[PHOTOS-VIDÉOS] La ville regroupe 57% des cas de l'île :

Dengue : la commune du Port met l'Etat en demeure de nettoyer ses terrains


Publié / Actualisé
L'épidémie de dengue frappe La Réunion en général et le Port en particulier. 57% des cas recensés à La Réunion depuis le début de l'année 2021 sont concentrés dans cette ville. La commune portoise a donc haussé le ton ce mardi 13 avril 2021. Les élus mettent l'Etat en demeure et réclament qu'il procède au nettoyage immédiat de trois terrains lui appartenant. Laissés à l'abandon et constituant donc un terrain de choix pour le développement des moustiques et de leurs larves, ces terrains sont situés en plein centre-ville. (Photos mm/www.ipreunion.com)
L'épidémie de dengue frappe La Réunion en général et le Port en particulier. 57% des cas recensés à La Réunion depuis le début de l'année 2021 sont concentrés dans cette ville. La commune portoise a donc haussé le ton ce mardi 13 avril 2021. Les élus mettent l'Etat en demeure et réclament qu'il procède au nettoyage immédiat de trois terrains lui appartenant. Laissés à l'abandon et constituant donc un terrain de choix pour le développement des moustiques et de leurs larves, ces terrains sont situés en plein centre-ville. (Photos mm/www.ipreunion.com)

La ville du Port est particulièrement touchée par l'épidemie de dengue. Depuis le 1er janvier 2021, 1.825 cas de la maladie ont été comptabilisés. Ce chiffre représente "57% de l'ensemble des contaminations recencées sur l'île" a annoncé Armand Mouniata, adjoint à l'environnement au Port. "On est la commune la plus touchée. Nous sommes sur un schéma d'incompréhension car même l'agence régionale de santé n'explique pas la présence du virus. L'Etat nous accompagne mais nous demandons de mettre en oeuvre d'autres possibilités" ajoute-t-il.

"Il faut que tout le monde nettoie sa cour, la maladie progresse parce qu'on a pas suffisamment de moyens" ajoute Armand Mouniata. Il demande la mobilisation des associations pour faire de la médiation auprès de la population. "Pour détecter les gîtes larvaires il faut une présence humaine." L'adjoint souhaite aussi augmenter la fréquence des opérations de démoustication sur la ville du Port.

"On parle de la Covid-19 mais on a tendance à oublier la dengue. Nous vivons une double crise" a commenté quant à elle Annick Le Toullec, première adjointe au maire Olivier Hoarau, au cours d'une conférence de presse tenue ce mardi matin.

La ville compte demander plus de moyens auprès de l'agence régionale de santé (ARS) "pour permettre à notre population de vivre mieux" ajoute la première adjointe. Ce qui implique davantage de PEC (parcours emploi compétence) mis à disposition de la ville. 50 PEC supplémentaires ont été demandés par Le Port, une trentaine devraient finalement être déployés sur la lutte antivectorielle.

- Mise en demeure de l'Etat -

La commune du Port mène régulièrement des opérations de démoustication - le virus est transmis par les moustiques - , sur les sites et le bâtiments relevant de sa compétence. Mais elle ne peut pas le faire sur des terrains ne lui appartenant pas.

La ville portoise du Port a donc enclenché une procédure à l'encontre de l'Etat. Elle le met en demeure de décontaminer trois sites lui appartenant. Deux des ces terrains sont situés à proximité de la mairie. Le troisième - où était implanté la gendarmerie anciennement -,  se trouve dans la principale rue commerçante de la ville. Sales et jonchés de détritus en tous genres, ces trois emplacements sont de véritables nids pour les nuisibles et en particulier les moustiques. Une situation particulièrement inquiétante en cette période d'épidémie de dengue.

"Nous n'avons aucune réponse de l'Etat à ce jour", déplorent les adjoints de la mairie. Des procédures de mises en demeure pourraient aussi être engagées prochainement pour les mêmes raisons à l'encontre de la Chambre de commerce et d'industrie et du Département.

- Opérations "vid fond d'kour" -

Les opérations "vid fond d'kour" continuent sur la commune, pour nettoyer au maximum les dépôts sauvages pouvant favoriser la propagation des gîtes larvaires.

Ce mardi 13 avril, une nouvelle opération était organisée dans le quartier de la Ravine à Marquet, à la frontière de La Possession et près du cimetière de cette commune. Matelas moisis, chariots remplis de déchets, bouteilles de bières et textiles en tout genre trônent dans une odeur pestilentielle et à proximité d'habitations et d'entreprises.

A ce jour, la ville veut renforcer le nettoyage. Ce sont jusqu'ici 75 véhicules hors d'usage (VHU) qui ont été enlevés, et 17 terrains insalubres nettoyés. Six actions "vid fond d'kour" ont été organisées pour l'instant, dans différents quartiers de la ville. A ce jour, 142 maisons ont été nettoyées, résultat : plus de 176 tonnes d'encombrants ont été jetées, ainsi que 7 tonnes de déchets verts, 192 déchets électriques et électroniques, 35 batteries de voitures, 37 pots de peinture et 18 pneus.

mm/www.ipreunion.com / [email protected]

   

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