Un rôle majeur auprès des jeunes :

Street workout : Bek la barre, des muscles mais surtout du coeur


Publié / Actualisé
Encore inconnu il y a quelques années sur l'île, le street workout compterait plusieurs milliers d'amateurs aujourd'hui à La Réunion. Alliant musculation et gymnastique, la discipline connaît un véritable succès, notamment auprès des jeunes réunionnais. Crée en 2013 au Port, l'association Bek la barre, dont l'action porte sur son développement à La Réunion, aspire également à jouer un rôle social majeur pour eux. (Photo d'illustration : rb/www.ipreunion.com)
Encore inconnu il y a quelques années sur l'île, le street workout compterait plusieurs milliers d'amateurs aujourd'hui à La Réunion. Alliant musculation et gymnastique, la discipline connaît un véritable succès, notamment auprès des jeunes réunionnais. Crée en 2013 au Port, l'association Bek la barre, dont l'action porte sur son développement à La Réunion, aspire également à jouer un rôle social majeur pour eux. (Photo d'illustration : rb/www.ipreunion.com)

142.514 : tel est le nombre de fans ayant déjà liké la page Facebook de "Bek la barre – Street workout Réunion". L'une de ses vidéos comptabilise même plus de trois millions de vues. Le chiffre est incroyable quand on sait que cette discipline n'existe que depuis moins de dix ans sur l'île. En quelques années seulement, l'association Bek la barre a ainsi su créer un véritable engouement pour elle. Elle compte aujourd'hui près d'une cinquantaine de membres passionnés, dont trois encadrants et une majorité de bénévoles.

- Une pratique totalement libre -

"Notre association tend à démocratiser la pratique du street workout", explique Jean-Pierre Graziani, chargé de projet au sein de Bek la barre. "Nous avons essayé d'en faire un réel outil d'insertion et nous souhaitons jouer un vrai rôle de prévention vis-à-vis de la délinquance." Pour cela, le street workout bénéficié de certains avantages en comparaison avec d'autres sports plus difficiles d'accès.

Cette vidéo publiée il y a moins d'un mois comptabilise déjà plus de trois millions de vues :

Sa pratique est d'abord totalement gratuite puisqu'il suffit de se rendre à l'un des 40 parcs de La Réunion pour profiter de structures urbaines composées de barres asymétriques en tous genres. Aucun matériel particulier n'est en outre nécessaire pour effectuer ses premières acrobaties. Au-delà de sa liberté d'accès, le street workout possède un autre atout majeur à La Réunion : son climat. "Ici on a la chance d'avoir du soleil une grande partie de l'année. Ce n'est pas la même chose actuellement en Métropole niveau température", plaisante Jean-Pierre Graziani.

- Favoriser l'insertion professionnelle -

L'accessibilité du street workout lui a permis de générer toute une communauté ces dernières années. Ne dépendant aujourd'hui d'aucune ligue à La Réunion, il demeure impossible d'établir un nombre précis de pratiquants. "Si l'on se base sur le nombre de parcs sur l'île (une quarantaine) et qu'on le multiplie par le nombre de personnes qui les fréquentent, je pense qu'on peut évaluer le nombre total de pratiquants à plusieurs milliers", évalue Jean-Pierre Graziani.

Surfant sur cet engouement pour la discipline, l'association Bek la barre multiplie les projets, à échelle régionale, mais aussi internationale. Dernièrement, elle a ainsi concrétisé un projet avec la ville de Saint-Louis pour y implanter trois parcs permettant la pratique du street workout. "Des intervenants viendront chaque semaine du Port pour encadrer les pratiquants sur place", précise Jean-Pierre Graziani. Ce projet a également permis la création de trois services civiques, qui débuteront au premier trimestre 2021. Ils seront supervisés par un encadrant de Bek la barre."

Preuve de sa légitimité, l'association Bek la barre va prochainement participer à une étude de l'Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT) dont le but est de mesurer l'impact social des sports et pratiques urbaines auprès des jeunes issus des Quartiers prioritaires de la ville (QPV). 

- Une action à l'internationale -

L'insertion professionnelle est un objectif tenu à cœur par l'association, dont l'œuvre repose sur la solidarité. "On suit le précepte de l'Abbé Pierre : servir en premiers les plus souffrants. On essaie de donner à tous, quelle que soit leur condition sociale, la possibilité de pratiquer une activité sportive. D'où la pertinence pour nous d'être dans une démarche de projet structurant à La Réunion, mais aussi dans les pays de l'Océan Indien", explique Jean-Pierre Graziani.

Le parc de street workout que nous avons construit en 2018 dans le township de Soweto en Afrique du Sud 🇿🇦 en...

Publiée par Bek la barre - Street workout Réunion sur Samedi 19 décembre 2020

Le champs d'action de Bek la barre s'étend en effet au-delà des frontières réunionnaises. En 2018, suite à la participation d'un athlète réunionnais à une compétition en Afrique du Sud, l'association a permis, via des aides du département, le financement d'un parc dans la ville de Soweto. Cette relation devrait par ailleurs se consolider prochainement à travers la formation d'un encadrant sur place.

- La Réunion tire son épingle du jeu -

Au-delà de son aspect social, le street workout reste un sport en lui-même, impliquant des compétitions officielles. Et pour ce qui est des performances pures, La Réunion possède des athlètes à fort potentiel. En août dernier, Henry Dargonne, Angelo Mérion et Raphaël Tacite étaient ainsi parvenus à se qualifier lors de l'étape réunionnaise du Port à la Coupe du monde 2020. Devant à l'origine se tenir en ce mois de décembre à Riga, en Lettonie (pays où est établie la fédération internationale de la discipline), son édition a malheureusement dû être annulée en raison de l'absence de phases qualificatives dans certains pays, impactés par la Covid-19.

"La Réunion commence à être reconnue à l'échelle internationale. Nos jeunes vont faire mal dans les années qui arrivent", prévient Jean-Pierre Graziani. Raphaël Tacite et Angelo Mérion, âgés respectivement de 17 et 19 ans, ont ainsi déjà pris part à une Coupe du monde à Hong-Kong en 2019 et demeurent aujourd'hui de grands espoirs de la discipline. Le plus âgés représentera même les DOM-TOM en juin prochain à Paris lors de l'événement Africa 2020.

vl/www.ipreunion.com / [email protected]

   

1 Commentaire(s)

Mayaqui, depuis son mobile, Posté
Si j étais plus jeune ..... je me serais éclatée.....