban.

"Les deux pays ont intérêt à aboutir à un accord qui permettra une exploitation énergétique au bénéfice des deux peuples", a répondu le président français.
Le Liban et Israël, pays voisins officiellement toujours en état de guerre, avaient entamé en octobre 2020 des négociations inédites sous l'égide de Washington pour délimiter leur frontière maritime, afin de lever les obstacles à la prospection d'hydrocarbures.

- "Contrôler le Hezbollah" -

Mais les pourparlers avaient été suspendus en mai 2021 en raison de différends concernant la surface de la zone contestée. Dès le lendemain de l'arrivée au pouvoir de M. Lapid, l'armée israélienne a affirmé avoir abattu trois drones du Hezbollah libanais qui se dirigeaient selon elle vers le champ gazier de Karish en Méditerranée, au coeur d'une recrudescence des tensions ces dernières semaines entre Israël et le Liban.

"Le gouvernement libanais doit contrôler le Hezbollah ou nous serons forcés de le faire", a affirmé Yaïr Lapid à des journalistes avant de s'envoler pour Paris. "Le Hezbollah poursuit sur la voie du terrorisme et sape la capacité du Liban à parvenir à un accord sur la frontière maritime", avait-il déjà commenté ce weekend.

Israël a signé mi-juin un accord pour livrer du gaz naturel à l'Egypte, qui prévoit de le liquéfier pour l'expédier en Europe. Le Vieux continent cherche à diversifier ses approvisionnements énergétiques après la décision de la Russie de couper ses livraisons de gaz à des pays européens.

La visite de M. Lapid intervient avant celle, la semaine prochaine en Israël, en Cisjordanie occupée et en Arabie saoudite, du président américain Joe Biden, dans le cadre de sa première tournée au Moyen-Orient depuis son arrivée à la Maison Blanche.

AFP

   

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