Tribune libre de Youssouf Omarjee :

Une Fête placée sous le signe du deuil !


Publié / Actualisé
Nous sommes en Fête certes, mais nos coeurs pleurent al-Quds (Jérusalem). Limitées durant le mois sacré du Ramadan, les interactions avec les médias, il n'en reste pas moins que c'est en réel état de choc que sont les esprits des fidèles musulmans réunionnais lorsqu'ils se retrouvent face à la rare diffusion, sur certains comptes Instagram, des quelques rares images d'une atrocité, sans nom, tournées sur l'esplanade des Mosquées. Un visionnage qui s'achève par des heurts, lesquels se poursuivent jusqu'à des incursions inconcevables de l'armée israélienne au sein de l'enceinte sacrée de la Mosquée la mettant à feu et à sang et prenant de court des fidèles versés dans des longues prières lors d'une des Nuits bénies de la dernière décade du mois de Ramadan. Ces opérations militaires semblent intervenir sur fond d'expropriations entreprises dans le quartier de Sheik Jarrah (quartier palestinien de Jérusalem-Est) qui ne sont logiquement pas restées sans résistances.
Nous sommes en Fête certes, mais nos coeurs pleurent al-Quds (Jérusalem). Limitées durant le mois sacré du Ramadan, les interactions avec les médias, il n'en reste pas moins que c'est en réel état de choc que sont les esprits des fidèles musulmans réunionnais lorsqu'ils se retrouvent face à la rare diffusion, sur certains comptes Instagram, des quelques rares images d'une atrocité, sans nom, tournées sur l'esplanade des Mosquées. Un visionnage qui s'achève par des heurts, lesquels se poursuivent jusqu'à des incursions inconcevables de l'armée israélienne au sein de l'enceinte sacrée de la Mosquée la mettant à feu et à sang et prenant de court des fidèles versés dans des longues prières lors d'une des Nuits bénies de la dernière décade du mois de Ramadan. Ces opérations militaires semblent intervenir sur fond d'expropriations entreprises dans le quartier de Sheik Jarrah (quartier palestinien de Jérusalem-Est) qui ne sont logiquement pas restées sans résistances.

En tant que militants de la non-violence, nous comprenons immédiatement le caractère inacceptable et provocateur de tels actes de barbarie, mais nous assistons, nonobstant, impuissants, au franchissement d’une ligne rouge, à savoir la pénétration des forces dites du maintien de l’ordre dans une enceinte consacrée au culte divin, au sein même de cette Jérusalem qui représente la première boussole de l’islam et qui, encore, aujourd’hui, constitue le troisième lieu saint des musulmans. Jérusalem, lieu hautement symbolique aussi pour les croyants de confession chrétienne de par le monde. Jérusalem, ville de la paix, dont la nature intrinsèque s’en trouve pour ainsi dire totalement bafouée .

En tant que croyants, nous sommes secoués tout autant qu’interpellés face à ce qui se déroule, sous nos yeux, depuis tant et tant d’années, sans qu’aucune solution politique pérenne et équilibrée ne soit trouvée, sachant que nous pouvons être parfois appelés à réagir par des esprits aussi bien intentionnés que mal avisés sur ce sujet hautement sensible, éminemment complexe et étriqué, et, dont la dimension eschatologique ne peut être trop longtemps occultée.

En effet, il est vrai que selon les textes de la tradition musulmane, seul l’avènement du Christ à la fin des temps est susceptible de faire régner un climat de paix durable et irréversible depuis la Région et ayant vocation à rayonner dans le Monde entier. C’est pourquoi, sur le fondement de cette seule lecture eschatologique, nous nous étonnerons plus de la lâcheté politique de nos dirigeants actuels de par le monde, et, plus particulièrement du silence complice et coupable des dirigeants arabes, incapables de se montrer à la hauteur des évènements que nous traversons.

En tant qu’humanistes, nous pouvons dire que la population, quelque soit le foyer de conflits de par le monde, est toujours l’otage des décisions intempestives de leurs dirigeants et des conséquences néfastes qu’il peut en découler. D’ailleurs, nous craignons que ne s’installe une escalade de la violence, pour ne pas dire une irradiation géographique de ces passes d’armes intestines qui n’ont fait que trop duré. Nous en sommes d’autant plus inquiets que la question palestinienne peut être la source d’un embrasement dramatique (https://www.youtube.com/watch?v=0GfqqaFtbgc).


Alors oui, nous devons être suffisamment courageux pour dénoncer ce qui se passe sans être confus sur le fait que c’est bel et bien toujours au nom d’une idéologie suprémaciste que les minorités de par le monde se trouvent prises au piège (Palestiniens, Ouïghours et Rohingyas notamment) de dessins militaires dangereux et sordides. Le refus de reconnaître la dignité de l’Autre accouche toujours de logiques d’affrontement perpétuel conduisant, le plus souvent, tout droit au nettoyage ethnique.

Par ailleurs, nous devons faire œuvre de solidarité en exprimant notre compassion et notre présence de cœur à l’endroit des opprimés sans jamais oublier, pour autant, celles et ceux qui, de par et d’autre du conflit israélo-palestinien, appellent, sans relâche, à la fin des hostilités et à l’instauration d’un climat de paix durable, ceux-là mêmes qui se désolidarisent des exactions des atrocités commises par les esprits belliqueux de leur Nation d’appartenance respective.

Leur voix, même si elles restent inaudibles, doivent être mieux prise en compte car elles aspirent à une coexistence pacifique plus qu’au chaos dans lequel on veut bien les installer. Il paraît évident que ces personnes sont bien conscientes de l’impasse que représente l’entretien d’un climat permanent de défiance et de haine mutuelle, car elles savent bien que la solution militaire coûte beaucoup plus qu’elle n’apporte de retombées positives.

Enfin, nous ne pouvons que prier Dieu, l’Unique et le Tout-Puissant, pour que les Hommes reviennent à la raison en cessant d’embarquer les peuples, sur lesquels ils exercent une autorité temporelle, dans des folies meurtrières qui exaspèrent et qui doivent absolument être jugulées. Nous sommes conscients de tout ce qui se passe et nous ne sommes pas dupes des agissements aveugles et meurtriers d’une poignée de personnes, toutefois, nous devons faire preuve d’esprit de responsabilité, de patience et de piété en restant des artisans infatigables de la paix dans le monde. Nous célébrerons une fête certes en ce jour consacré, mais elle sera teintée de tristesse face à un contexte géopolitique qui semble être, de l’avis des experts, hors de tout contrôle.

Youssouf OMARJEE

 

   

1 Commentaire(s)

Et Youssouf ! Tu sais dieu n'existe pas !, Posté
Alors garde ton calme vis ta vie, vis ce jour comme s'il était le dernier , Personne n'est jamais revenu et ne reviendra jamais !